Sam Breton présente Ga-lé aller à la salle Albert-Rousseau
Il y a des soirs où la lumière s’ouvre sur une scène comme on entrouvre une porte sur ce qu’il reste à construire. À la salle Albert-Rousseau, Sam Breton est revenu hier avec Ga-lé aller, son deuxième spectacle en carrière. Une salle pleine, une attente évidente, et cette impression d’assister non pas à un simple retour, mais à l’aboutissement fragile d’un chemin qui a failli s’interrompre. Le public n’a pas vu qu’un humoriste : il a vu un homme qui avance encore un peu raide, encore un peu tremblant, mais qui avance debout.
Dès son entrée en scène, Sam Breton a accueilli son public. D’une gratitude entière, pas polie, pas automatique. La reconnaissance d’être encore là. Il a demandé qui avait vu son premier spectacle, comme pour prendre le pouls, puis a glissé dans le cœur de ce qui l’a habité : l’épuisement professionnel. Le sien, celui qui l’a arrêté net. Celui qui lui a forcé à voir les failles et les urgences qu’il évitait. Il le dit sans détour : un tiers des gens vivront un burn-out au cours de leur vie. Dans la salle, le silence a brièvement remplacé les rires.
Puis son débit s’est emballé. Il a lancé ses répliques avec l’urgence de quelqu’un qui récite avant que sa bonbonne d’oxygène imaginaire ne s’épuise. Une cadence presque théâtrale, un monologue d’homme qui se reconstruit. Il a parlé de séparation, de tournée, du décès de deux amis, de rénovations éreintantes, de tuyaux gelés, des métiers jamais à l’heure, de la charge mentale qu’on porte ou qu’on croit porter. Il a enchaîné avec l’importance d’un beau-père dans une vie, affirmant à la blague qu’il allait choisir sa prochaine date par le biais de son père dans une « pépinière à beaux-pères », soit au Canadian Tire. Le public a éclaté. L’artiste sait manier l’absurde comme une planche de salut.
Les sujets se sont succédés : quinze ans de couple avec deux filles, ses opinions tranchées, c’est blanc ou noir. Son aversion assumée pour le café, mais il a une machine luxueuse à la maison. De son intensité qui vient de sa mère, Sylvie, de ses tocs de ménage, de son amour pour les aspirateurs. De l’aide apportée des enfants pour recharger ses batteries, mais de la certitude qu’il n’en veut pas lui-même. Des quatre enfants de son frère et de sa sœur, du carrousel des Galeries de la Capitale avec sa filleule, sa mère devenue folle en devenant grand-mère. Des compétitions entre mamies. De sa grand-mère qui aura eu 20 enfants en 24 ans, des récits qui se transmettent, de l’amour qui tient malgré tout. Et ce p’tit bout de phrase : Ga-lé aller. Les derniers mots de son spectacle qu’il aura prononcés. Sa façon de nous dire : je continue. J’avance. Je fais bien.
Il a longuement remercié tout le monde; son équipe, la salle, le public. Une générosité presque timide, touchante. Sur scène, on a vu un homme encore un peu apeuré, mais profondément reconnaissant d’avoir pu revenir compléter sa guérison devant des centaines de visages.
Et juste avant lui, en première partie, il y avait Charles Pellerin. Ami précieux, allié artistique, présence discrète, mais essentielle. Arrivé tout de neutre vêtu, numéro court et tendre, humour sur sa différence, son alopécie. Blaguant sur son allure de cancéreux, de sa grand-mère atteinte d’Alzheimer, de la résidence où elle habite. Une douceur drôle, une vulnérabilité assumée. Une ouverture qui donne envie d’en voir plus.
Deux amis sur scène, liés par l’affection et les chemins cabossés qu’on traverse mieux ensemble. Une soirée où l’humour servait moins à masquer qu’à respirer. Une soirée où Ga-lé aller prenait tout son sens.
- Artiste(s)
- Charles Pellerin, Sam Breton
- Ville(s)
- Québec
- Salle(s)
- Salle Albert-Rousseau
- Catégorie(s)
- Humour,
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