Buena Vista Social Orchestra au MTELUS | L’âme cubaine en accords de résilience
Dans la pure lignée musicale du légendaire Buena Vista Social Club de la fin des années 90, la super formation composée de onze forces de la rythmique cubaine a distillé son ondée de chaleur et d’intensité à un public charmé. La configuration de sièges réservées limitant l’expérience d’un format orchestral n’a pas empêchée la domination de la danse endiablée salsa et rumba. « Ay caliente » !
Les nostalgiques des inoubliables artistes Ibrahim Ferrer, Compay Segundo et Omara Portuondo chasseront en quelques instants leur mélancolie en découvrant l’agencement du Buena Vista Social Orchestra. En son agencement règnent encore la magie et la virtuosité grâce à la présence de quatre maîtres du club sélect du Buena Vista : Jesús « Aguaje » Ramos au trombone et à la conduite musicale, Emilio Senon Morales Ruiz au piano, Fabian Garcia à la basse et Luis « Betun » Mariano Valiente Marin aux congas et bongo. Un terrain fertile à la reprise fidèle et solennelle de chansons qui enflamment l’être, de la tête aux pieds.
À la voix, celle qui mérite son titre de Diva : Barbara Zamora Vargas. Toute de noir vêtue, aérienne, la chanteuse manie la danse, les percussions, les envolées vocales et le charisme pour embraser le public par les airs toniques Candela, Chan Chan, et El Cuarto de Tula. Parmi l’orchestre viril à souhait, majoritairement masculin comme le veut la tradition, la flûtiste portoricaine Kristalis Sotomayor se démarque par sa finesse infinie et sa dextérité. Elle fusionne au groupe par des élévations de sonorités et de subtilités flirtant avec les anges. Ses notes aiguës se marient aux touches du piano en un entrelacs d’harmonies hissant vers le ciel.
Tour à tour, chaque musicien du Buena Vista Social Orchestra aura sa parenthèse de gloire. Un moment pour exprimer leur génie à l’instrument façonnant leur art mondialement connu. Aucune hiérarchie ne règne sur scène. La seule règle, s’il en est une, réside dans la maîtrise parfaite des compositions et la noblesse vibrant en chaque virtuose. L’invitation à se lever pour danser à la gloire de la rébellion et au toucher de l’autre propulse naturellement l’auditoire. Un décor beau à voir et vivre, pour une seule soirée…
Tout au long du concert en deux parties, on perçoit avec réconfort, tel un songe éveillé, les rivages de la Havane et la terre enivrante de Santiago de Cuba. La solidarité pour le peuple assailli par le cruel embargo trumpien nous lie à l’humanité et la résilience d’une la culture musicale mue par la cohésion collective et la rigueur. Après avoir tout donné pour que résonne en nous la musique de l’île, le drapeau étoilé fut arboré en clôture. Un geste patriotique auquel le public a répondu en ovation, au terme d’un spectacle émouvant et réchauffant.
- Artiste(s)
- Buena Vista Orchestra
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- MTELUS
- Catégorie(s)
- Latino, Musique du monde,
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