Styx

Styx au Centre Vidéotron | La magie opère encore

Ce samedi 24 octobre, Québec vibrait au rythme de l’un des groupes les plus emblématiques du rock américain : Styx !

Avec plus de 50 ans de carrière, et suite à l’arrivée du chanteur canadien Gowan en 1999, le groupe continue de marquer les générations grâce à ses harmonies vocales exceptionnelles, ses envolées de guitare, ses claviers grandioses et ses mélodies inoubliables.

De Come Sail Away à Renegade, en passant par The Grand Illusion, Lady, Blue Collar Man et Suite Madame Blue, Styx fait revivre les plus grands moments de son impressionnant répertoire.

À la suite du décès inopiné de la chanteuse canadienne Sass Jordan, survenu le 2 octobre dernier à l’âge de 63 ans, c’est le groupe québécois Mentana qui prend la relève et assure la première partie du spectacle de ce soir.

L’aventure Styx

Mon aventure avec Styx commence en août 1981, dans le mythique Colisée de Québec fraîchement rénové pour les Nordiques de Québec. Pour la tournée grandiose que proposait Paradise Theatre, une dépêche journalistique fit sourciller les amateurs de rock à l’époque : la structure du toit du Colisée n’aurait pas été suffisamment solide pour supporter tout l’équipement technique du groupe ! 45 ans plus tard, le vieux Colisée est toujours debout et le nouveau Centre Vidéotron a déjà vieilli. Il ne manque qu’une équipe de hockey professionnelle.

Je retrouve donc aujourd’hui le groupe qui à l’époque a ouvert mes connaissances et mon univers musical sur le rock progressif américain. Même si le répertoire de Styx dans les années 1970 comportait des compositions aux forts accents commerciaux, contrairement à des groupes britanniques comme Genesis ou encore Yes, la musique du groupe de Chicago portait en elle la même passion musicale de composer des hymnes qui traversent les décennies.

Chacun avait son préféré : pour certains c’était le romantique Dennis de Young avant qu’il ne quitte le groupe, pour d’autres, le jeune blondinet Tommy Shaw et les rocker appréciaient surtout James Young pour ses envolées de guitare. Tout le monde y trouvait son compte.

Que le spectacle commence

Une scène dépouillée s’offre aux spectateurs venus acclamer leurs idoles de jeunesse. The Mob Rules de Black Sabbath, époque Dio, réchauffe les enceintes. C’est pratiquement plein ce soir au Centre Vidéotron. Dès les premières notes de Fooling Yourself, c’est les frissons. De retour à la nostalgique fin des années 1970, et il en sera de même tout au long de la soirée : Build and Destroy, seule pièce du nouvel et excellent album, Circling From Above, était au répertoire. Pour ma part, j’en aurais bien pris deux ou trois autres nouvelles chansons afin de les voir prendre vie sur scène.

Étant assis tout de même à l’autre bout de la patinoire, j’aurais bien aimé voir la mimique des artistes sur scène. Voir leurs sourires, leurs mimiques et leur jeu technique individuel. Bien que l’écran en arrière-scène projette de magnifiques vidéos, l’ajout d’écrans latéraux aurait comblé mes attentes.

Contrairement aux différentes prestations de Styx avec Gowan auxquelles j’ai assistées, ce soir, le classique A Criminal Mind laisse sa place à Moonlight Desires, succès qu’il avait endisqué avec le légendaire chanteur de Yes, Jon Anderson.

Mine de rien, c’est déjà la mi-parcours du spectacle et un succès n’attends pas l’autre. Les envolées de guitares entre Tommy Shaw et James Young colorent la fresque musicale de The Grand Illusion alors que Gowan vient interpréter The Best Of Times, faisant du même coup oublier Dennis DeYoung, compositeur original du titre. Signe des temps, le parrain de Styx, James Young, âgé de 76 ans, doit s’asseoir à l’occasion.

Pas besoin de vous dire que la qualité sonore et la performance des artistes sur scène sont de haut niveau. Les harmonies vocales sont à couper le souffle et les arrangements musicaux sont mis en valeur par Terry Gowan à la base, Todd Sucherman, à la batterie de Styx depuis 1996, et Will Evankovich, le petit dernier du groupe présent depuis 2021 seulement.

C’est l’ovation pour Tommy Shaw, qui est fier d’interpréter Crystal Ball qui célèbre son 50e anniversaire de création cette année.

C’est le moment de présenter les musiciens, et Gowan, contrairement à son habitude, sous le coup de l’émotion, cafouille un peu dans un français tout de même plus qu’acceptable. Il compare même James Young comme étant aussi vieux que Champlain.

Suite Madame Blue et Come Sail Away viennent mettre un terme à ce concert de bien trop courte durée. Tout le monde a un souvenir précis se rapportant à cette pièce. Un premier slow collé, un premier baiser. Un party, une ride en auto ou de l’air guitar pour la finale des Americaaaaa !

Petite incursion dans l’univers de Serge Fiori et Harmonium avec Pour Un Instant interprété par Gowan. Il invite par la suite Chuck Panozzo, cofondateur de Styx, qui participe occasionnellement aux concerts du groupe en tournée, à rejoindre ses comparses sur scène pour Come Sail Away.

La mal-aimée Mr. Roboto et finalement Renegade, de l’album Pieces of Eight, viennent clore ce fabuleux spectacle dense et compact de 90 minutes.

C’est le cœur léger que les spectateurs quittent l’enceinte du Centre Vidéotron ce soir. Malgré l’absence d’écrans latéraux, la musique a parlé d’elle-même. Les admirateurs voulaient des succès, et des succès, il y en a eu plein. Toutes des chansons classiques, mis à part une nouvelle pièce. La nostalgie nous en a mis plein les oreilles.

Mentana

Fondé en 2010 à Montréal, Mentana propose un mélange de folk, d’americana et de country. C’est une occasion particulière à l’époque pour le chanteur-guitariste Robin-Joël Cool, qui admire depuis sa jeunesse Styx, ainsi que le chanteur et claviériste canadien Lawrence Gowan, de partager la même scène.

Mentana est connu pour avoir popularisé la pièce Pas le temps de travailler.

Une rencontre entre deux générations de musiciens que plusieurs décennies séparent, mais qui unit une même passion pour les grandes mélodies et les spectacles théâtraux. Le groupe est bien accueilli par les fans de Styx malgré le style complètement différent des vedettes de la soirée. En contrepartie, j’aimerais bien les revoir dans le cadre d’un festival acadien, St-Roch XP, et bien sûr au FEQ l’été prochain.

Grille de chansons de Styx

Fooling Yourself (The Angry Young Man)
Lorelei
Build and Destroy
Too Much Time on My Hands
Moonlight Desires –
Gowan –
The Grand Illusion
The Best of Times
Light Up
Crystal Ball
Rockin’ the Paradise
Blue Collar Man (Long Nights)
Suite Madame Blue
Come Sail Away

Rappel

Mr. Roboto
Renegade

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