Thee Oh Sees
Critique Publié le

Thee Oh Sees au Cabaret La Tulipe⎪Du gros rock, sans artifice

Ça faisait déjà un moment qu’on attendait de revoir Thee Oh Sees à Montréal, alors que leur dernier passage dans la métropole datait d’il y a deux ans, au National. Cette fois-ci, c’est le Cabaret La Tulipe qui accueillait le groupe et, surtout, tous ses fans qui avaient vraiment hâte de tout défoncer sur les rythmes psychédéliques-garage-rock du groupe de San Francisco.

Depuis leur dernière visite chez nous, Thee Oh Sees ont sorti trois albums, soit Mutilator Defeated at Last, en 2015, puis A Weird Exit et An Odd Entrance, tous deux parus cette année. Ça, et leur 9 autres albums, ça en fait du matériel à couvrir!

Une chose est certaine, si tu étais ne serait-ce qu’un petit peu fâché hier soir, tu ne l’es plus aujourd’hui. Enfin, seulement si tu es allé voir Thee Oh Sees. C’était un heure de moshpit et de défoulement, entouré de spectateurs qui sautent et dansent, pour faire sortir les démons.

Ça commence avec un soundcheck qui est presque interminable, un solide 20 minutes que les membres du groupe passent sur scène sans jouer une seule chanson. Le chanteur John Dwyer profite du moment pour parcourir la scène avec de l’encens, comme pour purifier la salle des énergies négatives. Ensuite, Dwyer lance un cours «bonjour» au public, avant de se lancer dans The Dream.

C’est une façon un peu étrange pour partir un spectacle, mais la technique est efficace, puisque c’est le coup d’envoi d’un moshpit qui va durer pendant tout le spectacle, et des bodysurfers se mettent automatiquement à, euh, surfer.

De sueur et de rock

Le band en tant que telle ne fait rien de particulier. Du moins, à part la façon dont la scène est organisée, avec les quatre membres à l’avant et les deux batteries (oui oui, il y en avait deux) au centre. Dwyer, fidèle à lui-même, porte sa guitare transparente presqu’aux épaules, et secoue frénétiquement sa tête, crachant parfois sur la scène.

Aucun effet de lumière, pas d’invité surprise, pas d’accessoire étrange, peu d’interaction avec le public. Vraiment, le band mise entièrement sur son énergie et sur sa musique. Le pari est réussi, avec l’énergie du moshpit en sueur qui ne descend jamais (et ces fameux surfeurs qui ne se tannent pas). Le groupe enchaîne les chansons, ne laissant entendre qu’un vague «merci», parfois, entre deux tounes.

Que ce soit pendant une chanson rapide ou une lente (si on peut qualifier une chanson de Thee Oh Sees comme lente) la foule ne se calme pas. Il fait chaud, ça pue, tout le monde dégouline de sueur et pourtant, on en veut plus.

Le band quitte finalement la scène, et les lumières restent fermées, laissant présager un rappel que tout le monde attend. On applaudit, on crie, on essaie de se remettre de nos émotions avant de repartir. Finalement, au bout de quelques minutes, les lumières s’allument, et la musique se fait entendre dans la salle, avisant les spectateurs que le spectacle est bien terminé, à la déception de tous.

Malgré les transitions in and out de scène un peu confuses, Thee Oh Sees a vraiment livré un super show. Pas d’extravagance, pas de froufrous, juste de la bonne musique intense qu’on ne se tanne pas d’entendre.

 

I.D.A.L.G et Les Marinellis en première partie

C’est le groupe montréalais I.D.A.L.G. qui passait en premier pour réchauffer la foule à l’avalanche Thee Oh Sees. Avec leur rock qui mélange psychédélique et punk, ils font bien le travail. Malheureusement pour eux, le côté un peu impersonnel de la scène du La Tulipe (qui est à une hauteur un peu étrange, avec des speakers qui éloignent les membres du groupe des spectateurs) a peut-être jouer en défaveur du band, qui ne réussissait pas tant à rejoindre ceux qui n’étaient pas beaucoup familiers avec eux. Par contre, ils ont des fans qui connaissent toutes les paroles, et qui les chantaient avec enthousiasme, se chargeant du même coup de mettre l’ambiance dans la salle. Il faut dire aussi que chaque membre a eu son petit moment de folie, un par un, en se déhanchant comme dans une transe, porté par la musique.

Ensuite, c’était au tour des Marinellis d’embarquer. On les reconnaît entre autre parce que ce sont eux qui font les premières parties de presque tous les band de garage depuis deux ans. Ça ne dérange pas; le chanteur est assez divertissant pour qu’on revienne les voir, eux et leur musique garage-psychédélique qui rappelle le début de The Growlers.

Pourtant, ce coup-ci, il semble que l’énergie n’était pas aussi présente. Il n’y avait pas de moment surprenant, pas de facteur wow qu’on connaît au groupe, ni beaucoup d’interaction avec le public. Il faut dire que c’était le dernier spectacle dans la foulée de leur album, Île de rêve. Pas qu’ils étaient mauvais, ce n’est pas le cas. Seulement, ils étaient un peu moins dedans que d’habitude. Par chance, le prochain album viendra raviver la flamme!

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