Festival Vue sur la relève

Vue sur la relève 2016 | Intégrer soigneusement la relève

Qu’ont en commun les Yann Perreau, Daniel Boucher, Karkwa, Vincent Vallières, Samian, Radio Radio, Alex Nevsky, Misteur Vallaire, Damien Robitaille, Martin Léon et Pierre Lapointe, parmi d’autres en chanson et musique, les Estelle Clareton, Manon Oligny, Emmanuel Jouthe et Virginie Brunelle en danse, les Fred Pellerin, Fabien Cloutier, Évelyne de la Chenelière et Simon Boulerice en d’autres disciplines ? Tous ces artistes, jusque-là inconnus, ont été révélés par le Festival Vue sur la Relève des arts de la scène.

Cet important, pour ne pas dire indispensable festival en est à sa 21e édition ce printemps. Pour marquer le coup, sera présentée ce soir même au Théâtre Fairmount le spectacle-vitrine d’ouverture, avec une sélection de huit des artistes de cette année, conçu par la directrice artistique et fondatrice du festival, Marie-André Thollon, et son adjointe Priscilla Lapointe (la sœur de Louise Portal). Il y a donc beaucoup de fébrilité dans l’air. Cédrik St-Onge, Ariane Zita, Anatole, Prium ou le Théâtre Le Mimésis sont parmi ceux qui joueront leur avenir ce soir et dans les 11 jours qui viennent.

Bien que l’édition soit réduite, en raison des coupures de budgets en arts, et qu’il n’y a pas d’artistes de la francophonie canadienne et étrangère pour les mêmes raisons, le festival de cette année réussira néanmoins à présenter 24 spectacles, constituant une programmation qui se veut riche et variée dans les différentes formes d’arts de la scène.

La création au lieu du concours

«Quand nous avons commencé en 1996, se souvient Marie-André Thollon, il n’y avait rien pour les artistes débutants. Moi, je portais déjà la mission de Créations etc. qui chapeaute Vue sur la Relève depuis ses débuts pour soutenir les jeunes talents qui abordent la pratique des arts de la scène par le biais de la création. Ce n’est pas un festival compétitif, il n’y a pas de jury ni de prix, et les artistes qui participent sont payés.» Mais, en plus d’une première scène pour révéler leur talent, le festival offre des ateliers et un accès à différents coachs pour leur faire connaître les rouages et l’encadrement du milieu du spectacle, que ce soit en termes de droits d’auteur, de signatures de contrats, et autres.

Un des premiers objectifs de Vue sur la Relève, c’est de favoriser l’intégration dans le milieu. Les rencontres professionnelles ont lieu pour ça, et c’est ce qui fait notre fierté.

Marie-André Thollon reçoit pas moins de 200 propositions de candidatures par année. Elle a le flair artistique ensuite d’opérer une sélection. En plus de sa personnalité attachante, et de son bagou de bonne vivante, elle a ce petit quelque chose d’intuitif et d’instinctif qui fait toute la différence. «Quand j’ai vu Moran à Ma première Place des Arts en 2005, j’ai tout de suite voulu mettre la main dessus. Ou encore Fred Pellerin, dont c’était le premier spectacle professionnel à Montréal.»

Moran. Photo par Louis-Charles Dumais.

Moran. Photo par Louis-Charles Dumais.

Si bien que Moran, onze ans plus tard est, avec Klô Pelgag,  porte-parole du festival. «Je suis toujours resté proche de Vue sur la Relève, dira-t-il. C’est le seul festival en son genre. Je trouve quelque chose de malsain dans les concours. L’art, en règle générale, ne doit pas être une compétition. »

L’année dernière, Moran a animé un atelier d’écriture de chansons auquel ont participé 25 candidats. C’était trop, de son propre aveu. Cette année, l’atelier s’étend sur deux jours avec 12 participants. «Je commence par communiquer ma vision de l’écriture d’une chanson, soit mon propre rapport à l’écriture. Ensuite, il faut savoir reconnaître ce que chacun a à dire. Je me donne comme but de leur faire prendre confiance en leur propre langage. Il y en a qui ont des idées superbes, mais qui essaient de trop bien écrire. Il ne faut jamais négliger la musique qui viendra avec ça, et la voix qui portera ces mots-là. L’an passé, j’ai croisé de beaux talents avec qui j’aurais aimé aller plus loin, comme Mathieu Bérubé qui lancera bientôt son premier disque. Cette année, je vais avoir le temps de les aider à accomplir leurs textes.»  Certains des participants au festival, comme Cédrik St-Onge, se joindront même à ces ateliers d’écriture.

Moran, qui sera en prestation le 14 avril au Lion d’Or dans le cadre du festival, en profitera pour lancer son quatrième album, Le silence des chiens, soit dix ans après son premier, Tabac. «Ça se fera sous la forme d’une émission de télévision filmée par Live Tune. Monique Giroux participera avec des conversations autour du disque. Et puis, Catherine Major et Luce Dufault, qui font toutes les deux partie du disque, seront là. Ce sera quelque chose qu’on veut sympathique», commente celui qui a eu sa première guitare à l’âge de 30 ans, mais qui ajoute écrire depuis toujours.

Il y a fort à parier que Marie-André Thollon sera présente au lancement de disque de Moran. Le 21e Festival Vue sur la Relève battra son plein de découvertes dans six salles à Montréal du 5 au 16 avril 2016 : le Théâtre Fairmount, la Sala Rossa, le Théâtre Plaza, le Divan orange, la Maison de la culture Mercier et le Cabaret Lion d’Or.

 

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