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Critique | Dan Mangan + Blacksmith au CNA (Ottawa) : Un nouveau son qui fait son effet

Un show parfaitement ficelé avec des musiciens qui excellent et qui savent exactement comment et où amener son public : c’est ce à quoi les gens dans la salle, bien assis à leur place (précisons-le), ont pu avoir de Dan Mangan + Blacksmith vendredi au Centre national des Arts (CNA).

Dan Mangan arrive sur scène avec les musiciens de Blacksmith, plongé dans une noirceur mystérieuse. Chacun prend sa place et la table est mise pour une heure et demi de musique et de mise en scène brillamment orchestrée ainsi qu’un enchaînement de chansons qui fera naviguer le public entre l’ancien et le nouveau Mangan.

À la première note de Offered, la lumière fuse sur scène et on découvre les visages des collaborateurs qui influencent d’avantage le son de Mangan à la suite de la réaffirmation de l’alliance entre le Vancouvérois et Blacksmith avec l’album Club Meds.

Photo par Nadia

Dan Mangan à Montréal plus tôt cette semaine. Photo par Nadia Davoli.

 

Musiciens de talent

Il suffit de peu de temps pour qu’on redécouvre le talent des six musiciens sur scène à la fin de Vessel, la deuxième pièce interprétée, avant que Dan adresse quelques mots expliquant l’origine des paroles de Start With Them, qui en dit long sur son parcours, ses origines et l’importance qu’il accorde à la compréhension et à la sensibilité de l’être. Mangan retrouve l’authenticité qu’on lui connaît avec la simplicité “guitare sèche/micro” avant que les membres de Blacksmith viennent ajouter leur grain de sel à cette pièce sans la dériver de son style original.

En prélude à Post-War Blues, Kenton sert une bonne dose de batterie avec un solo qui confondra les sceptiques du talent des artistes qui entourent Mangan. Qu’on soit adepte ou pas de ce genre d’amusement en concert, la salle est conquise et le rythme puissant et rapide imposé provoquera plusieurs hochements de têtes et réactions sonores.

 

Engagé

En passant du nouveau son de Clubs Meds en revenant au folk plus brute de l’album Nice, Nice, Very Nice, ce n’est qu’à la pièce Mouthpiece que Mangan livre un franc discours sur ces impressions de l’appareil politique, un sujet qui prend tout son sens au CNA qui se trouve à quelques mètres du Parlement du Canada. Lors de son interprétation, on le sent engagé et préoccupé de la capacité des gouvernements à prendre en main d’importants enjeux.

De l’engagement politique, la transition se fait vers l’engagement du coeur avec Pine for Cedars qui laissera la salle silencieuse, accrochée à chaque note, chaque parole de cet “hymne à la rupture”.

Kitsch, la pièce dominante du dernier projet de Mangan+Blacksmith, sera la dernière avant un rappel qui ne se fait pas attendre, mais il profite tout d’abord de ce moment pour lancer à la blague qu’il est difficile de saisir l’appréciation des spectateurs dans une “salle professionnelle” comparativement à des bars, un environnement qui lui ait plus familier pour performer.

Ce voyage avec Mangan se termine avec un rappel (Basket, XVI et Sold) plutôt traditionnel (mais efficace) et avec une invitation aux gens à fredonner les accord de Sold, notes qui suivront les spectateurs jusqu’à la sortie de la salle.

Photo par Nadia Davoli.

Photo par Nadia Davoli.

 

 

Première partie – Hayden : le « drôle de musicien »

Première chose frappante de Hayden : son humour. Les rires dans la salle donnent vite une ambiance décontractée pour recevoir ce que l’artiste indie folk aux résonances parfois country a à offrir.

Entre les neufs pièces tirées de ses différents albums, Hayden accompagné de ses trois musiciens se promèneront entre différentes émotions et des sonorités variées, mais avec un fil conducteur toujours présent dans le style précis de l’artiste.

Multidisciplinaires, ils s’échangeront de rôles aux différents instruments à plusieurs reprises, ce qui provoquent des changements de rythme et d’énergie. Hayden naviguera du clavier à l’harmonica, en passant par la guitare pour s’adapter et vivre chacune des pièces choisies.

Du synthétiseur à la M83 au folk rappelant parfois du Wooden Sky, Hayden surprend et n’a pas de mal à se laisser découvrir.

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