crédit photo: Charles-Antoine Marcotte
Catherine Leduc

Coup de coeur francophone – Jour 1 | Catherine Leduc, mature et envoûtante

Tous sourires et confiants, Catherine Leduc et son groupe ont ensorcelé le public de Coup de cœur francophone hier, au bar L’Escogriffe. Ils y ont présenté les chansons du nouvel album de la chanteuse, Les jours où il neige à tous les postes. Sur scène, la maturité des artistes est frappante ; ils ressentent chaque note et sont à l’écoute les uns des autres.

Il s’agit du premier spectacle de la 40e édition de Coup de cœur francophone, qui anime les salles montréalaises à tous les automnes. D’abord, pour réchauffer les planches, place au duo de dream pop-shoegaze Perma, composé de Carolane Prévost (chant, basse) et de Joël Lemieux (guitare, drum machines).

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Carolane, tout comme Joël et leur compagnon claviériste-guitariste, sont peu mobiles et ferment souvent les yeux. Il ne s’agit donc pas de la performance la plus dynamique, mais leur attitude de type « dans ma bulle », sans artifice, incite les spectateurs à faire de même. On laisse entièrement place à la musique. On ferme les yeux et profite de la basse et des guitares qui nous font vibrer les tripes, ainsi que de la belle voix éthérée de Carolane, amplifiée par les effets de réverbération du micro.

Coup de cœur pour leur morceau Thin Gin, tiré de leur plus récente et unique sortie, le microalbum éponyme Perma (2024). Carolane Prévost délaisse la douceur pour nous dévoiler la puissance de sa voix – que l’on n’entend pas sur la version enregistrée – pendant un bon deux minutes de « ouuuh » et de « ahhh ». Le chant est habitué. On dirait qu’elle nous vomit ses émotions (dans le bon sens !) à chaque note.

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Bon retour, Catherine !

Huit ans. C’est le temps qu’aura duré le hiatus musical de Catherine Leduc avant la parution de son dernier album, Les jours où il neige à tous les postes, où elle nous parle de leçons de vie, de confiance en soi, de sa relation avec le temps qui s’écoule, notamment.

Les sonorités psych pop et rock inondent la salle de L’Escogriffe. Catherine commence en force avec la chanson Ce qui me brise m’ouvre.

« Ce qui me brise m’ouvre,

Je ne suis pas tuable,

À force de poussière,

Inhalée je recrache,

Des nuances nouvelles

Plus profondes plus criardes »

— Ce qui me brise m’ouvre

À l’image de Ce qui me brise m’ouvre, plusieurs chansons ont peu de paroles, et font donc la part belle aux arrangements instrumentaux. Catherine Leduc se retourne d’ailleurs souvent vers ses musiciens, quitte à tourner le dos au public, pour projeter toute la lumière sur le jeu de l’un ou de l’autre. Elle guide ainsi le regard des spectateurs.

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Les membres du groupe se jettent des regards complices, s’échangent des acquiescements approbateurs et des sourires. Un véritable dialogue s’installe, où chacun trouve sa place. Ils ont tous l’air d’avoir le goût d’être là, ensemble.

Avec Mourir jamais, aux airs plus groovy, les spectateurs hochent la tête en cadence, au son des « Ta-da » de Catherine et ses deux choristes. Surprenamment, on ne s’en lasse pas. La répétition nous fait entrer comme dans une transe.

« Ouh ! Merci. Ça brasse », lance Catherine en voyant la foule particulièrement enthousiaste à la suite de ce morceau. Mentionnons qu’en parallèle de sa carrière de chanteuse, elle devrait certainement en considérer une d’humoriste : elle sait comment animer une foule et dit ce qui lui traverse l’esprit sans complexe. « C’était bizarre, le changement d’heure cette année. Il faisait 20 degrés pis noir à 16 h […] Pourquoi on ne peut pas couper la poire en deux ? Je suis-tu la seule qui a pensé à la demi-heure ? On serait uniques et bien toute l’année ! »

Son allocution sur le changement d’heure fait ensuite place à une mention spéciale au festival Punk Fest de Shawi, qu’elle aimerait bien renommer « Punk Fesses ». « Désolée d’avoir dit cette blague sur scène, Mathieu », lance-t-elle à son choriste-claviériste Mathieu Beaumont, qui est aussi son principal partenaire de création et son amoureux. Avant de se lancer en solo en 2014, elle formait avec lui le duo Tricot Machine, dont le premier album (2007) demeure un jalon fort du renouveau de la chanson québécoise.

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Avant d’interpréter Tu meurs sans arrêt, elle tient à expliquer de quoi ça parle. « J’ai l’impression que ce n’est pas clair, avoue-t-elle. C’est une ode au temps qui passe. Enfin, une ode… calme toé », se dit-elle à elle-même. C’est une artiste résolument humble et sans chichis.

Après quelques anecdotes sur ses problèmes liés au temps – partir à l’heure planifiée d’arrivée, régler des cadrans toutes les trois minutes… et binge watch STAT –, la musique repart !

« J’apprends à te prendre

À profiter de toi

Glissant comme tu es

Je meurs sans arrêt

Précieux comme tu es »

— Tu meurs sans arrêt

Après ces confessions, les paroles résonnent encore plus fort. Ce thème universel de notre rapport au temps en aura sûrement touché plus d’un dans le public.

Le spectacle se termine en beauté avec une vieille chanson de son album de 2017, Un bras de distance avec le soleil. Le titre La fin ou le début nous laisse sur une véritable montagne russe d’émotions et de sensations, portée par la voix envoûtante de Catherine.

Les sections rythmiques des guitaristes Zachary Boileau et Marc-André Landry ainsi que du batteur Guillaume Éthier sont hypnotisantes. De vraies rockstar. De même pour l’éther et le psychédélisme du clavier de Mathieu Beaumont. Sans oublier le talent de la chanteuse-claviériste Jeanne Côté.

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Gagnante des Francouvertes 2023, cette dernière performera le 12 novembre au Cabaret Lion d’Or pour Coup de cœur francophone. C’est une occasion pour revoir Catherine Leduc performer, car elle assurera la première partie du spectacle !

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