Francouvertes

Francouvertes 2017 | On s’est penché sur les 21 participants…

Les Francouvertes dévoilaient ce soir l’identité de leurs 21 participants en vue de l’édition 2017 du concours-vitrine, dont les préliminaires se tiendront chaque lundi soir au Cabaret Lion d’Or à partir du 20 février prochain. Dans le secret des dieux comme toujours, Sors-tu.ca a eu l’occasion d’étudier les 21 dossiers des participants sélectionnés, lors d’une très sérieuse session d’écoute pizza-bière-musique en compagnie de nos bons amis de Bible urbaine et du Canal Auditif. Aperçu des sept lundis qui divertiront le reste de notre hiver.

 

LUNDI 20 FÉVRIER

Mélanie Venditti + Shawn Jobin + Antoine Lachance

Alors qu’il risque de faire moins-mille dehors, et que Montréal en lumière débute seulement quelques jours plus tard, le Lion d’Or sera un repaire idéal pour boire une pinte, oublier l’hiver et se plonger dans les Francouvertes dès le départ.

Mélanie Venditti a fait son nom sur la scène locale en collaborant aux cordes sur le premier album de Klô Pelgag. Altiste d’abord, il s’avère qu’elle est également une auteure-compositeure-interprète plutôt douée elle-même, comme en témoigne son EP réalisé par Guillaume Guilbault (KROY). À première écoute, sa voix délicate porte bien ses textes affinés, et les arrangements, sans surprise, sont plutôt réussis. Intrigant.

Shawn Jobin, lui, est la gloire du hip-hop franco-canadien. Sur sa chanson So Close, on peut entendre l’apport de Mario Lepage (qui avait fait sa marque aux Francouvertes 2016 avec son projet Ponteix). On y sent une volonté d’explorer des sonorités un peu moins typiquement « rap », ce qui est toujours rafraîchissant. On verra bien ce que ça donne, mais le rappeur est plutôt expérimenté et devrait épater par sa présence scénique.

La première soirée se conclura avec Antoine Lachance, le grand gagnant de l’édition 2016 de Ma Première Place des Arts. Lui non plus, il n’en est pas à son premier pique-nique : non seulement connaît-il un certain succès en solo, mais il avait fait sa place en tant que membre fondateur du groupe On a créé un monstre…

LUNDI 27 FÉVRIER

Maxime Auguste + Projet Coyote + Juste Robert

Ça se poursuit le 27 février avec Maxime Auguste, qui donne dans le « country mollo », pas trop country, ni trop mollo.  On l’avait remarqué il y a un an, alors qu’il lançait un premier EP intitulé Prendre la fuite, réalisé par David Méliès (du duo Coco Méliès) à la réalisation. On kiffe le vidéoclip de la très courte Resto vide, un genre de continental à la Beetlejuice, en espérant que son personnage de scène soit aussi dynamique et sympathique que l’est cette oeuvre visuelle.

Projet Coyote, c’est le genre de clique qu’on peut voir traîner entre le Quai des brumes et L’Esco par un mardi soir, genre. Même si c’est un duo de barbus du Lac : David Fortin et François Potvin. Musicalement, ça mord gentiment, c’est un peu rugueux, la voix est placée derrière la musique, et l’énergie est rafraîchissante. Pour adeptes de la mouvance « folk sale », il vaut le coup d’aller découvrir la tétralogie de EP saisonniers — un mini-album par saison.

On termine ça avec Juste Robert, un genre de pince-sans-rire avec des textes ingénieux et un drôle de timbre de voix. Faut pas lui en vouloir, il vient de Québec. Farce à part, vaudrait mieux ne pas sous-estimer son sens du hook, parce que Juste Robert pourrait très bien faire son chemin vers les grands honneurs… Et bien que son approche puisse semblera un brin humoristique à la première écoute, il s’y cache une sensibilité et une profondeur assez impressionnante.

LUNDI 6 MARS

Bermudes + Vulvets + Valery Vaughn

Bermudes, c’est le groupe post-garage-new-wave-post-punk de cette année.  Il y avait VULGAIRE l’an dernier, il y a Bermudes cette année. En gros, ça brasse, c’est rythmé, c’est aussi un peu dark, et ça évoque immanquablement les années 1980… mais le bon stock des années 1980. Ils ne sont pas nés de la dernière pluie et seront donc à surveiller. Ils ont le vécu pour se débrouiller dans ce genre de contexte, et mériteraient bien de se rendre loin. On serait étonné de ne pas les revoir en demi-finale.

