crédit photo: Marie-Claire Denis

The Black Keys | Une Place Bell aux allures de cabaret

Après plus de dix ans d’absence dans la région montréalaise, The Black Keys retrouvait son public à la Place Bell. Entre garage rock, blues et ambiance disco, le duo a rappelé qu’après quatorze albums, le groove demeure sa meilleure recette.

Abordons Peaches!, plus récent album du groupe formé de Dan Auerbach et Patrick Carney paru en mai 2026. À son écoute, j’ai été frappé par son caractère brut, presque lo-fi, aussi bien dans l’orchestration que dans la production. Une approche qui détonne quelque peu du précédent, No Rain, No Flowers, disque beaucoup plus garni dans ses arrangements.

Avec Peaches!, The Black Keys semble renouer avec une certaine idée de sa propre musique. Celle que l’on retrouvait notamment sur Rubber Factory ou Brothers, deux albums majeurs de leur discographie.

Comme quoi, la recette The Black Keys réside peut-être précisément là : quelque chose de simple, de viscéral, de spontané. Du plug-and-play, d’ailleurs ça joue branché à des amplis sur scène et y’a bien des groupes qui ne le font plus cela.

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The Black Keys s’est produit à plusieurs reprises au festival Osheaga, notamment en 2015, alors qu’il figurait parmi les têtes d’affiche de la clôture de la dixième édition. En salle, leur précédent passage au Centre Bell remontait à 2014. Le groupe devait d’ailleurs revenir à Montréal en 2024, mais sa tournée nord-américaine avait été annulée. Deux facteurs avaient alors été mis en avant : une demande insuffisante pour certaines grandes salles et des décisions de management que le groupe allait lui-même contester. Cette fois, la situation semble bien différente. Entamée en avril, avec une pause estivale, la tournée mondiale de Peaches! touche à sa fin, avec une dernière étape prévue en Ontario et à Chicago.

Après quatorze albums, maintenir le cap, se renouveler et conserver cette spontanéité des débuts ne doit pas être une mince affaire.

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Une soirée entre garage rock et ambiance disco

Sur scène, The Black Keys ne se limite plus à la formule minimaliste guitare-batterie qui a largement contribué à bâtir sa réputation. Dan Auerbach et Patrick Carney s’entourent de plusieurs musiciens, six pour être exact, et sept avec le tech guitar qui est venu rajouter une couche d’électro-acoustique à un moment donné, donnant une autre épaisseur aux compositions. Les guitares se superposent, les arrangements gagnent en relief et certains morceaux prennent une dimension plus généreuse.

C’est aussi cela qui m’intéresse chez The Black Keys : cette capacité à conserver une ossature musicale relativement simple tout en lui apportant une densité supplémentaire sur scène.

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Et puis, il y a cette ambiance presque disco, avec la boule à facettes, les lumières et cette atmosphère cabaret intimiste, mais transposée dans une grande salle, comme une soirée dansante qui contraste avec l’imagerie garage rock traditionnellement associée au groupe.

Des classiques qui traversent les années

Le concert s’ouvre sur I Got Mine, morceau qui donne immédiatement le ton de la soirée. Parmi les titres marquants, Fever rappelle cette période où le groupe explorait des sonorités plus psychédéliques et synthétiques, tandis qu’Everlasting Light nous ramène à Brothers, album charnière de leur carrière, quelle chanson incroyable.

Et puis, il y a Howlin’ for You, donc impossible de ne pas chanter le « LA LA LA » du refrain. Difficile de passer à côté de l’engouement provoqué par ce single. Avec son rythme immédiatement reconnaissable et son refrain fédérateur, le morceau déclenche une véritable réaction collective.

Au fond, ce concert illustre assez bien ce qui fait la singularité des Black Keys depuis leurs débuts. Un groupe qui, malgré les albums, les changements de production, les expérimentations et les turbulences de l’industrie musicale, continue de s’appuyer sur une chose essentielle : le groove. Après plus de vingt ans de carrière, ce n’est déjà pas si mal.

Petit regret, j’aurais bien pris un petit Keep Me, quand même…

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Jeremie Albino, une voix qui transcende les compositions

Mais avant de retrouver les deux compères, nous avons entendu sur scène Jeremie Albino, qui assurait la première partie sur certaines dates de cette tournée. L’artiste canadien, dont le dernier album Our Time in the Sun remonte à 2024, n’a rien d’un simple amuse-bouche.

Il y a quelque chose d’assez fascinant chez Jeremie Albino, et cela tient d’abord à sa voix. Une voix extraordinaire, capable de s’aligner avec une aisance déconcertante sur différentes structures musicales, car après tout, sa musique est conventionnelle, du blues rock aux teintes bluegrass qui ressemblerait à n’importe quel artiste du genre. C’est précisément ce qui me frappe au fil de son set, sa voix possède cette faculté de relever chaque composition, de lui donner une autre dimension. Ah oui, j’oublias, son français n’est pas si pire, pour un gars de Toronto!

Photos en vrac

The Black Keys

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