Rock en Seine 2016 | Sigur Ròs, Massive Attack, The Last Shadow Puppets, Iggy Pop, Foals et plus !

Deux semaines après avoir couvert La Route du Rock au pays du camembert et du cassoulet, Sors-tu.ca était de retour du 26 au 28 août à la bordure de Paris pour la 14e édition du festival Rock en Seine.

SAMEDI

Massive Attack, Sigur Ròs, Bring Me The Horizon, Wolfmother, L7, La Femme, Casseurs Flowters…

 

« Journée la plus chaude de l’été », annonce-t-on. À l’entrée, les bouteilles d’eau ne sont pas réquisitionnées.

Ouf.

À l’intérieur c’est le chaos. L’herbe a laissé place à la terre et la poussière. Le public s’amasse sous les arbres et regarde les concerts de loin. On va vite attraper la fin du show du groupe de Rennes Kaviar Special sur la scène de l’Industrie. La chaleur est pesante, et le public a un peu de mal à bouger. Cependant, l’ensemble psych-rock au son très 60s très plaisant fait sans doute partie des belles surprises du week-end .

Les festivaliers, amorphes et calcinés, semblent enfin se réveiller pour l’arrivée du groupe australien Wolfmother. Sur Dimension et New Moon Rising, les mosheurs tentent d’attiser les ardeurs à droite de la scène. Aux premières notes de Woman, l’audience explose.

On aperçoit Andrew Stockdale sourire à plusieurs reprises et exagérer son jeu de scène. Dans le public, on mange la poussière, on prend des coups d’épaule, et malgré les 36°, on jubile.

Déboussolés, on reviens rapidement sur la scène de la Cascade pour attraper le concert du collectif rap « 15e degré et sans prise de tête » Casseurs Flowters. Reconnus pour leur showmanship, Orelsan et Gringe haranguent le public, qui reprend à l’unisson les quelques hits du groupe médiatisés entre autres par un film paru l’an passé, Demain c’est loin.

BMTH @ Rock en Seine

BMTH @ Rock en Seine

Un peu calmés, on décide d’aller donner un essai au groupe de métal britannique Bring me The Horizon sur la grande scène. Devant, un arc-en-ciel de mèches colorées illumine les faux piercing et tattoos éphémères des quinzenaires torturés venus encourager le groupe emmenés par Oliver Sykes.

« En fait BMTH, c’est un peu le Sum41 des années 2010 »

Amusés, à l’injonction « Make some space !!! » nos adolescents (et jeunes adultes il faut l’avouer) forment un gigantesque circle pit et explosent sur l’intro de Happy Song. Le mosh n’infléchira pas pendant toute la durée du show.

BMTH est un groupe solide dans l’ensemble, il y a des morceaux qu’on aime, d’autres un peu moins, mais l’ambiance fut manifestement à son comble pour ce qui s’annonçait un des concerts les plus musclés du week-end.

C’est les jambes bien lourdes et des bleus plein les bras que l’on repart, en canard, à la quête d’un sandwich et d’un brin d’herbe, tandis que le phénomène français La Femme « recherche des sensations » à coté sur la Cascade. Certains artistes défilent au même moment au Village du disque pour dédicacer leurs productions. Une autre des nouveautés de cette édition.

Des surprises : Edward Sharpe & The Magnetic Zeros et Sigur Ròs

Laminés par notre après-midi, on revient nonchalamment vers 21h de l’autre coté du domaine alors que le collectif Edward Sharpe & The Magnetic Zeros vient de monter sur la grande scène. À vrai dire, on ne savait pas vraiment à quoi s’attendre. On connaissait vaguement une chanson ou deux, sans plus. Mais les 10 musiciens qui composent ce groupe hippie-folk américain n’ont pas laissé le public indifférent. Devant, ça chante, ça danse. Derrière, comme nous, les gens semblent tomber des nues. « C’est pas mal en fait ! ».

Et puisqu’on parle de surprise… Il est près de 22h lorsque le trio islandais Sigur Ròs investi la scène de la Cascade. Avec des pads électroniques, le groupe ouvre d’une manière étonnante sur Óveður, et l’excellente Staràlfur. Montée en arrière des instruments, dans la pénombre, une installation métallique étrange soutient un store à demi-ouvert derrière lequel nous distinguons à peine les trois comparses.

Levée de rideau. Sur Sæglópur, le trio se jette sur le devant de la scène, et explose. Un mapping video prodigieux complète l’expérience, en jouant sur la profondeur entre l’installation métallique et l’écran posé en arrière de la scène. L’ensemble nous transporte dans des dimensions étranges et fantasques. Désemparés, on frissonne.

Massive Attack

Le retour sur terre est difficile. On repart en courant en direction de la Grande Scène pour accueillir ce qui semblait la plus grosse tête d’affiche du week-end. Deux ans après la prestation très remarquée au même endroit de l’autre monument du trip-hop anglais Portishead, nous étions inquiets de ce qu’allait donner la performance de Massive Attack, il faut l’avouer…

Alors que Robert Del Naja, Grant Mashall et le reste du groupe investissent les lieux avec Hymn of the Big Wheel, posé en arrière de la scène, un écran commence à diffuser des question existentielles (et un peu superficielles) du type « Qu’est-ce que la vie ? ».

Le début de la performance visuelle semble avoir du mal à convaincre le public. Certains spectateurs s’indignent, « Pfff, c’est vraiment nécessaire ? ».

Musicalement, ça part fort. Les anglais lancent quelques-uns de leurs titres cultes, comme Risingson, ou Man Next Door. Une batterie électronique et une batterie acoustique soutiennent le monstre de manière exemplaire de part et d’autre de la scène.

Les messages prennent soudain une dimension très politique. On y fait référence au Brexit, à l’avenir du Royaume-Uni et de l’Europe, à la situation au Moyen-Orient, et à Daech. Robert Del Naja prend la parole, s’excuse auprès des Français pour les choix politiques des Britanniques. La foule acclame ses dires et explose. L’ancienne icône du groupe, Tricky vient de faire son apparition sur scène pour interpréter Take It There.

Bien joué Rock en Seine.

L’écran lance finalement un ultime message, sous forme de conclusion, alors que Safe From Harm et Unfinished Sympathy parachèvent la belle prestation des Anglais : « Nous sommes tous dans le même bateau ».

La soirée ne fût pas très dansante, mais nous rentrâmes tous un peu chamboulés cette nuit-là, c’est certain.

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Par ici le compte-rendu du dimanche :

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