Entrevue avec Renan Luce | Une histoire de famille

Renan Luce est une vedette en France. Son troisième album D’une tonne à un tout petit poids sorti en avril 2014 fut bien reçu du public et de la critique, amenant l’artiste à être des FrancoFolies 2015 en programme double avec Jérôme Minière demain ce mardi 16 juin au Club Soda. Cet événement permet à l’artiste de renouer avec le public québécois qu’il n’a pas souvent la chance de côtoyer.

La musique et le monde du spectacle font partie de la vie de Renan Luce depuis longtemps. L’apprentissage de plusieurs instruments pendant son enfance et les nombreuses sorties culturelles faites en famille ont façonné l’imaginaire du jeune Luce. C’est dans cet univers qu’une carrière de musicien a pris forme et est rapidement devenue le but à atteindre, le chemin à suivre.

À l’adolescence, Luce commence à écrire ses propres chansons et compose ses mélodies sur son instrument de prédilection, la guitare. La chance tourne pour lui lorsqu’il se voit offrir la première partie de Bénabar propulsant le jeune homme vers la carrière tant rêvée. Son premier disque, Repenti, sort en 2006, suivit bientôt par son second essai, Le Clan des Miros en 2009.

Après une longue tournée de deux ans en France, une petite fille et un nouveau studio d’enregistrement en Belgique, Luce en est maintenant à son troisième album. Celui-ci a pris un certain temps à produire, mais il avait ses raisons. « Il faut vivre des choses pour avoir de la matière, pour écrire des chansons. C’est le temps. C’est pour cela que ça a pris du temps. C’était le temps de retourner à une vie un peu plus normale, d’avoir le temps de rêver, le temps de rien faire, le temps d’observer, le temps de noter des choses. »

Photo de courtoisie, par Laurent Seroussi.

Photo de courtoisie, par Laurent Seroussi.

Un temps pour créer ensemble

Le travail derrière l’album fut également marqué par une nouvelle manière de travailler et une belle évolution dans sa musique. Enregistré en grande partie live dans le studio breton de l’artiste avec ses musiciens, c’est à travers leurs sessions d’enregistrement que la magie est née et a donné lieu à des arrangements nouveaux, à une instrumentalisation plus complexe. « Je suis arrivé avec des versions très simples presque guitare/voix et après, on cherchait tous ensemble avec les musiciens jusqu’à ce qu’on ait une bonne idée et puis, un peu plus tard, on rajoutait des petits éléments. »

D’une tonne à un tout petit poids est donc plus organique, plus naturel dans sa livraison sonore. « C’est un album qui s’est fait un peu à l’instinct sans trop préméditer les choses et donc ça donne peut-être quelque chose d’un peu plus riche parce qu’il y a des accidents, il y a des choses qu’on n’avait pas prévues. Moins de maîtrise parfois donne un peu plus d’imagination. »

Et l’imagination n’est pas ce qui manque à Renan Luce! Ces compositions sont souvent remplies de petites histoires, de moments parfois personnels ou parfois inventés de toute pièce, mais toujours aussi touchants.

Tout de même, il avoue que ce dernier album inclut davantage de passages intimes et des morceaux traitant de la famille. « C’est un album où il y a quand même pas mal de choses intimes, qui parle pas mal de famille et je pense que c’est dû aussi au fait que je sois devenu papa. Même s’il y a des chansons très imaginaires, je pense qu’à chaque fois on peut à peu près y trouver une partie de moi dedans. »

J’ai toujours cette passion de ce format chanson où en très peu de temps, on doit faire naître une émotion ou trouver un petit accident dans la chanson qui amène l’histoire ailleurs.

Donc, pas de concept précis ici, on laisse plutôt chaque chanson parler à sa façon, exprimer son propre petit univers.

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Les FrancoFolies, la rencontre avec le public québécois

Avec une carrière déjà pimpante en France, en Bretagne et en Suisse, le temps manque à Renan Luce pour s’initier davantage au marché musical québécois. Malgré tout, le rendez-vous des FrancoFolies est un événement apprécié de Luce, n’y étant pas pour la première fois. Pour l’occasion, un concert avec Jérôme Minière, un autre Français, mais lui bien actif au Québec, est à prévoir demain soir au Club Soda. Une première rencontre se prépare pour les deux hommes. Leur collaboration sur scène n’est donc pas encore à envisager.

Cependant, Luce promet tout de même un spectacle à la hauteur de son talent. « Je viens avec mon groupe alors on est cinq sur scène. C’est un spectacle bien énergique qui change un peu de ce qu’on peut écouter sur mes disques qui sont peut-être un peu plus intime. Il y a aussi l’adrénaline d’être sur scène, l’énergie qui vient avec, c’est une autre tonalité que j’aime beaucoup. »

« On est dans une version très direct où y a pas de chichis, on monte sur scène, on prend nos instruments et je viens raconter mes histoires, échanger avec le public, essayer d’être dans une vraie rencontre avec les gens. Je suis curieux de voir l’accueil que ça aura. »


* Renan Luce est en spectacle avec Jérôme Minière le 16 juin à 19h au Club Soda.

Événements à venir

  • samedi

    avec Jérôme Minière | Je ne suis pas un robot II : un technopéra-ballet tragicomique et expérimental

    Lieu : Gesù

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