Juno Awards 2026 | Les nominations dévoilées, le Québec quasi-écarté…

Les nominations pour le gala des prix JUNO 2026 ont été dévoilées ce matin. D’un côté, on célèbre les grands noms anglosaxons qui dominent les palmarès et les playlists mondiales. De l’autre, on observe avec une certaine incrédulité la quasi-absence des artistes québécois dans les catégories les plus prestigieuses, une réalité difficile à ignorer dans un gala censé représenter la diversité culturelle du pays…

Au sommet de l’affiche, Justin Bieber et Tate McRae dominent le palmarès des nominations avec six mentions chacun, un record en carrière pour les deux stars. Bieber, figure emblématique de la pop mondiale, revient avec force grâce à son album SWAG II et le single Daisies, qui lui valent des nominations dans les catégories prestigieuses comme Artiste de l’année, Album de l’année et Single de l’année. Tate McRae, elle aussi, s’impose avec So Close To What et Sports car, résultant d’une année artistique intense et d’une ascension fulgurante sur les scènes internationales.

Juste derrière, le nom de The Weeknd brille avec cinq nominations, consolidant encore davantage le statut de l’un des artistes les plus reconnus du Canada. Avec son album Hurry Up Tomorrow, il est pressenti dans plusieurs catégories majeures, reflétant sa capacité à transcender les genres et à captiver un public planétaire.

Dans une année marquée par la rencontre entre gloires établies et nouvelles voix prometteuses, Cameron Whitcomb émerge également comme un des grands noms à suivre. Avec ses cinq nominations, dont Révélation de l’année, Album de l’année, Single de l’année, et Choix du public, il s’inscrit comme l’un des jeunes talents les plus prometteurs de la scène musicale canadienne, une impression qui se dessinait déjà lors de son passage au festival Lasso au Parc Jean-Drapeau à l’été dernier.

cameron whitcomb lasso montreal 2025 07* Cameron Whitcomb à Lasso 2025. Photo par Marie-Emmanuelle Laurin.

Où est le Québec?

Pendant ce temps, le Québec, pourtant terre d’innovations artistiques et de musique francophone riche, se retrouve largement relégué aux catégories secondaires.

Dans les catégories spécialisées des albums, on trouve bien quelques figures québécoises : Main de Fer d’Annie-Claude Deschênes en danse underground, Patrick Watson et Barr Brothers en alternatif, Ari Cui Cui dans les Albums jeunesse, ou encore des nominations dans les volets instrumentaux – Viviane Audet aurait des chances de l’emporter – et bien entendu, Albums francophones, où les copines Ariane Roy et Lou-Adriane Cassidy se mesurent à des grosses pointures masculines en Fredz, l’ex-Cowboy Fringant JF Pauzé et Pierre Lapointe.

Mais ces mentions, bien que méritées, ne compensent pas l’absence d’artistes francophones québécois dans les catégories principales où la visibilité médiatique est la plus forte.

Ironiquement, la principale présence québécoise dans les « grosses catégories », c’est Arcade Fire, nommé parmi les Groupes de l’année, alors que 2025 fut une année particulièrement cahoteuse pour le groupe désormais honni, dont l’album Year of the Snake a fait piètre figure, sans compter toutes les controverses que l’on connaît…

Cette situation contraste fortement avec les éditions précédentes, où Charlotte Cardin, Les Cowboys Fringants, Kaytranada ou encore Roxane Bruneau figuraient régulièrement dans les catégories vedettes. Leur quasi-absence cette année a été soulignée par plusieurs observateurs comme un signe que le gala peine peut-être à suivre l’évolution réelle de la scène musicale québécoise, surtout quand on considère que la courte liste du Prix Polaris était pourtant bien fournie d’albums québécois.

Si les JUNO Awards se présentent comme une célébration de “la meilleure musique canadienne”, ça devrait pourtant être un terme qui devrait englober tous les styles et toutes les langues. Lorsque les nominations anglophones dominent presque exclusivement les catégories phares, on peut légitimement s’interroger sur l’efficience du processus de sélection et sur l’équité de représentation.

Animé par Mae Martin, le gala des prix JUNO est prévu pour le dimanche 29 mars 2026, à Hamilton.

Le même soir que le Gala Les Olivier.

Vous dire à quel point le public québécois ne sera pas au rendez-vous (et avec raison).

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