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Festival de Jazz de Montréal 2015 – Jour 7 | James Vincent McMorrow… en solo

Peu d’artistes osent se risquer à proposer un spectacle solo dans une salle de l’ampleur du Métropolis. Contre toute attente, James Vincent McMorrow s’y est essayé jeudi soir dans le cadre du Festival de Jazz, pour le plus grand plaisir de ses nombreuses fans, mais décevant au passage ceux et celles qui apprécient davantage l’emballage musical électro-folk de son répertoire.


 

Rien ne laissait croire, au préalable, que l’Irlandais allait se produire seul sur scène. La marquise, l’affiche, la description sur le site du FIJM… On ne pensait pas avoir droit à une prestation solo.

Pour les inconditionnelles de McMorrow – elles étaient nombreuses à l’orée de la scène – c’était la totale, un tête-à-tête rêvé, et elles ont passé leur soirée à en crier leur joie. Quelques dudes à l’avant ont aussi poussé quelques « On t’aime, James! » à de drôles de moments. #Bromance

Pour les autres, beaucoup plus espacés sur le parterre dégarni, c’était moins emballant. Entre la voix de fausset de McMorrow et les cris stridents des admiratrices, la soirée s’est déroulé dans les hautes fréquentes, c’est le moins qu’on puisse dire.

Au moins, pour un gars qui propose que des chansons tristes, il est plutôt drôle, le James V.  Ses interventions, souvent triviales, le rendaient fort sympathique, même s’il parlait de la pluie, du beau temps, des films d’avion et quoi encore.

James-Vincent-McMorrow-Montreal-2015-5

Mais côté chansons, la formule solo exposait plusieurs de ses faiblesses, notamment au niveau de l’écriture. Sans batterie, ni vrombissement du clavier, ni banjo, ni slide guitar, If I Had A Boat devient soudainement une chanson sentimentale sans grande originalité, au refrain faiblard :

If I had a boat / I would sail to you / Hold you in my arms / Ask you to be true

Il y a des boys bands qui se contenteraient de ça volontiers… et qui le chanteraient avec moins d’inflexions.

On constate également que pour un fan d’Elliott Smith, McMorrow se contente de très peu sur le plan du jeu de guitare, et son chant, sans accompagnement musical conséquent, sans grooves rythmiques somptueux, prend des airs affectés qui font ressortir un peu grossièrement le côté emo de l’artiste. Souvent, lors des premières chansons jouées à la guitare acoustique, on avait l’impression d’être à un concert de City and Colour, alors que ses interprétations au clavier inspiraient davantage un Bon Iver solo. Inutile de dire que le deuxième cas était plus agréable que le premier.

Parlant d’Elliott Smith, l’artiste a entrepris de rendre hommage au défunt génie de la folk-pop en interprétant sa très jolie Angeles. Encore là, la comparaison est cruelle…

Sa courte interprétation a cappella du classique My Funny Valentine de Sinatra, tout juste avant la belle Red Dust, ainsi que le triplé Follow You Down to the Red Oak Tree, Breaking Hearts et Cavalier, se sont avérés les moments les plus convaincants de la soirée, même si cette dernière illustrait la vulnérabilité de sa voix de ventre.  Ça et à la toute fin du rappel, lorsque l’artiste a interprété And If My Heart Should Somehow Stop complètement débranché.

C’était un pari risqué, et ça n’aura pas été une grande réussite au final. Une salle plus intime (et donc mieux remplie) aurait été plus appropriée pour ce genre d’exercice. Mais encore là, James Vincent McMorrow n’est peut-être tout simplement pas le genre d’artiste idéal pour un spectacle solo de 90 minutes. Pas avant d’avoir écrit suffisamment de bonnes chansons pouvant être défendues dans cette formule sans merci.

 

Grille de chansons

Hear the Noise That Moves So Soft and Low
We Don’t Eat
My Funny Valentine (a capella)
Sparrow and the Wolf
Red Dust
Track 2
Higher Love (de Steve Winwood)
Follow You Down to the Red Oak Tree
The Lakes
Evil
Gold
Angeles (d’Elliott Smith)
Down the Burning Ropes
Breaking Hearts
This Old Dark Machine
Look Out
Cavalier

Rappel

If I Had a Boat
And If My Heart Should Somehow Stop

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