Gogol Bordello

Critique album | Gogol Bordello – Pura Vida Conspiracy

Gogol Bordello - Pura Vida Conspiracy Gogol Bordello Pura Vida Conspiracy

Le charismatique troubadour moustachu Eugene Hütz et sa joyeuse ribambelle de musiciens hétéroclite et multiethnique déposent un autre album chez les disquaires, intitulé Pura Vida Conspiracy, celui-là. Sans surprise, ce sixième album de la bande autoproclamée « gypsy-punk » poursuit dans le même modèle que les albums précédents sans piétiner le terrain déjà parcouru. 

Les fans le savent : Gogol Bordello maîtrise depuis longtemps l’art de faire lever le party tout en tendant le poing crispé vers le ciel. La rébellion musicale sans jouer les trouble-fêtes.

Entraînante et variée, la musique de Gogol Bordello pige dans de nombreux genres (punk, ska, jazz gitan, folk celtique, Norteño, polka, valse de marins et quoi encore) et fait usage d’une multitude d’instruments (accordéon, banjo, violon cuivres, guitare acoustique, électrique et percussion), ce qui pourrait donner le tournis n’eut été de l’approche très festive du groupe. Peu importe le tempo emprunté, l’intensité est toujours au rendez-vous sur chaque pièce et l’ensemble est plutôt rythmé.

Mais le fil conducteur demeure encore et toujours cette voix de Hütz, puissante et vive, qui alterne ici de l’anglais à l’espagnol. Ses textes évoquent l’espoir, l’éveil de la conscience, le partage, l’union, et raconte parfois de petites histoires intrigantes, racontées avec ce charmant accent ukrainien.

John The Conqueror, qui s’inspire directement du classique The Devil Went Down to Georgia, vaut le coup à elle seule, tout comme les deux premières chansons de l’album (We Rise Again et Dig Deep Enough) et la finale (We Shall Sail, suivie d’une piste cachée).

Pura Vida Conspiracy n’a peut-être pas autant de gueule que le brillant Gypsy Punks: Underdog World Strike, qui avait fait connaître le groupe à un large public au milieu des années 2000, mais ce nouvel album pourrait bien être la meilleure collection de nouvelles chansons de Gogol Bordello depuis cette époque que le groupe ne pourra jamais dupliquer.

Et en spectacle, c’est toujours de la bombe. Alors réjouissons-nous de l’arrivée d’un nouvel album… puisque ça signifie que le groupe pourrait bien être de retour chez nous avant longtemps.

À écouter : We Shall Sail (et la piste cachée qui suit), Dig Deep Enough, We Rise Again, John The Conqueror, Hieroglyph.

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