Lisa LeBlanc

Critique concert | Lisa Leblanc à L’Olympia de Montréal

Y’a l’Acadie qui a také over l’Olympia hier, avec des poneys de carrousel, un gars en camisole qui nous fait un show de biceps, Louis-Jean Cormier, énormément de rock et des instants mémorables.

Débutons par les deux moments moins mémorables : Rebecca Makonnen qui fait une apparition dans l’incompréhension générale et une tentative de pyrotechnie avec des plumes et des tuyaux à air qui ne fait finalement voler qu’un total de trois plumes.

Faut laisser ça à Kiss et à Coldplay, les effets spéciaux.

 

Mais outre ça, c’était plein de belles surprises.

Surprise #1 (et sûrement la plus belle de la soirée) : Les Hay Babies, 3 jeunes dames de la New-Brunswick dont le charisme est indéniable et dont le country-folk était l’agrément parfait au numéro de mademoiselle Leblanc. Elles sont, pour faire une comparaison boiteuse, ce que serait First Aid Kit avec Cayouche comme guitariste.

Surprise #2 : La présence de monsieur-bon-dans-tout, Louis-Jean Cormier, qui fait la navette entre la guitare, la basse et le chant, mais qui ne sera réellement à l’avant-scène que lors de Kraft Dinner, le duo qu’il partage avec celle dont il a réalisé l’album.

Surprise #3 : L’excellente reprise que nous offre Leblanc de l’hymne voodoo I Put A Spell On You, du troublant Screamin’ Jay Hawkins.

Surprise #4 : Les brassières lancées sur la scène juste avant que ne débute Kraft Dinner. Drôle de timing.

 

Et il y en eut bien d’autres, mais la surprise principale venait de la chanteuse elle-même. On ne connaît pas Lisa Leblanc si on ne l’a pas vue aller sur une scène. Ce n’est que là qu’on constate à quel point elle une musicienne impressionnante. Des riffs de feu comme celui de Lignes d’Hydro, ou le très Tallest Man On Earth-esque jeu de guitare de Juste parce que j’peux, elle en enfile des tonnes, en s’époumonant simultanément par-dessus le marché.

On sent aussi toute la sincérité derrière la plume. Quand elle chante ses titres plus cabotins, elle danse,  rit, gueule, et c’est contagieux. Par contre, quand elle y va de titres plus sombres, elle revêt son habit de deuil et de colère, qui est foutument convaincant.

Quand elle hurle « SO CÂLISSE-MOÉ-LÀ », il faut se retenir pour ne pas s’excuser à voix haute.

Autre point fort de la prestation : aussitôt qu’une chanson est le moindrement rock en version studio, c’est en formule immense qu’elle est présentée à l’Olympia. Cerveau ramolli devient ainsi représentante de son propre titre, écrasant le crâne de l’auditoire sous du grand rock.

Et à entendre la foule, qui était composée d’à peu près toutes les classes socio-économiques et tranches d’âge de la province, en redemander, on peut rétorquer à ceux qui craignent que Lisa Leblanc ne soit à toujours qu’une chanson qui parle de marde qu’elle devrait s’en sortir, merci.

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