The Flaming Lips
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Critique concert: The Flaming Lips au Bluesfest d’Ottawa

La démesure selon les Flaming Lips

Samedi 10 juillet 2010 – Plaines Lebreton (Ottawa) – Bluesfest d’Ottawa

Le quintette The Flaming Lips, qui avait déplacé beaucoup d’air plus tôt cette semaine au Métropolis à Montréal, était maintenant de passage au Bluesfest d’Ottawa pour y présenter son orgie de stimulis visuels et sonores.

La grande foire des Flaming Lips est parti en lion dès l’entrée en scène des musiciens. Le bassiste Michael Ivins, le guitariste et claviériste Steven Drozd et le batteur Kliph Scurlock ont tour à tour « pénétré » sur scène par le biais d’une porte au beau milieu de l’écran semi-circulaire, à l’endroit même où était projetée une invocation assez explicite d’un entre-jambe féminin.

Pour sa part, le chanteur et grand manitou Wayne Coyne s’est pointé le bout du nez à bord de sa fameuse bulle de plastique géante. À l’intérieur de cet immense ballon de plage transparent, Coyne a littéralement roulé sur la foule pendant que ses 3 comparses s’affairaient à faire résonner l’instrumentale The Fear, tout ça sous une pluie de confettis et de ballons de toutes les couleurs qui prenaient d’assaut la foule ébahie.

En y mettant toute la gomme dès le départ, The Flaming Lips s’assurait de capter l’attention et d’installer son état d’esprit festif et exubérant pour la suite des choses.


Les Lips et leurs nombreux bidules

Les gadgets de toutes sortes, spécialités des Flaming Lips, étaient évidemment en grand nombre: gong lumineux, mains géantes en latex qui propulsent des rayons lasers verts, mascotte d’ours, projections hallucinogènes, porte-voix fumant, tout y était.

Évidemment, les plus cyniques pourront reprocher aux Lips d’en mettre plein la vue pour camoufler les imperfections qui, en fait, n’étaient pas si nombreux ni flagrants.

La voix de Wayne Coyne, quelque peu limitée, tenait le coup dans l’ensemble malgré les constants efforts physiques de celui-ci pour divertir la foule. Et si le chanteur possède un registre étroit, le « leader », lui, sait très bien comment embarquer la foule dans cette folle aventure.

Quelques temps morts entre les pièces venaient briser le rythme du spectacle mais l’intensité déployée lors des chansons pompait suffisamment la foule pour permettre au groupe ces légers répits.


Dark Side brille par son absence

Pour le meilleur ou pour le pire, les Flaming Lips ont totalement écarté les chansons de leur album de reprises du classique de Pink Floyd Dark Side of the Moon, lancé il y a à peine quelques semaines.

Le groupe a plutôt opté pour un melting-pot de chansons du plus récent disque de matériel original Embryonic – notamment les percutantes See The Leaves et The Sparrow Looks Down on the Machine, ainsi que la cabotine I Can Be a Frog qui faisait ressortir l’animal en chacun de nous par le biais de cris d’animaux diverses! – et de titres marquants des albums parus dans la dernière décennie (At War With the Mystics, Yoshimi Battles the Pink Robot et le EP Fight Test).

À ce chapitre, le contraste entre des pièces enlevantes et accrocheuses comme The Yeah Yeah Yeah Song, Do You Realize?, She Don’t Use Jelly et l’approche plus complexe et tonitruante des titres d’Embryonic soulignait la disparité des tons qui existe dans le répertoire.

Quoi qu’il en soit, il faudrait être carrément insensible pour ne pas se laisser absorber par l’expérience enivrante d’un concert des Flaming Lips en raison de ces légers bémols.

Incapables de contenir leur imagination débordante, les Lips forment un de ces groupes ambitieux qui se lancent dans toutes sortes d’expérimentations, quitte à dévoiler quelques fautes ou créer quelques malaises. Le spectateur le moindrement indulgeant n’en ressortira qu’épaté.

Grille de chansons

1. The Fear
2. Worm Mountain
3. Silver Trembling Hands
4. She Don’t Use Jelly
5. The Yeah Yeah Yeah Song
6. The Sparrow Looks Up at the Machine
7. In The Morning of the Magicians
8. I Can Be a Frog
9. Yoshimi Battles the Pink Robots, Pt. 1
10. See the Leaves
11. Pompeii Am Götterdämmerung
12. The W.A.N.D. (The Will Always Negates Defeat)
13. Do You Realize?

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