Randy Bachman
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Entrevue avec Randy Bachman | Sortir de sa zone de confort et retourner aux sources

À 71 ans, Randy Bachman semble plus jeune que jamais. Membre fondateur des formations légendaires The Guess Who et Bachman-Turner-Overdrive, et compositeur de dizaines de chansons à succès dont American Woman et Taking Care of Business, le célèbre rockeur lance un nouvel album le mardi 14 avril, un disque 100% blues sur lequel on retrouve plusieurs invités de marque.

Courtoisie de hennemusic.com

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Sors-tu.ca s’est entretenu récemment au téléphone avec Randy Bachman à propos de ce nouveau projet.

Heavy Blues est un hommage au genre de musique qui a inspiré Bachman à devenir guitariste et chanteur. « Ce qui m’a le plus influencé à mes débuts fut “l’invasion britannique”, l’arrivée de The Who, Cream, Hendrix et Led Zeppelin. Aux yeux d’un guitariste comme moi, cela signifiait un son de guitare plus puissant, de plus gros amplis. C’était excitant. »

C’est Neil Young, un ami de Bachman de longue date, qui lui a donné récemment l’idée de consacrer un album entier à ce genre de musique. « Je venais de signer un nouveau contrat de disque, et Neil m’a alors dit : fais quelque chose que tu n’as jamais fait avant. Tu n’as jamais fait de blues. Nous avons grandi en jouant du blues, et au fil du temps nous nous sommes tournés vers le country rock, la pop, le rock plus lourd et tout ça. Il m’a dit : retourne à tes racines. »

Pour ce faire, Bachman est sorti de sa zone de confort en employant un réalisateur, rôle qu’il a l’habitude de remplir lui-même sur ses albums . Kevin Shirley, qui a travaillé notamment avec Rush, Iron Maiden, Journey et Led Zeppelin, a donc pris le contrôle de l’enregistrement de l’album. « C’était étrange, et quelque peu effrayant », raconte Bachman. « L’enregistrement s’est fait en seulement quatre jours! »

« Le projet a pris vie de lui-même.  J’ai eu l’impression de perdre le contrôle dès le premier jour.  C’était merveilleux de laisser aller les choses, de pouvoir tout laisser entre les mains de Kevin, que je connais depuis plus de vingt ans et en qui j’ai totalement confiance. »

« J’ai tout donné dans ces chansons – une combinaison de ma tête, mon cœur, mon âme et mes doigts. Je me suis laissé aller totalement, et avoir un réalisateur était génial, car il me disait quand c’était assez, quand ce n’était pas assez, et il me poussait à me dépasser. Et lorsqu’il fut enfin satisfait, mon travail s’est terminé. Je n’avais plus à y penser. »

« Ce n’est qu’un mois après l’enregistrement que Kevin m’est revenu avec les chansons. Sur l’une d’elles, il avait ajouté un solo de Joe Bonamassa. J’ai fait wow! »

Emballé par le résultat, Randy Bachman a entrepris dès lors de demander à quelques-uns de ses amis de contribuer à l’album en jouant des solos sur ses chansons. Scott Holiday (du groupe californien Rival Sons), Robert Randolph, Luke Doucet (de la formation Whitehorse), Peter Frampton, Neil Young et même le défunt Jeff Healey, dont la performance fut tirée d’un enregistrement réalisé peu avant sa mort en 2008, ont tous leur moment de gloire sur le disque.

« J’ai sept guitaristes incroyablement talentueux qui donnent un peu de leur cœur, de leur âme et de leur personnalité sur cet album, et qui font de celui-ci un disque extrêmement intéressant pour toute personne qui apprécie la guitare, qui a envie d’entendre différents styles de guitares. »

L’enregistrement des différents solos s’est fait à distance. « Tout le monde était en tournée, nous ne nous sommes pas vus en personne. Dans chaque cas, on leur envoyait la piste, ils enregistraient leur solo dans leur autobus de tournée, leur chambre d’hôtel ou leur studio, et ensuite ils nous le renvoyaient et nous l’intégrions dans la chanson. Tout ce qu’ils ont joué a été gardé, il n’y a pas de montage. Et ça rend le tout plus excitant, tous les défauts de la performance sont intacts, il n’y a pas de couper/coller pour rendre le tout plus beau et plus propre. »

Cette façon de travailler, rapide et sans filet, est ce que Bachman retient le plus de son expérience avec Kevin Shirley.

Courtoisie de Paperblog

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« J’ai appris que la façon dont on enregistrait nos albums au début avec les Guess Who est encore la meilleure : 3-4 gars dans une même pièce, quelques micros, on fait 3 ou 4 prises et on choisit la meilleure – ou celle qui a le moins d’erreurs, et on met ça sur le disque. Peu importe les défauts, les gens s’en foutent. Ils veulent ressentir les émotions que l’on a ressenties en studio. C’est tellement facile d’être parfait avec les ordinateurs et tout ça. Personne n’est parfait. Les gens aiment les imperfections. »

« C’est un album spontané, live, plein d’énergie. En studio, on ne se souciait pas de savoir si des gens écouteraient l’album ou s’il jouerait à la radio ou même s’il se vendrait.  C’est nous, simplement, qui nous amusons comme des gamins.  Et Kevin Shirley agissait un peu comme un directeur de camp de vacances, et c’est comme s’il nous disait : voilà les enfants, voici votre espace pour jouer, vous avez vingt minutes, allez-y et amusez-vous!, et c’est ce qu’on a fait. »

Randy Bachman s’est adjoint les services de la batteuse Dale Anne Brendon et de la bassiste Anna Ruddick pour former un nouveau trio simplement nommé BACHMAN. C’est ce groupe qui joue sur le disque et qui sera en tournée aux quatre coins de l’Amérique du Nord dans les prochaines semaines.

« Le spectacle est composé de six ou sept chansons des Guess Who, retravaillées avec le nouveau groupe; six ou sept chansons de B.T.O.; et trois ou quatre nouvelles chansons blues. Et vous allez entendre les vieux hits comme vous ne les avez jamais entendus.  Les deux filles et moi les interprétons un peu comme si c’était The Who ou Led Zeppelin qui les jouaient.  Undun en particulier est totalement incroyable – ce n’est pas la version jazzy que je faisais avec les Guess Who, c’est très très heavy! ».

 

Randy Bachman et ses musiciennes seront en concert au Théâtre Corona le 16 avril prochain. 

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