L'Autel 4461

En attendant le déconfinement #7 | L’Esco fêtera (finalement) ses 20 ans avec L’Autel 4461

On poursuit notre série hebdomadaire visant à donner la parole à des acteurs du milieu culturel qui ont été durement touchés par la pandémie et à mettre en mots les actions concrètes qu’ont dû poser les intervenants pour s’adapter à la crise. On se penche sur ce qui les occupe, ce qu’ils font (souvent dans l’ombre) en attendant le déconfinement culturel et comment ils permettent à la culture de survivre et de continuer à exister. Cette semaine, on rencontre Cédric Marinelli, musicien et propriétaire de L’Escogriffe Bar Spectacle.

Entête: L’Autel 4461, spectacle organisé par l’Esco 

Un départ tranquille

« Au début, on était un peu insouciant, parce qu’on ne pensait pas que le confinement allait être aussi long », entâme Cédric Marinelli lorsqu’on lui demande comment l’équipe et le public de l’Esco ont réagi à la fermeture du bar et salle de spectacle en mars dernier. Ayant du temps plus que de l’argent à mettre sur l’endroit, son partenaire Sébastien Madani et lui ont continué de travailler à l’amélioration de l’Esco pendant le confinement, préparant tranquillement leur retour lorsque possible.

Homme à tout faire, Cédric a passé plusieurs semaines depuis mars à travailler sur la reconfiguration de la salle et de la scène jusqu’à la réouverture de cet été, où ils ont été en mesure d’accueillir des artistes sur une scène aux allures de crèche dans un contexte sanitaire sécuritaire.

Restant fidèle à elle-même, l’équipe de l’Esco a donc recommencé les spectacles sans tambour ni trompette, proposant aux artistes qui le désiraient de monter sur les planches à nouveau. Toutefois, cette saison estivale sans fioriture n’était pas synonyme d’une organisation faisant du surplace.

S’étant muni d’une plateforme de vente en ligne pour vendre des vêtements et autres produits dérivés en avril, le propriétaire et son partenaire ont également songé à brasser et embouteiller de la bière, « de la bonne bière » nous assure Cédric.  « On est partant pour essayer n’importe quoi. On veut prendre tout ce qui passe. C’est des heures et des heures de demandes de financement et de remplissage de formulaires de subvention,  mais on veut tout essayer. »

La grande messe

Pour l’Esco, 2020 devait être marquée par les célébrations des vingt ans du bar. Pour l’occasion, une programmation spéciale d’une trentaine d’artistes avait été mise en place avant d’être annulée en grande partie au printemps 2020.

Gardant en tête son désir d’innovation, Cédric Marinelli a commencé à travailler le concept de L’Autel 4461, un événement diffusé en direct regroupant vingt artistes (pour le vingtième anniversaire) où chaque artiste jouerait une chanson.

Nouveau dans le monde de la création de contenu vidéo, le propriétaire du bar spectacle s’est rapidement rendu compte des défis qui l’attendaient: « Au départ, on a dû recruter une équipe bénévole pour faire le projet. On a été chanceux, on pouvait compter sur une équipe qui s’était engagé à le faire gratuitement, avant de finalement recevoir l’aide de deux partenaires qui nous ont permis de rémunérer tout le monde. Autre défi, il a fallu songer à une logistique de tournage qui respecterait les normes de santé publique. On accueillait un artiste le matin et un autre l’après-midi. »

S’étalant sur une dizaine de jours, la production de L’Autel ne se résumait pas seulement en une captation d’une session live. Chaque artiste déposait également un objet significatif dans « l’Autel de l’Esco » et répondait à une question posée par un autre artiste s’étant enregistré au préalable. Ce contenu sera accessible via des capsules individuelles par artiste qui paraîtront suite au spectacle.

Quant au concepteur derrière le projet, l’Autel 4461 aura aussi été l’opportunité de concrétiser un projet rassembleur et novateur: « Ça nous manquait qu’il se passe de quoi à l’Esco. On voulait faire quelque chose de rassembleur, autant pour les artistes que pour le public », affirme Cédric. « 2020 n’aura pas été facile. C’est difficile d’être sur pause pendant un an et c’est ça qui m’a fait réaliser l’importance de continuer de travailler, peu importe le projet. Ce projet-là, on aimerait le refaire éventuellement avec d’autres artistes. »

Rendez-vous demain (jeudi) 7 janvier 20h pour l’Autel 4461

En rappel

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