Valerie June
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Valerie June au Club Soda | Voyage au Tennessee

Pour la programmation du Jazz à l’année, c’est une des révélations de 2013 qui a fait le déplacement au Club Soda. Valerie June, incroyable ce mercredi soir, a en effet fracassé le monde de la musique avec la sortie de son album Pushin’ Against a Stone qu’elle a co-écrit en partie avec Dan Auerbach de The Black Keys. Soutenue en première partie par les lumineuses Oh Pep, l’américaine dévoile sur le boulevard St-Laurent une musique folk-blues-soul unique en son genre que l’on découvre en avant-première de la sortie de son prochain album The Order of Time prévue le 10 mars prochain.

Si pour certains artistes jouer sur leur physique atypique compense un néant musical, ce n’est pas le cas pour Valerie June. Bien que ses volumineuses dreadlocks donnent une signature à son style, la native de Memphis s’impose bel et bien à travers le prisme d’un subtil mélange de folk, blues et soul. C’est par ce talent qu’elle a laissé bouche bée les spectateurs du Club Soda venus l’acclamer.

Une voix porteuse

Le public était disposé autour de tables dans une ambiance digne d’un jazzclub. Ce sont sûrement peu d’entre eux qui ont connu l’américaine à l’aube de ses premiers enregistrements en 2006, puisque sa percée s’est faite surtout à la sortie de son quatrième album Pushin’ Against a Stone en 2013. C’est donc en toute logique le single Workin’ Woman Blues, joué avant le rappel, qui a reçu l’accueil le plus chaleureux, tant sa dynamique connue en version studio est tout aussi palpable sur scène. En effet, Valerie June se caractérise toujours par cette imposante voix nasillarde étonnamment supportable. Pour tout dire, elle se fait entendre et se mêle parfaitement à un environnement musical qui nous plonge dans son Tennessee natal.

The Order of Time en avant-première

Au Club Soda, l’artiste effleure comme toujours les notes aiguës comme le vent soufflant sur les cimes des Appalaches. Et bien que soient joués des anciens titres tels que la fabuleuse Tennessee Time, sa priorité reste avant tout de présenter son nouvel album à venir, The Order of Time, à paraître le 10 mars prochain chez Concord Music. Et ça s’annonce très bien, avec une version studio qui, espérons, sera proche de celle jouée sur scène puisque l’intensité est là, avec une foule écoutant attentivement chaque assaut qui fuse des doigts de Valerie June, et une voix rappelant Tracy Chapman sur certaines séquences.

C’est après l’introduction réussie de Man Done et l’enchaînement avec The Hour qu’est abordée la ballade Astral Plane. Une douceur qui se réverbère au Club Soda et offre par la même occasion un moment apaisant avant que la fumeuse Shakedown rugisse. À l’image de certains titres tels que Love You Once Made, The Front Door ou If And, se joueront par la suite divers registres musicaux, les rythmes africains s’accouplant sans embûches aux ambiances planantes.

Nulle l’envie pour celle qui s’est désormais installée à Brooklyn de déroger à son blues qu’elle semble tant affectionner, qu’elle délaisse quelques fois pour un tourbillon acoustique comme son rappel où se joueront magnifiquement bien Twined & Twisted et Somebody To Love, avant que Two Hearts et Got Soul concluent en beauté une performance sidérante. Valerie June est d’un naturel, elle qui s’amuse sur scène avec ses musiciens. Elle emporte tout sur son passage, aussi bien ses envolées lyriques que ses spectateurs. Et c’est dans son délire musical que ressurgit son Tennessee natal, auquel on s’attache sans même y avoir posé un pied.


 

Grille des chansons

  1. Man Done Wrong
  2. The Hour
  3. Astral Plane
  4. Shakedown
  5. Tennessee Time
  6. With You
  7. Love You Once Made
  8. Just In Time
  9. The Front Door
  10. If And
  11. Slip Slide On By
  12. Workin’ Woman Blues
  13. Twined & Twisted
  14. Somebody To Love
  15. Two Heart
  16. Got Soul

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