Entrevue avec Marie Céleste | Faire briller la vie
Les cinq gaillards de Marie Céleste, band originaire d’Alma maintenant établi à Montréal, nous reviennent cette semaine avec un deuxième projet long en carrière, Tout ce qui brille, faisant suite à leur EP Feux de joie, sorti à l’hiver 2024. La troupe du Lac Saint-Jean le répète régulièrement en entrevue : la musique de Marie Céleste, ça s’écoute avec le cœur, pas avec la tête. Même si les arrangements sont riches, même si les influences sont éclectiques à souhait. Marie Céleste, ce n’est pas cérébral. Marie Céleste, ça se ressent.
Nous avons rencontré trois des cinq membres de Marie Céleste aux bureaux de Bravo musique, label d’envergure avec qui la formation a signé récemment. Entrevue.
« Je pense que le cauchemar d’un artiste, c’est de ne pas lancer une chanson, et qu’elle perde de sa fraîcheur avant que tu puisses finalement l’enregistrer et qu’elle vienne au monde. Ces chansons-là [de Tout ce qui brille], elles existaient, on les avait dans notre catalogue, on savait comment les jouer, dit Philippe Plourde, claviériste et chanteur de Marie Céleste. C’est tout le temps une question de financement. Si on gagnait la loto demain, on en pondrait trois par année, des albums! poursuit-il. On a fait des demandes de subventions, elles ont été positives, et on s’est ramassé à avoir de bons fonds pour faire ce projet-là. C’est ça qui a déterminé qu’on a fait l’album deux ans après [notre premier EP], mais on aurait pu le faire le lendemain. »
* Marie Céleste au Théâtre Fairmount, en 2024. Photo par Jessica Camil.
Effectivement, même si Marie Céleste lancera seulement son premier album d’ici vendredi, le groupe roule sa bosse depuis quasiment 10 ans déjà. Les cinq gars se sont rencontrés au secondaire et ont, au début des années 2020, tous déménagés à Montréal, histoire de se professionnaliser et d’adopter entièrement l’industrie, située plus en ville qu’ailleurs. « Je pense que ça a aussi été intégral à notre son, cette mixité-là entre le rural et l’urbain, lance Simon Duchesne, guitariste et chanteur. Et je pense que les deux nous nourrissent extrêmement. Je ne pourrais pas passer ma vie complète à Montréal, et je ne pourrais pas passer mon temps complètement au Lac non plus », ajoute-t-il.
Depuis lors, dse rencontres se sont faites, des liens se sont tissés entre Marie Céleste et d’autres acteurs de l’industrie. Montréal se vit dans les salles de spectacles, derrière une pinte. Pour les agents culturels, Montréal se vit la nuit, ou, du moins, elle se vit à travers les décibels.
« Dans une grande ville d’1,8 millions de personnes comme Montréal, si tu ne peux pas reconnaître des faces quand tu sors au bar, t’habites où, osti! », s’exclame Philippe Plourde en riant.
Mixité musicale
Marie Céleste est un peu pop, un peu rock, un peu folk et un peu prog aussi à la fois. Marie Céleste tire également ses inspirations dans la grande chanson québécoise des années 1970, ou même dans le jazz. Le résultat de cinq membres influencés par divers genres de musique qu’ils écoutent, mais qui doivent bien se rejoindre pour former la leur.
« À partir du moment où une chanson est montrée aux autres, ce que Guillaume joue au drum ou ce que Oli joue à la basse, c’est son idée, c’est sa décision, dit Zachary Tremblay, guitariste et claviériste de Marie Céleste. Il y a des suggestions qui peuvent être données, mais souvent, chaque interprète est libre de trouver ses propres parts. »
« C’est très organique », surenchérit Simon Duchesne.
