crédit photo: Charline Clavier
Narcisse

Attention, Narcisse arrive!

Près d’un mois après la sortie de son premier album La fin n’arrive jamais, Narcisse monte sur scène ce soir à Québec, puis à Montréal dans le cadre du festival Coup de coeur francophone – et pas exactement comme tout le monde. On fait le point avec l’artiste électro-pop en marge de la « norme » sur cette période d’envol importante et excitante.

Rappelons que ce sont Les Francouvertes qui avaient propulsé Narcisse sous les projecteurs en 2020 alors que Jorie Pedneault, de son vrai nom, avait atteint la finale aux côtés des désormais connu(e)s Ariane Roy et Valence. Trois noms originaires de Québec, d’où émergent décidément des bijoux musicaux ces dernières années. Jorie est bien conscient du poids qu’a eu le concours dans sa carrière et en inclut même un extrait dans son morceau Interstice C.

Ces interstices sont nombreux et essentiels au projet derrière La fin n’arrive jamais. Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’album est tout sauf un objet de surface. Jorie creuse, questionne, dépoussière et montre au grand jour des thèmes bien établis dans la communauté queer, mais encore marginaux lorsqu’on en sort. « La monogamie, on a fait le tour », lance-t-il dans un rire. « Pour moi, c’était nécessaire de faire le move. De parler de réalités moins conventionnelles. »

L’identité de genre et le polyamour, justement, occupent une place quasi centrale dans les discussions qu’entretient Jorie avec des ami(e)s et qui se retrouvent un peu partout dans l’album. Le touche-à-tout fait remarquer qu’un album contient bien souvent « le point de vue de l’auteur, et c’est tout. Il me semble que c’est le fun d’avoir l’opinion des autres, même des personnes cisgenres. »

Les fragments de conversations confèrent à l’œuvre une touche intime et feel-good qui saura sans nul doute réchauffer le cœur (et la tête) de bon nombre d’auditeurs et auditrices.

Performer autrement

Les morceaux construits en montagnes russes qu’offre Narcisse avec La fin n’arrive jamais sont irrémédiablement sensuels et dansants. L’usage répété du spoken word sur fond éclaté et coloré rappelle la chanteuse suisse Vendredi sur Mer ou encore le groupe québécois Le Couleur. Une recette qui, sur scène, ne peut que trouver un second souffle et ressortir bonifiée.

Un spectacle carré, conventionnel, où la scène et le micro sont maîtres? Si votre nom est Narcisse, vous pouvez passer. L’artiste multidisciplinaire vise grand pour son lancement à guichets fermés à la Charpente des fauves de Québec, le 30 septembre. Ceux et celles qui s’y trouveront peuvent s’attendre à une sorte de parcours interactif en plusieurs salles. Initialement, Narcisse est un projet musical. Sur scène, le scénario est tout autre : peinture, danse et théâtre réussiront à se frayer un chemin. « C’est le expansion pack de l’album », rigole le chanteur.

Ce grand déploiement bénéficie de la dramaturgie d’Olivier Arteau et de la mise en scène de nul autre que Dave St-Pierre. Jorie s’entoure de talents du milieu théâtral et travaille sur des projets en ce sens pour l’année à venir, une preuve que la signature Narcisse détruit et enjambe les barrières de la musique. « La danse et le théâtre, ça me faisait tripper avant parce que ça me faisait peur », confie-t-il. On devine que sa peur est un moteur.

Album-cadeau

À maintes reprises comparé à Hubert Lenoir, loin de faire l’unanimité au Québec, Narcisse ne s’inquiète pas trop quant à la façon dont sera reçu son projet et tout ce qui vient avec. « Des microagressions, j’en vis tous les jours », indique-t-il en faisant référence à son identité de genre. « Il y a une partie de ça qui m’amuse… Éduquez-vous, la gang », lance-t-il simplement.

Pour s’éduquer, se reconnaître ou peut-être juste se trémousser, la réponse est là, accessible, et elle s’appelle La fin n’arrive jamais.

Les billets du lancement montréalais de Narcisse à Coup de coeur francophone sont disponibles juste ici.

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