Premier album de PRINCESSES | Du rock drôle et engagé
Le trio rock montréalais PRINCESSES sort son premier album, Une autre dose de courage, aujourd’hui. Préparez-vous : c’est du costaud! Avec un son inspiré du rock lourd des années 1990 et des textes aussi drôles qu’engagés, le groupe dit avoir trouvé une empreinte artistique plus solide que jamais. C’est à se demander si elles ne devraient pas se rebaptiser REINES…
PRINCESSES est né « d’une brosse à Coaticook », rigolent la chanteuse-bassiste Marie-Philippe Thibeault-Desbiens et la chanteuse-guitariste Flavie Léger-Roy. « Tannées » de mener leurs projets musicaux solos à bout de bras, elles unissent leurs forces en 2023. Cela inclut la troisième membre du groupe, Chouchoune (à la batterie), dont l’identité demeure un mystère. Cette dernière porte toujours un masque de clown (par ailleurs un brin épeurant… on va se le dire).
Signant la majorité des textes d’Une autre dose de courage à quatre mains, Flavie Léger-Roy et Marie-Philippe Thibeault-Desbiens poursuivent dans la veine tragicomique qui fait leur marque depuis les EP Face A (2023) et Face B (2024).
Il leur aura justement fallu bien du courage pour oser s’exprimer pleinement à travers cet opus. Son titre évoque pour elles le courage d’être artiste, de faire résonner sa musique au plus grand nombre, d’être une femme… d’être une femme queer. « C’est tout ça qui nous drive avec l’album. Ça prend du courage pour vivre à cette époque-ci », affirme Marie-Philippe Thibeault-Desbiens.
Oser prendre la parole
Le ton de PRINCESSES se veut dénonciateur, notamment de la société « centrée sur le profit » et autres « absurdités de notre époque ».
« Le poids de l’escalade,
sur le dos déjà malade,
de l’État qui se saigne à la Barbade
Attention à vos pantoufles,
En haut de l’échelle,
La revanche des Calinours sera cruelle »
– chanson La revanche des Calinours
« On est un peu comme des Calinours. On fait de la musique, pis on est [gentilles]. À moment donné, on a le droit de dire que ça ne fait pas notre affaire […] On lance un peu un appel à se tanner et à prendre la parole », explique Flavie Léger-Roy.
L’opus fait également réfléchir sur la condition et la sécurité des femmes, notamment avec Peur dans l’parc. La chanson aborde la réalité d’être une femme se promenant tard le soir.
« Prends la rue, pas la ruelle,
L’avenue pas le tunelle,
[…]
Suis les lampadaires,
Tiens toi loin des coins noirs,
C’est ce que m’a appris ma mère
Osti, j’técoeurée d’avoir peur dans l’parc »
– chanson Peur dans l’parc
Le groupe parle aussi des mal-êtres du quotidien, des pensées intrusives « qu’on vit individuellement, mais qui, finalement, concernent bien du monde. On n’est pas tout seuls à vivre », croit Marie-Philippe Thibeault-Desbiens.
« T’as pas de talent,
Y’a personne qui t’écoute, non,
Crisse dont toute ça là,
Vas-tu te taire langue de vipère
[…]
T’es pas une bonne blonde,
T’es une bonne mère,
T’as des trop grosses boules…
T’es jamais contente, fais pas ta victime »
– chanson Va-t-en
Le tout parsemé d’humour !
« On est des filles qui aimons déconner. Ça a toujours fait partie de notre identité musicale », dit Marie-Philippe Thibeault-Desbiens. Entre leurs « Zing zing zi zing la griffe dans l’bras » dans Peur dans l’parc et leur grande poésie sur leur relation toxique avec le poil dans Chewbacca, on peut dire que PRINCESSES restent fidèles à l’humour pour lequel on les connait depuis leurs débuts.
Faire ressortir du comique de leur colère permet « de parler des choses difficiles sans brailler et vouloir abandonner », estime Marie-Philippe. Cet humour se transpose non seulement dans les mots, mais aussi dans certains éléments d’arrangement (holà le güiro, coucou et la flûte à bec!), qui rappellent à quel point ce projet part d’abord d’un lieu de défoulement et, surtout, de plaisir.
Des princesses inclusives et rassembleuses
« Dans la première chanson [de l’album], Tape des mains, le ton est ironique. On dit aux gens “Si t’as peur de la fin du monde, si t’as de la misère à te regarder dans le miroir, ben viens t’en avec nous. On va se regarder dans les yeux. On va se dire les vraies affaires, mais on va danser en-dessous de la boule disco pis on va taper des mains », rigole Marie-Philippe.
Attention ! Il ne s’agit pas d’une invitation au déni, tiennent à souligner les deux artistes. Mais plutôt d’une invitation à reconnaître ce qui fait mal ensemble et de créer à partir de là.
Après tout, leur musique se veut « un appel au rassemblement ». PRINCESSES ouvre grands ses bras métaphoriques à son public, une philosophie qui se retrouve particulièrement dans On s’en fout.
« Que tu habites dans le sous sol de tes parents,
ou que tu aies déjà deux-trois enfants,
[…]
On s’fout d’ton étiquette
Qu’a soit ben floue ou ben nette
De c’que t’as dans tes bobettes
On s’fout des étiquettes
Que tu sois straight, en questionnement,
Gay, bi ou pan
Sans artifice ou à tous vents
Ensemble, on se comprend »
– chanson On s’en fout
Le trio invite son public à trinquer à la différence avec lui lors de ses deux spectacles de lancement d’album. Le premier aura lieu à L’Anti de Québec, en double plateau avec Fuudge, à l’occasion du cinquième anniversaire de Folivora Records. Pour le second, rendez-vous au Verre Bouteille à Montréal, dans le cadre Coup de cœur francophone. Billets par ici.
- Artiste(s)
- PRINCESSES
- Ville(s)
- Montréal, Québec
- Salle(s)
- L'Anti Bar & Spectacles, Verre Bouteille
- Catégorie(s)
- Rock,
Événements à venir
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