Entrevue avec Flora Luna | La nuit porte conseil
Flora Luna, alias de Geneviève Freynet, a fait ses premières armes avec son frère dans le duo Freynet, avant de se lancer en solo. En 2024, elle faisait paraître un premier EP, L’autre bord du mur, alors que la Franco-Manitobaine compte maintenant également un album sous la casquette : Symphonie nocturne, lancé vendredi dernier, est une ode aux nuits trop longues et aux pensées qui nous envahissent lors de ces instants de rêverie. Entrevue.
De Geneviève Freynet à Flora Luna : pas de lien entre les deux noms, d’où sort alors le pseudonyme de Flora Luna?
« Je suis une artiste qui aime écrire la nuit, quand je suis toute seule avec mes pensées. Il n’y a pas de distraction, justement. Alors je dis toujours que je suis un petit peu comme une fleur qui s’ouvre sous la Lune, parce que la Lune m’accompagne un peu dans mon écriture. » Flora Luna écrit la nuit, enregistre également la nuit quand elle en a l’occasion : et son Symphonie Nocturne, doit-il s’écouter la nuit? « Je pense que oui! C’est dans le titre aussi. »
Quand le soleil se couche…
Encore une artiste à découvrir, Flora Luna propose une pop alternative rappelant, d’après elle, le son d’autres pointures pop canadiennes comme Feist, Klô Pelgag et Salomé Leclerc. « Souvent, dans ma façon d’écrire, il y a des progressions d’accords qui ne sont pas très conventionnelles, je dirais, avec une poésie qui accompagne ça. » Flora Luna est originaire de Winnipeg, et elle y vit encore. Elle nous raconte que l’environnement dans lequel vit un artiste peut grandement influencer ses résultats de composition.
« Je pense qu’il y a une richesse, aussi, dans la musique francophone qui vient de l’ouest du Canada, qu’on entend peut-être un peu moins au Québec, nous partage Flora Luna. Par exemple, chez nous, le paysage est très vaste, les cieux sont très vastes aussi. Alors il y a cette sensation d’espace qu’on amène souvent dans notre musique, puis qu’on entend dans la mienne, certainement. »
2026, la musique est partout et nulle part à la fois – on l’écoute dans la voiture, sous la douche, en faisant la vaisselle. Mais rarement bien, tranquillement, sans rien faire d’autre. Si c’était le cas, si quelqu’un prenait les 34 minutes nécessaires pour calmement écouter ce Symphonie Nocturne, que devrait-il retenir essentiellement du projet?
« Je pense que c’est un album qui a beaucoup de sonorités différentes. Il y a vraiment des grands moments de vulnérabilité dans l’album, mais il y a aussi des moments très rythmés, très orchestrés. Je dirais que ma voix, c’est peut-être l’instrument principal de mon projet. Je suis d’abord et avant tout chanteuse. Alors, j’aime beaucoup jouer avec tout ce que j’ai dans ma voix pour faire des passages plus intenses versus plus intimes. [On trouve] beaucoup d’émotions dans cet album. C’est un peu comme un voyage, un voyage dans la nuit. »
Une chanson coup de cœur de son propre album?
« La chanson-titre! Symphonie Nocturne. C’est une chanson qui parle de cette liberté qu’on ressent d’être complètement nous-mêmes. Une fois qu’on est dans la nature, puis surtout en tant que femme, il n’y a pas toutes les contraintes [à adhérer aux] normes de la société. On peut juste être complètement qui on est, pour vrai. »
On le sait, on s’en doute : la scène musicale franco-canadienne est tissée serrée. Ayant collaboré avec d’autres membres de cette belle communauté, sur Symphonie Nocturne ou d’autres projets, comme Étienne Fletcher (de la Saskatchewan), Ariane Jean ou encore Alpha Toshineza, Flora Luna perçoit pourtant de l’ouverture chez n’importe qui au Canada, sans forcément sentir une distinction selon la langue.
« J’ai fait quelques grandes tournées en Alberta, en Colombie-Britannique, en Saskatchewan, au Manitoba. Puis c’était surtout dans des communautés quasiment 100% anglophones, alors que la plupart de mon spectacle est en français. Puis, malgré tout ça, les gens ont adoré et j’ai été très bien reçue! Je pense qu’il y a vraiment une ouverture au français dans la musique [au Canada]. »
Et le Québec dans tout ça? Flora Luna a effectué cet été une tournée ROSEQ, en Gaspésie et sur la Côte-Nord, ouvrant alors en première partie pour les spectacles de Gilles Valiquette. Aucun concert n’est encore prévu dans la province en 2027, mais Geneviève Freynet promet qu’elle travaille « fort pour revenir ». « On va vous garder au courant », dit-elle.
* Photo par Marcel Druwe.
En fin de conversation, après avoir parlé du présent, un peu du futur de Flora Luna, nous parlons du passé de l’artiste. De son historique, son amour pour l’art.
« Je viens d’une très grande famille de sept enfants. Et puis, mon père est un artiste visuel, ma mère est une musicienne. J’ai grandi avec la musique ou les arts en général, qui étaient vraiment au cœur de notre quotidien, avec mes frères et sœurs, raconte Flora Luna. Mes plus grandes passions, c’était de chanter et d’écrire de la musique. Et puis, quand j’ai eu 18 ans, j’ai décidé qu’il fallait que je fasse d’autres choses, parce que je voyais un petit peu les défis auxquels faisaient face mes parents en étant artistes. Alors je suis partie à Ottawa pendant huit ans, j’ai fait des études postsecondaires, j’ai fait une maîtrise en éducation. Puis après tout ça, j’ai décidé que “non, je dois retourner à la musique, parce que je peux plus me le cacher”. C’est plus fort que moi. Alors je dis toujours que c’est pas moi qui ai choisi la musique, mais c’est vraiment la musique qui m’a choisi. Je ne peux pas m’en passer! »
Vous pouvez écouter Symphonie Nocturne sur Bandcamp, ainsi que consulter le site officiel de l’artiste.
* Cet article a été produit en collaboration avec Flora Luna.
- Artiste(s)
- Flora Luna
- Ville(s)
- Winnipeg
- Catégorie(s)
- Canadien, Francophone, Indie Pop, Pop,
Événements à venir
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mercredi
avec Caroline Savoie, Flora Luna, Shauit et McLean
Lieu : Centre des Arts Shenkman

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