Ramon Chicharron

Ramon Chicharron au Quai des Brumes | Couleurs de Medellín sur Montréal

Le chouchou des musiques latines actuelles à la sauce colombienne relevée a créé avec son groupe de musiciens tout un effet de buée sur la dernière (espérons-le) froideur hivernale dans la salle unique du Quai des Brumes. Spectacle généreux, chaleureux à souhait et multicolore, avec ses élans francs de cumbia, salsa, reggae et rythmiques d’ailleurs.

Chicharron n’est pas le patronyme de l’artiste, et il le précise au public avec humour dès le début. Cette façon de communiquer simplement comme avec des potes procure une impression agréable d’être un invité spécial à la fête musicale. Car pour Ramon et ses musiciens, pas de place pour l’affaissement ou la critique sociale. Lâchons notre fou, un point c’est tout ! Enchaînant les titres de ses quatre albums (Pescador de Sueños, Destello de estrellas, Niebla et Uepaje), chaque chanson invite à danser. L’effet de la champeta, cette danse originant de Carthagène, en Colombie, avec ses influences soukous et caribéennes. Dans la petite salle du Quai, libération de vibrations sound system pour le plus grand bonheur des fans de tous les âges et de tous les horizons socio-culturels.

L’artiste auteur-compositeur-interprète cultive un don pour le rapprochement humain. Une grâce pour le « collé-collé » qui chasse toute onde virtuelle néfaste au réel contact avec son prochain. Toujours optimiste et branché sur des messages solaires, Ramon Chicharron a l’intention de colorer nos esprits par son attitude latino anti-déprime. Et il y parvient haut la main, lorsqu’il entonne son hymne Colores sur une mélodie reggae bonbon doux comme le miel, extrait de son album Niebla qui lui a valu un prix Félix de l’album de l’année – Musique globale l’an dernier.

À la guitare comme au chant, Ramon est de ces artistes dont le plaisir est la clé de sol, l’oxygène scénique. Aucun snobisme ne l’habite ni d’arrogance. Dans la foule compacte, que des regards étincelants de joie, des sourires comme celui que l’on dessine sur un transat face à la Mer des Caraïbes. Le talent des musiciens, dont son guitariste accompagnateur prodigieux, tout droit venu de Recife, au Brésil, démontre une maîtrise du jeu musical tropical et fusion selon un seul commandement : l’enthousiasme.

Montréal a de la chance de compter sur un artiste aussi inspiré et doué pour les harmonies tropicales que Ramon Chicharron. Le « Manu Chao du Québec ». Son sentiment d’appartenance et sa connaissance musicale prend tout son sens lorsque le groupe reprend le classique Tassez vous de d’la des Colocs en finale. Clin d’œil touchant à la formation, à la mémoire de Dédé Fortin qui prenait place sur la même scène du Quai des Brumes, à leur Genèse dans les années 90. Soirée vitaminée pour une centaine de personnes privilégiées qui affichent une mine radieuse après ce traitement tropical sensoriel.

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