Ólafur Arnalds à Théâtre St-Denis | Une expérience immersive entre intimité, danse et spontanéité
Présenté devant une salle comble de 2 180 personnes au Théâtre St-Denis, Ólafur Arnalds — célèbre compositeur et multi-instrumentiste islandais, également cofondateur du duo Kiasmos — a offert deux heures de concert ininterrompues (sans première partie), bravant un retard initial de 20 minutes pour plonger la foule dans son univers cinématique et mélancolique.
Le spectacle s’ouvre sur une voix féminine diffusée dans la salle, évoquant une boîte vocale ou une introduction guidée. Son message invite le public à « ressentir » la musique et rappelle que chacun est libre de se lever et danser, avant de conclure par un chaleureux « I love you » (auquel la salle s’empresse de répondre).
Arnalds entre immédiatement en scène, seul au piano devant quatre grands voiles suspendus servant d’écrans de projection. Les visuels oscillent entre formes géométriques et paysages naturels, tandis qu’en arrière-plan, les silhouettes d’un quatuor à cordes se devinent en ombre chinoise. Entre les pièces, l’artiste prend régulièrement la parole, partageant des anecdotes personnelles et sa démarche de composition avec une simplicité désarmante.
Rythmes électroniques et imprévus
Après une première quarantaine de minutes plutôt introspectives, le concert prend un virage résolument plus électro/dance. La salle se lève d’un bond pour danser, même si cette parenthèse énergique ne dure que quelques morceaux avant un retour au calme assis. C’est alors qu’un imprévu survient : une coupure de courant plonge la scène dans le noir. Sans se démonter, Arnalds poursuit au piano dans une formule minimaliste et acoustique jusqu’au retour complet de l’éclairage. Au fil du concert, les voiles tombent progressivement, rapprochant les musiciens du premier rang jusqu’à révéler la scène entièrement nue pour le finale.
Le chœur d’un jour et une fin en apesanteur
L’un des moments forts survient vers la fin du spectacle, lorsqu’une trentaine de choristes rejoignent la scène. Arnalds explique qu’il s’agit d’un « chœur d’un jour » : des choristes locaux recrutés l’après-midi même à 15 h, ayant répété trois heures sans se connaître auparavant. L’ensemble de la salle est ensuite invité à fredonner en chœur avec eux dans une harmonie collective saisissante.
Plutôt que d’aligner ses succès de manière conventionnelle, le programme musical s’articule comme une longue suite fluide et narrative. Le spectacle s’achève tout en douceur, sans rappel, laissant le public presque surpris par cette fin en suspension. La foule a regagné la rue le sourire aux lèvres, faisant au passage un arrêt remarqué au comptoir de marchandise (vinyles, CD et t-shirts).
- Artiste(s)
- Ólafur Arnalds
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Théâtre Saint-Denis
- Catégorie(s)
- Ambient, Instrumental,
Événements à venir
-
samedi


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