Ghost

Critique | Ghost B.C. au Théâtre Corona

Plus d’un an après sa première venue montréalaise, la procession satanique suédoise Ghost était de retour ce mardi 7 mai, encore au Théâtre Corona. Et encore une fois, le spectacle valait le détour.

Photo par Renaud Sakelaris.

Photo par Renaud Sakelaris.

La salle est très bien remplie pour un soir de semaine. Bien remplie pour l’un des groupes les plus singuliers récemment apparu sur la planète métal : de mystérieux scandinaves aux tuniques noires et aux visages masqués, menés par un anti-pape terrifiant mais au chant clair et mélodique.

Une soirée sous le signe de la croix inversée, où des centaines de personnes scanderont les refrains honorant le malin.

Alors que les encens sont allumés (pour le coup même si on parle du diable, ça sent meilleur qu’un concert de Watain), l’introduction de Infestissuman retentit et les lumières s’éteignent pour qu’une ovation accueille l’arrivée des Suédois masqués.

Une ovation plus forte encore salue l’entrée du Papa Emeritus II pour Per Aspera Ad Inferi, tiré du nouvel album de GHOST, désormais renommé GHOST B.C à la suite d’un problème de droit d’auteur. Mis en valeur par un excellent éclairage, le maquillage du chanteur est impressionnant, on ne voit que ses petits yeux briller au milieu de sa tête de mort, coiffée d’un chapeau papal orné de la croix inversée à l’effigie du groupe. L’effet est saisissant, et le charisme du leader en est décuplé.

La température monte encore puisque le groupe enchaîne quatre chansons de son désormais classique premier album Opus Eponymus, à commencer par l’excellent Con Clavi Con Dio. Bien que peu fort, le son reste très bon et nous permet d’apprécier l’excellent niveau de tous les musiciens.

Le public continue à chanter pendant l’efficace Elisabeth. GHOST B.C est bien conscient que c’est surtout son premier album qui l’a fait connaître, et la grille de chansons lui donne la part belle, avec des classiques comme Stand By Him, Death Knell dans une version allongée, et Satan Prayer.

Puis, alors que l’instrumental Genesis semble annoncer la fin de la messe noire, le groupe nous donne un final magnifique avec Year Zero, suivi de l’inévitable Ritual, un morceau qui s’impose comme un classique avec des riffs et solos de guitares remarquables d’inspiration. GHOST B.C en donne encore avec un rappel, Monstrance Clock : « Come together for Lucifer Son ! »

Alors peut-être que pour ceux qui les avaient déjà vus au même endroit l’année dernière, il n’y avait pas autant de magie que la première fois, mais il faut reconnaître que les Suédois sont uniques. Quel groupe aujourd’hui peut donner un spectacle si spécial, avec quelque chose de solennel, presque inquiétant, un culte satanique autant affiché, tout en ayant une qualité musicale aussi remarquable ?

Le paradoxe est intéressant entre l’image diabolique du groupe et sa musique plutôt lente et mélodique, quelque part entre Black Sabbath avec des claviers organiques à la Deep Purple, et des costumes blasphématoires plus black metal que 70’s.

Malgré des prix exorbitants à la table de marchandises (35 dollars un chandail, diablement cher), on ne peut que saluer la performance de ce groupe qui sort des masses. Hail Satan, bravo GHOST.

 * Les gens de Québec pourront vivre l’expérience ce soir (8 mai) au Théâtre Petit Champlain (!!).

Photos en vrac
(par Renaud Sakelaris)

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