Les Vulvets, elles, sont peut-être un peu moins « installées ». Ça sent encore le char neuf. Pas d’album encore, mais on se rappelle du lancement de leur titre La Mort, qui nous avait bien plu il y a quelques mois. Ça se veut un peu déglingué, vaguement surf rock, un peu yéyé mais avec du mordant et de l’overdrive. Quatre filles qui pourraient très bien faire décoller la tapisserie sur les murs du Lion d’Or si le rendu live est à l’avenant.

Et ça se poursuit avec encore plus de décibels : le groupe Valery Vaughn, qui oeuvre généralement en anglais, mais qui nous servira une dose de chansons en français pour l’occasion. On se trouve ici quelque part entre Galaxie et Oktoplut, avec une influence Mötorhead assez évidente. Et ils ne sont que deux, à la Death From Above 1979. C’est de loin ce qu’il y a de plus punk au menu des 21 participants. Tant mieux.

En ce qui nous concerne, on avait adoré leur single Tits and Genocide (dont le texte se résume à ces deux mots, et de l’onomatopée Hey!) alors on leur lance le défi : faites-en une version française !  Pourquoi pas ?  Deux mots, c’est si facile à traduire. « Boules et génocides » aux Francouvertes, ça décoifferait !

LUNDI 13 MARS

Kyra Shaughnessy + Les Louanges + Van Carton

Si le 6 mars sera bruyant, ce sera plus tempéré le lundi suivant. L’envoûtante Kyra Shaughnessy nous montrera de quel bois elle se chauffe, elle qui possède une très belle voix avec un grain très unique, et une vibe vaguement exotique sur certaines pistes. Dany Placard a réalisé son dernier album, Passage, qui est en fait le quatrième de l’artiste estrienne. C’est le premier album bilingue de la chanteuse, qui oeuvrait autrefois en anglais seulement. On raconte qu’elle a étudié à l’École nationale de la chanson de Granby en 2014, afin de peaufiner son écriture de chansons en français.

Les Louanges est un projet tout droit sorti de la scène indie locale de Québec, section Pantoum. Louis-Philippe du Canal auditif évoquait avec justesse une certaine ressemblance avec Mac Demarco ou Le Havre. Assez juste. Bonne écriture, énergie bien chill, tempos généralement modérés, guitares claires, dynamique de groupe intéressante et sonorités bien choisies… Si le son est bien calibré au Lion d’or ce soir-là, le charme de Les Louanges devrait opérer.

Van Carton est l’un des projets envers lesquels nous avons le plus d’attentes en cette 21e édition des Francouvertes. Le EP lancé à l’automne dernier a joué en boucle dans nos bureaux. Il y a de la recherche, de l’audace dans les synthés, une volonté de déstabiliser l’auditeur avec une variété sonore et des harmonies de voix pas vilaines du tout. Tu cries est probablement la meilleure chanson du lot, avec son ambiance à la « Daft Punk rencontre Air », mais les moments plus rock sont aussi très intéressants. Ex-membre de 3 gars su’l sofa, Guillaume Monette est plutôt expérimenté et devrait mener ce projet de main de maître.

 

LUNDI 20 MARS

MCC + Lydia Képinski + Étienne Fletcher

Dans la catégorie « chanson féminine écorchée », Marie-Claudel Chénard (alias MCC) ne donne pas sa place. Elle a travaillé avec les gars de Pandaléon, ce qui lui confère un son que folk ambiant qui sera immanquablement comparé à celui d’une Rosie Valland ou Salomé Leclerc. Tout est dans l’écriture pour MCC, auteure-compositrice-interprète plutôt douée, qui a un sens de la mélodie bien développé et du chien dans le grain de voix.

Lydia Képinski sera attendue aux Francouvertes comme la favorite pour l’emporter. On la voit évoluer comme une comète dans le ciel de la scène locale, traînant avec elle un buzz évident, surtout depuis l’automne dernier. Ne vous fiez pas à son image comico-absurde : elle écrit de la chanson franchement accomplie, profonde, fouillée. éalisé par Blaise B. Léonard (ex-Hôtel Morphée). Sa chanson Andromaque, première piste de son EP  paru en novembre dernier, est un petit bijou en soi.

