Tommy Néron au Gésu | La beauté de la vulnérabilité
Mardi soir avait lieu au Gésu la première médiatique du spectacle de l’humoriste Tommy Néron, Les fleurs poussent encore. Son talent naturel de communicateur, secondé par la mise en scène de Laurent Paquin et l’expérience de Korine Côté à la script-édition, représentaient déjà une valeur sûre. Mais au-delà de tout ça, la performance qu’il a livrée a nettement surpassé les attentes.
Ça faisait longtemps qu’on s’était amusé autant lors d’un premier one-man-show. Les fous rires étaient fréquents, autant pour ses nombreux collègues humoristes assis près de nous – Erika Suarez, juste devant nous, souvent pliée en deux ! – , que pour « les Moldus qui avaient payé leurs billets », comme il s’est amusé à dire en fin de soirée.
Ses deux collaborateurs prenaient place côte à côte au centre de la salle, pour partager ce moment marquant dans la carrière du jeune humoriste gradué de l’École Nationale de l’Humour (ENH) en 2022.
Sa feuille de route est déjà impressionnante : animations de galas, les soirées Tommy & Friends (2022 à 2024) au Club Soda et au MTelus, co-animations et collaborations à la radio, pour ne nommer que ça.
De son entrée sur scène jusqu’à sa sortie, on s’est amusé. Un point fort non négligeable : aucun souvenir d’avoir entendu un seul sacre et il arrivait quand même à puncher très facilement. Quelques humoristes de sa génération devraient prendre exemple. Ses propos parfois anecdotiques, parfois inspirés d’expériences personnelles où il expose ses vulnérabilités, ont évidemment touchés et rassemblés. Et son humour d’observation lui servira tout au long de sa carrière, très habile de ce côté-là.
Droit dans le mille
Il a débuté en abordant ses options de choix de carrière, lui qui rêvait d’être philosophe. Il a finalement constaté qu’il y avait des avantages à exercer son métier d’humoriste ; deux siestes par jour et se faire applaudir quand il entre au travail.
Dans le désordre, sans tout dévoiler, il a abordé les thèmes des inéquités sociales, de l’importance des choix des prénoms à la naissance, de ses difficultés à prouver qu’il n’est pas un robot quand il est sur le web, des différentes méthodes d’éducation selon les générations (les tableaux d’émotions vs le bonhomme sept heures : « Le monsieur qui va venir te tuer dans ton lit »), les rencontres d’un soir sur Tinder où il suggère une nouvelle approche aux femmes en cas de « panne », sa vision du bonheur grâce à sa médication et les conseils de sa psychologue, les recettes sur le web, les épisodes de dating de sa mère.
En conclusion, il a insisté sur l’importance de retrouver « son coeur d’enfant » et de faire preuve de bienveillance envers soi, malgré les difficultés de la vie. Parce que malgré tout ça, Les fleurs poussent encore.
Des remerciements sincères
Avant de quitter, l’artiste a eu la délicatesse de remercier beaucoup de gens autour de lui (équipe Encore, amis, collègues, public, médias ), comme on le voit fréquemment. Nous le soulignons davantage ici parce que le trémolo dans sa voix dégageait une sincérité évidente. Des moments comme ceux-ci donnent tous leurs sens aux arts de la scène et démontrent l’importance de soutenir notre culture en occupant nos salles de spectacles.
Tommy n’est peut-être pas devenu philosophe, mais disons plutôt qu’il rend la philosophie accessible, à sa façon.
Louis Girard-Bock en première partie : le feu aux poudres
C’est Louis Girard-Bock qui assume la première partie de Tommy depuis le début de sa période de rodage, et ça paraît ! Il a présenté un numéro efficace, combinant la surprise et le sens du punch.
Originaire de l’Outaouais et issu de la même cohorte (ENH) que son complice, il a partagé au public son amour du métro dès son arrivée à Montréal et ses expériences des appartements mal isolés et mal insonorisés. Disons qu’il a fortement invité les jeunes à profiter du nid familial le plus longtemps possible.
Même s’il est facile d’associer leurs styles en humour, on ne peut pas dire qu’ils sont inspirés par le même vécu, pas du tout même. Alors que Louis grandissait confortablement dans une grande maison d’une mère professionnelle, Tommy collectionnait les jouets remis par les banques alimentaires… et partageait l’eau de son bain avec des inconnus.
Expliqué comme ça, ça peut paraître bizarre… et ça l’est! Bref, Louis a excellé dans le rôle qu’on lui a confié ce soir et sa performance a été très bien accueillie.
- Artiste(s)
- Louis Girard-Bock, Tommy Néron
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Gesù
- Catégorie(s)
- Humour, Québécois,
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