The Dog Days Are Over
Critique Publié le

The Dog Days Are Over à l’Usine C | Exploration libre du saut

L’Usine C présentait ce week-end la création The Dog Days Are Over, signée du chorégraphe belge Jan Martens, en visite pour la seconde fois après un passage remarqué à l’automne 2013.


Une mise en abîme du saut jusqu’à l’épuisement des interprètes

Huit interprètes en leggings à paillettes, motifs léopards, chaussettes flashy, torses nus, nombrils à l’air ou short doré attendent les spectateurs debout le long du mur de brique de l’Usine C. Avec une lumière brute comme unique élément de la scénographie, la plateau fait fi de tout artifice.

On comprend que le show démarre lorsque le rang d’interprètes s’avance jusqu’en milieu de scène où sont alignées des sneakers qu’ils enfilent tour à tour. Les huit corps démarrent alors un jeu de mouvements parfaitement synchronisés entre bonds et sauts. Le groupe gravite ensemble dans une forme unique, le son des pas comme seule trame sonore. Les visages concentrés révèlent des corps soumis à l’effort, à l’endurance et à l’extrême precision requise par la performance. Les corps se déplacent ensemble, les esprits comptent avec une minutie éloquente. 

Les figures s’enchaînent et se diffusent peu à peu sur la totalité de l’espace scénique. Le groupe soumis à un effort commun, les sauts deviennent moins précis, la fatigue se fait ressentir. Un changement s’opère enfin lorsque l’individualité surgit pour laisser la chance à chaque interprète de créer la partition de son propre langage corporel. L’individualité ayant eu peu de place sur scène depuis les 40 premières minutes du spectacle, cette affirmation est aussi une forme de soulagement pour l’auditoire.

De la fermeté du cours d’entraînement physique à l’exercice militaire, le spectacle laisse place aux potentialités du corps dans le saut, sans donner plus de clés de compréhension aux spectateurs. Dénonciation de la condition du danseur ? Critique plus large du regard porté à la danse contemporaine ? La performance physique absolument majestueuse des interprètes ne donne que trop peu d’éléments aux non-érudits de danse pour en saisir l’entendu de ses contours.

Une performance hors-norme dont la portée reste éminemment abstraite à une partie du public.

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