crédit photo: Agence Juste pour rire
Gala Les Olivier

Oui, une femme a gagné un Olivier: discussion avec Odrée Rousseau, scripteure et auteure lauréate de deux Oliviers

Dimanche soir avait lieu le gala Les Olivier, événement annuel qui récompense les humoristes québécois. Un point qui a (malheureusement) retenu notre attention est le fait qu’aucune femme en nomination n’a gagné d’Olivier. Ceci dit, l’équipe de Sors-tu tenait à féliciter Odrée Rousseau, auteure, scripteure et scénariste en humour qui a remporté ses deux premiers Olivier pour son travail sur Les pires moments de l’histoire (avec Charles Beauchesne) et Top Dogs: Homicides. Pour l’occasion, nous en avons profité pour discuter avec elle du sujet qui a fait couler beaucoup d’encre depuis dimanche soir: le manque de représentativité en humour.

Le sujet n’est pas nouveau. Le milieu de l’humour a longtemps été un boys club et la vague de dénonciation de cette année porte à croire que le travail n’est pas terminé. Par contre, plusieurs femmes réussissent extrêmement bien en humour et ce depuis plusieurs années. Alors, pourquoi le gala des humoristes tarde-il à mettre en lumière le travail des humoristes féminines? « J’ai l’impression que c’est un ensemble de facteurs, entâme Odrée Rousseau. Au fil des ans, les femmes comme Mariana Mazza ou Lise Dion qui remportent des Olivier gagnent dans des catégories comme « meilleur vendeur » et « choix du public », des catégories où le public décide qui gagne », enchaîne-t-elle.

À cet égard, on sent un certain décalage entre les fans d’humour et ce que les jurys des Olivier récompensent.

« C’est peut-être des biais inconscients de la part de ceux qui votent », continue l’auteure. « Mais ceux qui ne sont pas récompensés une fois de plus sont tannés. »

Travailler dans l’ombre

Le problème semble aussi être dans la manière que l’Association des professionnels de l’industrie de l’humour (APIH) met (ou ne met pas) de l’avant le travail des humoristes féminines lors de son gala. Quand on s’attarde aux détails, peut-être que le gala de dimanche aurait pu avoir meilleure presse si l’APIH avait fait les choses autrement, pense Odrée: « Cette année, l’équipe qui travaillait sur le gala était majoritairement féminine. Puis, contrairement aux autres catégories où c’est maintenant le cas, le nom des gens ayant travaillé sur les textes dans la catégorie « podcasts avec script » n’étaient pas mentionné et il y avait plusieurs filles dans ces équipes-là. » Malheureusement, le fait que l’équipe soit majoritairement composée de femmes, dont Justine Philie et Korine Côté qui étaient les deux scripteures, n’a pas retenu cette information qui était mentionnée en fin de gala.

Dans les deux cas, l’APIH aurait peut-être dû mettre ces informations davantage de l’avant. Pour Odrée Rousseau, cela démontre autant le problème du manque de femmes en nominations que le manque de reconnaissance pour le travail des auteurs. « En me levant ce matin, on voyait partout qu’aucune femme n’avait gagné d’Olivier, alors que ce n’est pas vrai. [ndlr : on s’en cacherait pas, ça a été notre cas…] Malheureusement les gens ne sont pas au courant car notre métier reste souvent dans l’ombre », dit-elle.

 

Pour Odrée Rousseau, cette première victoire aux Olivier aura été sous le signe des émotions partagées. Contente pour tous ses amis ayant remporté des Oliviers, contente d’avoir gagné et partageant la colère des femmes qui se sentent sous-représentées dans les nominations, l’auteure termine sur une note plus positive: « Ce qu’il y a de bon au moins c’est que les gens le remarquent,  maintenant, qu’il manque de diversité chez les personnes en nomination. »

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