Dude York
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Dude York au Ritz PDB | Du rock sauvage venu de loin

Soirée bien décontractée au Bar Le Ritz P.D.B. ce mardi soir où se produisaient trois groupes de rock garage aux horizons géographiques différents. Retour sur les performances spontanées des Montréalais de Color Wheel, des Écossais de Paws et surtout de Dude York, la tête d’affiche venue tout droit de Seattle.

Le Ritz, c’est avant tout une programmation toujours à l’affut des pépites musicales. C’est aussi ces lumières tamisées et rougeâtres qui se reflètent sur l’imposante porte vitrée à la rue Jean-Talon. Sûrement un ancien atelier de réparation automobile. Tout un symbole en fait quand transite, le temps d’une soirée, le rock garage de Color Wheel, Paws et enfin Dude York.

 

Paws en impose 

La soirée commence par l’arrivée de Color Wheel, un collectif montréalais au son grunge puissant mais encore perfectible. Ça reste quand même vivant, enjoué. Puis viennent ensuite Paws, un excellent trio écossais porté par la justesse de voix Philip Taylor (chanteur) et la fougue de Josh Swinney (batteur). Accompagnés de leur bassiste John Bonnar, ils joueront pendant une trentaine de minutes un rock alternatif enivrant, qui rappelle parfois les Anglais de The Vaccines. Les Écossais forment un groupe sur lequel compter à l’avenir, eux qui se tissent déjà une bonne réputation en Europe.

 

Dude York dévoile leurs cartes

La tête d’affiche Dude York prend enfin place sur la petite scène, tard dans la soirée. C’est avec les assauts de leur titre Black Jack que commence tambour battant le concert. Appuyé par la puissante voix de Peter Richards couplée à la lourde basse de Claire England, le trio de Seattle déploie d’emblée ses cartes à jouer aux quelques cinquante personnes ayant fait le déplacement ce mardi soir. Se poursuivront quelques pépites comme l’enjouée Something in The Way qui sonne comme la bande-original d’un roadmovie parcourant l’immensité du continent.

C’est ainsi que depuis la côte ouest, les Américains sillonnent les routes pour venir jouer quelques titres de leur tout récent album Sincerly disponible depuis février dernier. Voyageant à l’ancienne dans un van, la dynamique entre les trois membres est visiblement bonne. En fait, on perçoit des regards complices entre Peter Richards (guitare) et Claire England (basse) qui s’échangent à tour de rôle la tâche vocale de combler les assauts mélodiques et la grosse présence d’Andrew Hall derrière la batterie. Malheureusement, à l’inverse de la version studio, Claire England ne répond pas présente. Pleine de bonne volonté, elle manque quand même de justesse vocale sur scène au contraire de son acolyte. Pas bien grave dirons-nous puisque cette atmosphère grunge, qui flirte avec les isolants boisés et colorés du Ritz, rappelle au bon souvenir que l’Etat de Washington est terre de grands noms tels que Nirvana ou Pearl Jam. Et l’influence est là, tout comme celle de certaines autres comme The Cure ou The Subways.

Alors évidemment, rien n’est irréprochable chez Dude York. Il y a par exemple la durée, trop courte au regard de leur répertoire qui se nourrit de deux albums qui recèlent des petites merveilles. Un peu moins d’une quarantaine de minutes de concert, c’est frustrant… surtout lorsque l’intensité monte en puissance au gré des chansons comme sur l’excellente Twin Moon aux élans de rock progressif. Mais en fin de compte, on ne peut reprocher à Dude York leur vivacité impulsive, parfois ébauchée, qui rend un bel hommage au bon vieux rock, celui où les voix se dissipent à mesure que la caisse claire et les sons gras des guitares prennent la mesure de l’instant présent et sauvage qui est offert.

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