Charles Bradley
Critique Publié le

Festival de Jazz de Montréal 2017 | Charles Bradley et de l’amour plein le Métropolis

L’aigle hurlant du soul, monsieur Charles Bradley, foulait encore une fois les planches montréalaises ce beau mardi, au grand soulagement de ses nombreux fans qui ont craint pendant un moment de perdre leur chanteur adoré.


Vers la mi-2016, on confirmait que monsieur Bradley était atteint d’un grave cancer à l’estomac. C’était peu de temps après qu’un autre cancer eut emporté sa collègue Daptone et amie, la grande Sharon Jones, donc la frousse de ne pas avoir la chance de revoir Bradley sur scène était réelle.

Mais Charles Bradley n’est pas le genre de gars à se laisser défaire par un p’tit maudit cancer.

On parle d’un gars qui en a arraché (vraiment arraché) toute sa vie, pour finalement devenir une star dans sa soixantaine.

Fait qu’au yâbe la maladie, Charles se relève, tout sourire, saute dans un de ses nombreux suits à la flamboyante flamboyance et vient brailler son amour sur toutes les scènes qui l’accueillent.

Parlant de ses suits incroyables, hier il était sapé de ce qui sont peut-être les meilleurs habits qu’il ait eus à date.

Le premier (parce qu’il y en a toujours 2) était un ensemble boléro-pantalon d’un rouge vif, orné de diamantins qui finissaient par former les initiales du chanteur, au col. Dans le dos, les diamants formaient une grosse tête de pharaon.

Pourquoi un pharaon? Pourquoi pas, les chums.

Le deuxième, et vraiment pas le moindre, était un deux-pièces entièrement fait de paillettes. Genre 100% en paillettes. Même ses bottes étaient pleines de paillettes. Il y avait aussi de la luxuriante fourrure noire au col et aux manches. Et quand il flattait les paillettes dans le sens inverse des coutures, l’habit devenait blanc.

Charles Bradley, 68 ans, a vécu dans la rue une longue partie de sa vie, vient de se faire enlever la moitié de l’estomac, et il se tient là, à hurler devant une foule en délire, habillé comme un mix entre une boule disco et Puff Daddy en ’99.

Comment ne pas l’aimer. Au-delà de la musique (quoi que c’est dur de passer par-dessus des hits comme Ain’t It a Sin, You Put the Flame On It, How Long, Changes), Charles est fondamentalement magnifique à voir en spectacle. C’est comme une session pastorale.

Il preach l’amour, l’acceptation, il pleure, il distribue des roses.

Et il trouve même le moyen de faire un commentaire politique subtil, en terminant la soirée sur Why Is It So Hard (« to make it in America » est le reste du refrain) le soir du 4 juillet, fête nationale américaine.

My man.

 

EN PLUS

En plus, en première partie, le seul groupe montréalais à la hauteur de ce contrat: The Brooks.

Ça faisait du bien de voir le groupe en dehors de son Dièse Onze habituel et devant une si grande foule. Ils ont assuré. Et à voir les sourires sur le visage des membres du groupe, les gars savaient qu’ils étaient en train d’assurer.

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