Run The Jewels
Critique Publié le

Run the Jewels au Métropolis | Cette fois-ci, c’est la bonne !

Run the Jewels et Montréal ont un drôle d’historique : une fois le groupe avait dû annuler leur venue parce que leur van avait pogné en feu, une autre fois ils n’avaient pas tout donné parce qu’ils jouaient à Osheaga le lendemain. Mais cette fois-ci, ce mardi, fut la bonne.


Première amélioration : le choix des premières parties.

En 2016, lors du passage du duo au Club Soda, les artistes sélectionnés pour ouvrir la soirée étaient clairement des choix mésadaptés. Le rap quétaine de Bliss N Eso et le son très conservateur de The Narcicyst juraient avec l’image de Run the Jewels.

Mais hier, par exemple. Gangsta Boo (qui a d’ailleurs collaboré sur Love Again, tiré de RTJ2), Nick Hook (qui a produit des gros hits genre Olde English de Young Thug avec A$AP Ferg et Freddie Gibbs) et The Gaslamp Killer, un fou furieux derrière des platines.

Déjà là, la soirée partait du bon pied.

Puis arrivent, tout sourire, El-P et Killer Mike. De la seconde où ils ont mis le pied sur le stage jusqu’à la fin de leur set, l’énergie a été dans le tapis.

Talk to Me, Blockbuster Night Part 1, Oh My Darling (Don’t Cry), Stay Gold, Lie Cheat Steal, Run the Jewels. Ils ont consciemment choisi de ne pas intégrer à la liste les pièces plus tranquilles (bien qu’on en retrouve quelques-unes sur leur petit dernier, RTJ3), au grand plaisir d’un Métropolis sold-out et en sueur.

La prestation est bonne. La chimie entre El-P et Mike l’est encore plus. L’intelligence de leurs propos l’est encore plus que plus.

Maudit viarge que ça fait du bien d’entendre, dans un spectacle de rap, un artiste s’adresser à la foule en disant « Si vous voyez une belle fille qui vous plaît dans l’audience… laissez-la vivre. Donnez-lui de l’espace. »

Ça fait changement des gros colons qui scandent « SHOW US YOUR TITS ».

Donc merci pour ça, Run the Jewels. Et merci à Gangsta Boo pour avoir fait chanter « Pussy power! Pussy power! » à une énorme foule probablement pleine de testostérone.

Merci surtout pour le grand moment de spectacle que fut ceci : quand est venu le temps de faire le rappel, Killer Mike s’est aperçu que le vendeur de bières du Métropolis (pour ceux qui y vont souvent, on parle du vendeur qui mesure genre 9 pieds) était en plein milieu de la foule avec un cabaret plein de verres à ras-bord.

Il a donc arrêté la musique et mentionné au gars qu’il allait probablement échapper l’entièreté des consommations quand la chanson allait commencer, parce que ladite chanson serait Close Your Eyes (And Count to Fuck) et que le monde allait perdre la tête.

Pour régler le problème, Mike a donc dit : Donne les bières à tout le monde autour de toi. C’est sur notre bras.

C’est-tu cool ça? C’EST COOL EN TABARNOUCHE.

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