La Grande Sophie

Festival de Jazz de Montréal 2015 – Jour 5 | The Barr Brothers sur la Place des Festivals

Pour son grand événement de mi-festival, le Festival de Jazz de Montréal avait invité les montréalais d’adoption The Barr Brothers à monter sur la grande scène de la Place des Festivals, mardi soir. 

Photo par Benoit Rousseau

Photo par Benoit Rousseau

Pas de chance pour les frères Barr: la météo s’en est mêlée et la pluie précédant la soirée a probablement contribué à rétrécir la foule présente. Impondérable de la vie d’un festival.

Les humeurs de Dame Nature de côté, on nous promettait tout de même tout un événement, axé sur une mise en scène et un décor à en mettre plein la vue. Les attentes étaient hautes et pourtant, l’enthousiasme n’était pas au rendez-vous.

Côté décor, c’était intéressant. Une superbe structure aux allures rétro décorait l’arrière-scène, mais avait aussi sa fonction utile lors de certains morceaux: l’objet servait d’instrument à percussions à quelques reprises. Ingénieux. Au-dessus des musiciens planaient d’immenses cubes colorés, constitués entièrement de caisses de lait. Écologique et joli jumelé aux jeux de lumières.

Mais côté performance, ça manquait d’équilibre et de rythme. La prestation était partagée entre des moments très lents, calmes et de grosses doses d’énergie, qui créaient des contrastes inégaux.

Photo par Benoit Rousseau.

Photo par Benoit Rousseau.

Les Barr Brothers étaient accompagnés à maintes reprises d’invités, dont Robbie Kuster aux percussions sur Garden entre autres et Mamadou Kouyate, balaphone en main, sur Little Lover. Les deux musiciens ont d’ailleurs pris part à l’excellente Half Crazy, une pièce plus blues-rock que folk, propice à l’improvisation, qui a réveillé la foule à mi-parcours.

Même réaction juste avant le rappel, avec l’aussi blues Lord I Just Can’t Keep From Crying. Disons qu’on en aurait pris plus de ce type et moins du genre Come in the Water ou How the Heroine Dies, qui s’éternisaient et dont les circonstances ne poussaient pas à l’appréciation de morceaux plus doux.

 

Watson + Pink Floyd au rappel

Patrick Watson s’est également joint au groupe pour la toute dernière chanson du rappel, Shine on You Crazy Diamond, une reprise de Pink Floyd. Une reprise quasi-parfaite qui, malgré qu’elle manquait peut-être de personnalité, soulevait enfin une réaction. On aurait bien aimé voir Watson prendre part à une chanson des Barr Brothers ou entendre une reprise de Watson lui-même, mais le groupe a préféré nous laisser sur un classique.

Au final, le style musical et le souci du détail des musiciens ne se prêtaient pas au contexte, au lieu, à l’ambiance d’un spectacle extérieur de grande envergure. La belle énergie du groupe ne se transférait pas à la foule, qui restait plutôt stoïque, voire timide. Une certaine communion entre le public et l’artiste aurait pu remplacer l’ambiance festive attendue, mais même cette connexion ne s’est pas produite.

Et pourtant, le groupe a du talent. Mais ce talent s’apprécie mieux dans un environnement fermé, voire intime, propice à la concentration et à l’envoûtement, qui arrivera à mettre en valeur la complexité et la profondeur de leurs compositions. Meilleure chance la prochaine fois.

Photo par Benoit Rousseau.

Photo par Benoit Rousseau.

Dave Douglas et son projet High Risk

Plus tôt en soirée, l’excentrique trompettiste Dave Douglas présentait le fruit de sa collaboration avec les maîtres Jonathan Maron (basse), Mark Guiliana (percussions) et Shigeto (DJ).

Son projet High Risk ouvre « un nouveau chapitre de sa saga exploratoire électro-jazzistique », nous dit-on.

Quelques photos :

Grille de chansons

Oscilla
Even the Darkness Has Arms
Wolves
Deacon’s Son
Come in the Water
Garden
Half Crazy
How the Heroine Dies
Already Change
Little Lover
Beggar in the Morning
Static Orphans/Love Ain’t Enought
Never Been a Captain
Lord I Just Can’t Keep from Crying

Rappel
Please Let Me Let It Go
Shine On You Crazy Diamond (reprise de Pink Floyd)

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