Tout ce qui brille, malgré l’apport de cinq têtes pensantes sur chaque morceau de la galette, s’écoute pourtant comme un projet rempli de cohésion, frôlant l’album-concept : par exemple, le morceau 2 goélands, troisième piste de l’album, revient quelques chansons plus tard sous une déclinaison quelque peu différente, sans que l’on ne sente que son inclusion soit forcée. Également, le morceau Oublier encore est précédé d’un titre d’une minute, Oublier, mettant la table pour ce qui suit musicalement.
Ce n’est pas un album concept, mais on aime dire que c’est un album avec des concepts dedans.
Et un album-concept pleinement assumé, style The Wall ou Tommy, c’est dans les plans? « Moi, j’aimerais fucking ça! lance Duchesne. Si un jour ça se peut, dans six albums, je serais vraiment down. Mais en même temps, faut pas que ça devienne le trip d’une seule tête. »
On en revient à la prémisse de Marie Céleste : cinq membres, une décision.
* Marie Céleste au Théâtre Fairmount, en 2024. Photo par Jessica Camil.
Marie Céleste a débuté comme un groupe de rock progressif, rappelant beaucoup, dans ses premières années, l’approche d’une formation québécoise de légende comme Harmonium. Plus Marie Céleste avançait dans sa carrière, et plus il se distançait d’un rock progressif pur et dur, gardant tout de même beaucoup d’admiration pour les chansonniers et groupes mythiques de la deuxième moitié du XXe siècle.
« Le monde faisait des grosses tounes à cette époque-là. Ils faisaient des grosses mélodies, des grosses progressions d’accords, dit Philippe Plourde. Il n’y a personne qui était vache, il n’y a personne qui avait du succès pour avoir du succès. Et je ne veux pas cracher sur ce qu’est l’industrie actuelle. Il y a full de talent. Mais si on peut trouver dans nos inspirations les 60’s et les 70’s, c’est vraiment dans la méthodologie de faire des chansons plus grandes que soi. »
« Puis ils avaient une intelligence de l’arrangement aussi, eux autres. Il y avait un maximum de tracks qu’ils pouvaient utiliser », ajoute Simon Duchesne. « On dit ça, pis nous, on en stack des centaines, des tracks. Après ça, on en enlève en esti », répond Zachary Tremblay en riant.
Tout ce qui brille, voilà le titre de ce premier album en bonne et due forme signé Marie Céleste. C’est joli, mais pourquoi ce titre, d’ailleurs?
« Dans l’album, on parle de toutes ces relations-là qui brillent dans le quotidien, mais ça se prête aussi à tous les genres qu’on explore dans l’album, finalement. Le contenu est contenant », explique Simon Duchesne, qui a justement composé la pièce Tout ce qui brille dans son adolescence, âgé de 17 ans.
« Une suite de mots comme “tout ce qui brille” représente très bien notre grand amour pour toutes ces choses variées-là, qui peuvent être perçues comme étant négatives à la base, mais qui, finalement, sont importantes pour ton personnage aussi, qui sont importantes pour ta trame narrative jusqu’au bout. »
Avec Marie Céleste, on ratisse large. Mais on finit toujours par se concentrer sur le positif.
Le groupe donnera trois lancements à la fin du mois du mois : d’abord à Alma, le 21 mars, puis à Québec, le 26 mars, et finalement à Montréal, le lendemain. Marie Céleste partira ensuite en tournée en mai, et jouera aux quatre coins du Québec jusqu’en avril 2027. S’il y a des spectacles à ne pas manquer pour les fans des cinq Almatois, ce sont pourtant les trois lancements du mois de mars, nous annonce la troupe. « Ça va bouger en tabarnak! », conclut Simon Duchesne. Billets par ici.
- Artiste(s)
- Marie Céleste
- Ville(s)
- Alma, Montréal, Québec
- Salle(s)
- Café du clocher, Club Soda, Grizzly Fuzz
- Catégorie(s)
- Alternatif, Chanson, Electro, Folk, Indie Rock, Progressif, Québécois, Rock,
Événements à venir
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