Étienne Fletcher passera sur scène juste après Lydia Képinski, comme ce fut le cas en finale du Festival International de chansons de Granby l’an dernier. Finalement, c’est Samuele qui a remporté les grands honneurs, mais le jury aurait très bien pu pencher pour Fletcher ou Képinski, et personne n’aurait décrié ce choix. Étienne Fletcher risque de séduire avec son approche rock assez accessible (l’entraînante Chérie, Chérie en particulier) et son charisme singulier. Le Fransaskois se disait étonné de s’être rendu en finale à Granby… Répétera-t-il l’exploit aux Francouvertes ?

 

LUNDI 27 MARS

Laurence-Anne + Ariane Vaillancourt + Joey Robin Haché

À l’instar de MCC, Laurence-Anne s’inscrit dans la mouvance de la folk pop mystérieuse et vaporeuse à la Rosie Valland et Salomé Leclerc. C’est plus éthéré de son côté, parsemé d’envolées envoûtantes, et on dénote un peu plus de « mystère » dans les textes. Bien hâte de voir ce qu’il adviendra sur scène…

Ariane Vaillancourt, elle, au contraire, est plutôt lumineuse, moins dark que Laurence-Anne. Sa voix est sublime, très posée, maîtrisée, équilibrée. Sa musique est douce, harmonieuse, souvent axée sur le piano. On l’accueillait d’ailleurs à notre émission de radio sur CIBL 101,5 l’an dernier, en marge de son spectacle à Révèle la relève, et elle nous expliquait qu’elle avait étudié en jazz au CEGEP et qu’elle détenait une certaine expérience en musique classique. Il y a quelques années, elle faisait partie du groupe Le Fil d’Ariane, avant de poursuivre son petit bonhomme de chemin en solo. Donc si le nom ne vous dit rien encore, sachez qu’elle commence à avoir du métier dans le corps.

Parlant d’expérimenté, l’Acadien Joey Robin Haché roule aussi sa bosse depuis un certain temps. Imaginez un genre de Carl-Éric Hudon plus sobre, mais tout aussi doué pour les vers d’oreille. Son nom circulait déjà depuis un certain, puis on l’a vu à l’oeuvre à Moncton, au festival Acadie Rock en août dernier, et le jeune homme nous a charmé avec son approche accrocheuse, son charisme certain et ses chansons souvent entraînantes, qui donnent envie de taper du pied. Quelques mois plus tard, soit en novembre, il lançait son deuxième album, Stigmates.

 

LUNDI 3 AVRIL

Dave Chose + Fred Labrie + Renard Blanc

Chanteur du groupe Il faudrait faire la vaisselle, Dave Chose donne dans ce qu’on pourrait appeler du « folk slack », bien rugueux et savoureusement joual. Il a tendance à mâchouiller un peu ses mots, mais ça n’empêche en rien d’apprécier ses textes d’une originalité certaine. On sait encore peu de choses de lui — il n’a aucun album disponible pour l’instant —  mais d’après ce qu’on a pu glaner à gauche et à droite, il semble autant capable de folk sentimental tristounet… que d’une reprise de Toxic de Britney Spears.

Fred Labrie, lui, a un album intitulé Dans la fumée claire sorti en mars dernier et plus de 200 spectacles derrière la cravate. On est encore une fois dans un folk pas trop propret, un peu alternatif. Le mi-trentenaire s’était notamment démarqué à Petite-Vallée à l’été dernier.

Les préliminaires se concluront avec Renard Blanc, un groupe de Saint-Hyacinthe un peu prog, beaucoup rock, parfois psychédélique sur les bords. Leur album Empire onirique, sorti à l’automne 2015, représente bien l’esprit aventureux et soucieux du détail du groupe. Il ne serait pas surprenant de les voir aller loin dans l’aventure… Ça clôturera bien la première ronde des Francouvertes.


Voilà pour les préliminaires. On rappelle qu’au terme de ces 7 soirs où seront comptabilisés les votes du public et du jury, les 9 artistes occupant le sommet du palmarès passeront en demi-finales les 17, 18 et 19 avril, toujours au Lion d’Or. Trois finalistes se rendront ensuite à la grande finale, le 8 mai 2017 au Club Soda.

Visitez francouvertes.com pour plus de détails sur la programmation de la 21e édition.

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