Lady Gaga

SXSW – Jour 4 | Lady Gaga discute commandite, vomi et rébellion créative

Lady Gaga a su faire un coup d’éclat jeudi soir, au festival SXSW. Lors d’un concert surprise au Stubb’s, l’excentrique chanteuse s’est offerte en barbecue sur une broche (telle une Swine) et s’est faire vomir dessus par une artiste peintre qui se spécialise dans l’art du « dripping par régurgitation ». Gaga est revenue sur la « performance » de la veille et sur une panoplie de sujets lors d’une discussion publique de 60 minutes tenue au Hilton Ballroom.

Millie Browne ; c’est ainsi que se nomme cette Jackson Pollock utilisant pour médium du lait coloré regurgité. D’ordinaire, la jeune dame rejète son liquide fluo sur des toiles, mais cette fois, c’était Gaga la toile.

En abordant le sujet, Lady Gaga s’est défendue d’avoir voulu choquer pour choquer. « Je ne dirai certainement pas que le vomi va changer le monde, mais si ça incite les gens à en parler, à se questionner à savoir si c’est de l’art, alors c’est réussi. »

sxsw-lady-gaga-keynote

Comble de l’ironie, sa prestation était commanditée gros comme le bras par Doritos. « Quand la PDG de Doritos est venue me voir après la prestation, elle s’est mise à pleurer et à me dire que c’était incroyable. J’étais bouche bée ».

Le sujet a rapidement dévié sur cette nouvelle tendance lourde des multinationales qui sponsorisent à gros prix des stunts de vedettes de la musique populaire. Personne ne parle de la prestation de Jay-Z et Kanye West à SXSW sans faire le lien avec le stunt Samsung qui vient avec. Même chose pour Gaga avec Doritos. « Sans commanditaires, il n’y aurait plus d’artistes majeurs ou de festivals majeurs comme ici, parce que les compagnies de disques n’ont plus un foutu rond. »

Selon elle, les critiques envers ces associations ne prennent pas en considération l’état lamentable des finances de l’industrie musicale, qui est à la dérive. « Tout est une question de s’associer avec des gens avec qui tu connectes, qui ont une vision qui va de pair avec la tienne. »

 

Créativité et transparence

L’année 2013 n’a pas été de tout repos pour Lady Gaga, qui a notamment connu des ennuis de santé. « J’ai passé 4 mois dans une chaise roulante. J’avais dansé jusqu’à ne plus pouvoir marcher ».

Bien que les critiques aient plus ou moins bien accueilli son album ART POP, Gaga en parle comme d’un « baume sur mon âme ». « Je me sentais mal, malade, affaiblie, et les sessions d’enregistrement me faisaient le plus grand bien. »

Lors de la sortie d’ART POP, les ventes n’ont pas été tout à fait la hauteur des attentes, du moins lors des premières semaines. Les médias n’ont pas tardé à en faire tout un plat. « J’imagine que c’est un compliment à mon égard qu’on exige de moi des standards aussi ridiculement élevés en terme de réussite commerciale. On s’attend de moi des ventes démesurées, comme si on avait oublié qu’on n’est plus dans les années 1970, comme si l’industrie musicale se portait encore bien. »

S’il y a une chose de constante dans le discours de Lady Gaga, c’est son obsession pour l’authenticité : être soi-même et ne pas laisser les autres dicter ce qu’on doit faire. Elle martèle ce message comme un mantra. « Si j’avais un conseil à donner à de jeunes artistes, ce serait de faire gaffe à ce que vous vendez. Si vous vendez autre chose que du talent et des bonnes chansons, vous êtes dans la mauvaise business. »

Récemment, Lady Gaga s’est même ouvertement questionné à savoir si le tourbillon de la musique commerciale n’était pas en train de l’avaler, si elle ne devrait pas abandonner le star système. « Je n’ai pas besoin de toute cette énergie négative. Je pourrais très bien être heureuse à jouer au Centre-ville et c’est tout. » Pour l’instant, elle se considère toujours heureuse, grâce, encore une fois, à son entêtement à faire tout à sa manière à elle. « Je me retirerai lorsque je serai obligée d’être autre chose que moi-même. Je resterai moi-même jusqu’à ce qu’ils ferment le cercueil, afin que vous puissiez tous êtres vous-mêmes aussi. »

Photo by Michael Buckner/Getty Images for SXSW

Photo by Michael Buckner/Getty Images for SXSW

* Merci à LOJIQ pour avoir permis la réalisation de ce reportage.

Vos commentaires