Amyl and the Sniffers à la Place Bell | Veni, vidi, vici
L7 vient de terminer son set. Les lumières s’allument, et un message s’affiche sur l’écran derrière la scène : « Amyl and the Sniffers want everyone to be able to enjoy the show. They have a zero tolerance policy towards sexual assault or discrimination of any kind including age, gender, race, sexuality, disability or class. Take care of each other. » Amyl and the Sniffers aiment tout le monde. Et tout le monde aime Amyl and the Sniffers.
Ça commence. D’un coup. Les lumières se ferment, et les décibels rugissent en quelques secondes à peine. Pas de « salut, comment tu vas? » à la Dassin. Pas de p’tite chanson plus calme pour réveiller une foule qui n’a plus bougé depuis une demi-heure. Rien de tout ça : Amyl and the Sniffers explosent dès leur entrée en scène avec Control, de leur premier album, suivi de It’s Mine, tiré de leur petit dernier, Cartoon Darkness.
Amy Taylor est intenable et contrôle presque à elle seule la foule : son tempo est le nôtre. Impossible de détacher ses yeux d’elle, entre ses gestuelles imprévisibles et ses expressions faciales complètement folles. Et pourtant… derrière la frénésie d’Amy Taylor, les trois instrumentistes d’Amyl and the Sniffers révèlent une excellente palette sonore, allant du hardcore punk au garage rock bien crasseux d’AC/DC, en passant par des pointes d’heavy metal et même d’électro (Me and the Girls, pas notre préférée non plus…). Si Amy Taylor est notre étoile du match, bien sûr, comment ne pas souligner l’apport du presque tout aussi déjanté Declan Mehrtens. Au beau milieu d’une chanson purement punk, Mehrtens nous balance au visage des solos dignes des plus grands guitar hero du hard rock, rappelant particulièrement le jeu d’un certain Eddie Van Halen. C’est aiguë, diablement technique : chapeau.
Un grand absent ce soir : le bassiste Gus Romer a annoncé au milieu du mois de mai qu’il prendrait une pause de la tournée d’Amyl and the Sniffers, sans donner de raison supplémentaire (on suppose la fatigue). Exit Romer, mais bonjour Lakota Vella! Du groupe australien 100% féminin Public Figures, Vella apporte un équilibre féminin-masculin absolument parfait dans cette mouture d’Amyl and the Sniffers, et son jeu est parfaitement punk pour une formation du genre. On ne remarque pas que c’est seulement son deuxième spectacle avec le groupe (le premier étant à Toronto, la veille). On ne le répétera jamais assez, mais les musiciens de session sont des caméléons extraordinaires.
Amyl & the Sniffers présentent particulièrement des pièces de leur plus récent album, Cartoon Darkness, mais ne snobent pas les chansons de leurs premières galettes pour autant : on entendra notamment Balaclava Lover Boogie, du EP Big Attraction/Giddy Up, mais aussi près d’une demi-douzaine de morceaux de leur premier long jeu homonyme. Une mention au titre Doing in Me Head, au riff crapuleux et au refrain entêtant.
Après Jerkin’ et Hertz, Amyl and the Sniffers quittent la scène, avant de la retrouver quelques secondes plus tard sous les applaudissements : « another one? », lance Amy Taylor. C’est même deux chansons que nous nous mériterons alors qu’Amyl and the Sniffers interprètent en rappel Got You et GFY, après une heure de show. Au Ritz il y a quelques années, à La Tulipe encore tout récemment : Amyl and the Sniffers est maintenant une formation qui remplit des arénas. Et ça, dans le rock moderne, ça n’arrive pas si souvent. Chapeau d’électriser des foules du parterre jusqu’aux dernières rangées, parce que ce n’est pas le cadre le plus facile pour y arriver non plus.
Je suis un irréductible des longues performances : McCartney avait joué trois heures au Centre Bell au mois de novembre dernier, et j’en aurais pris plus! J’aurais tué pour voir un show de Bruce et de son E-Street Band de quatre heures, dans leur glorieuse époque. Au prix où s’envolent les billets aujourd’hui, ça semble quasiment être le minimum, de longs spectacles.
Mais pour ce genre de performance, une heure et des miettes, ça ne semble pas volé non plus. Maintenir ce niveau d’énergie au-dessus de la barre des deux heures semble quasiment impossible, ou en tout cas, très ardu. Amyl and the Sniffers sont venus, ils ont vu et ont vaincu. Veni, vidi, vici.
Ce n’est pas prétentieux, ça va droit au but. C’est crasse et nerveux : tout ce qu’on demande d’un bon show de rock.
L7
En ouverture de la soirée se produisait le quatuor californien L7, du mouvement riot grrrl. Elles interprètent des titres des albums Bricks Are Heavy (1992) ou encore Hungry for Stink (1994), et… ça ne décolle jamais vraiment. C’est générique et sans grand artifice.
D’accord, Donita Sparks et Suzi Gardner sont des légendes, des pionnières du punk rock féministe et collectionnent les histoires rocambolesques par centaines (comme la fameuse anecdote du tampon usagé lancé dans la foule du festival de Reading). Mais aujourd’hui, en 2026, sans y apposer quelconque nostalgie, c’est très mou. Et ça, ce n’était pas de la faute du band, mais le son de la première partie était absolument horrible : on ne comprend pas les paroles, et les guitares sont brouillonnes…
Amyl and the Sniffers rehaussera nettement le niveau de la première partie, comme c’est bien souvent le cas quand la tête d’affiche de la soirée monte sur scène.
Photos en vrac
Amyl and the Sniffers
L7
Party Dozen
- Artiste(s)
- Amyl and the Sniffers
- Ville(s)
- Laval
- Salle(s)
- Place Bell
- Catégorie(s)
- Garage rock, Hardcore punk, Punk, Rock,
















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