Jérémy Demay

Jérémy Demay à l’Olympia | Entre l’ombre et la lumière

Depuis plusieurs années, Jérémy Demay fait la promotion du bonheur avec une joie de vivre davantage contagieuse qu’irritante. Après le spectacle « Ça arrête pu d’ben aller », qui a effectivement bien marché, et le best-seller « La liste », il nous revient avec un deuxième spectacle solo intitulé « Vivant », dont c’était la première médiatique mercredi soir dans un Olympia presque complet et comblé.

Employant un ton léger et sans prétention, l’humoriste d’origine française connecte d’emblée avec son public, forçant les spectateurs à se lever debout et taper des mains dès l’instant où il foule la scène. Sa bouille farouchement sympathique lui permet d’amener la foule dans tous les univers qu’il souhaite, autant les plus farfelus que les plus délicats. Demay assume ses propos avec la même franchise rafraîchissante qu’il utilise depuis le début de sa carrière. Comme c’était à prévoir, il a (brillamment) commenté les allégations d’inconduites sexuelles qui pèsent contre Éric Salvail avec une blague impliquant une pizza à l’ail et un chandail…

L’humoriste ne se fait pas prier pour taquiner l’auditoire. Un rire à la tonalité étrange. Une réaction en retard. Une protestation. Tout passe dans son radar. Ses improvisations s’avèrent si justes et succulentes qu’on se demande presque s’il n’en prépare pas certaines à l’avance! Tout au long de la soirée, Jérémy Demay précise le but derrière ce spectacle : montrer toutes les facettes de sa personnalité qui le rendent vivant et pas seulement celle lumineuse et chaleureuse qui a forgé sa réputation.

Besoin de renouveau

Malheureusement, cette volonté de profondeur ne se traduit pas réellement dans les textes. Les clichés sur des sujets communs abondent. Les problèmes de construction à Montréal, les gens provenant de régions éloignées, péter au lit, l’inconfort lié à un examen de la prostate donnent lieu à des blagues faciles et paresseuses qui ne démontrent pas tout le talent de l’artiste. Par contre, la majorité du public n’y voit que du feu, obnubilée par la proximité que Demay entretient avec lui.

Vivant offre un spectacle de stand up dans sa plus pure tradition. Pas de décor. Seulement un tabouret et des éclairages. Cette mise en scène épurée concorde parfaitement avec la vedette de la soirée qui enchaîne les one liners à un rythme inconstant. Certains thèmes souffrent d’un manque de développement. Dès qu’un moment devient plus touchant et sensible, l’humoriste brise l’émotion avec des gags convenus comme son amour pour les jokes de mon’oncle. Ces gags convenus réussissent à faire sourire poliment uniquement grâce au delivery et au timing impeccables de Jérémy Demay. Ses réflexions sur l’obsession l’image et l’essentiel apport de la mort à la vie n’arrivent pas au bon moment dans le spectacle. Si elles sont présentées en conclusion, elles auraient bien plus d’impact. Exceptionnellement, la finale de la première en a eu un positif puisque Alex Nevsky a fait une apparition surprise pour interpréter la chanson thème du spectacle.

Alexandre Douville casse la glace

En guise de première partie, la révélation de l’année au Festival Juste Pour Rire, Alexandre Douville, contraste délicieusement avec le ton de Jérémy Demay. Douville parvient à faire quelques blagues surprenantes sur des sujets maintes fois visités comme les sacres et son allure de criminel. Par contre, la trop courte durée du segment (entre 5 et 10 minutes) a un peu nui au créateur, rendant le tout éparpillé.

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