Entrevue avec Xavier Caféïne | Ligue Rock: Les 10 ans de Gisèle

Pour la sixième année du festival, la Ligue Rock propose une brochette d’artistes vétérans se mêlant à la scène underground actuelle. Pendant trois week-ends, Michel Pagliaro, Groovy Aardvark, Les Hôtesses d’Hilaire, Les Breastfeeders et plusieurs autres se partageront la scène entre Montréal, Québec et Saint-Hyacinthe. En tête d’affiche figure aussi Xavier Caféïne, qui a accepté de rencontrer l’équipe de Sors-tu.ca à l’occasion du 10e anniversaire de l’album Gisèle.

L’opus avait été orchestré dans un contexte de remise en question, comme un dernier souffle artistique. Jonglant avec l’idée de retourner à l’école, Caféïne a ainsi légué son testament du rock en signant un premier album solo. Dix ans plus tard, le musicien avoue ne pas avoir pensé souligner l’anniversaire de Gisèle. « Je suis un peu comme un mercenaire de la musique. Je ne fais pas beaucoup le bilan de ce qui est arrivé parce que, en général, je n’ai pas contrôlé les résultats. J’ai juste fait de mon mieux. Je continue d’être dans le moment présent ».

C’est plutôt le fondateur et organisateur de la Ligue Rock qui lui a proposé de marquer le coup. Sébastien Collin, gardant de bons souvenirs du passage de Xavier à l’Asile de Joliette, tenait à mettre cette décennie en lumière sur les planches du festival. Flatté par l’invitation, Caféïne, qui ne s’est jamais considéré comme une tête d’affiche ou une première partie, voit d’un bon oeil cette reconnaissance coïncidant avec ses vingt ans de carrière. « Je ne compte pas vraiment, je ne pense pas dans ces termes-là, mais quand quelqu’un […] veut rendre hommage, c’est un honneur. »

Pour l’occasion, l’auteur-compositeur-interprète sera accompagné de son « van band » composé de ses confrères Samuel Plante et Alex Crow à la six cordes, de Vincent Peake à la basse et Michel « Away » Langevin à la batterie. Les spectateurs devront s’attendre à une prestation assez fidèle de l’album culte, servie avec la spontanéité de James Brown. « Je pense [que l’album] a été fait d’une certaine façon et si on lui rend hommage dix ans plus tard, il faut être fidèle à ce que c’était. De toute façon, quand je veux refaire le son, je fais de nouvelles chansons », souligne t-il.

Entre Montréal, la grosse pomme et la Californie

Il ne faut pas se leurrer, vivre du rock au Québec n’est pas une tâche facile. Aux yeux de Caféïne, qui se dit survivre plus que de vivre dans le milieu, il est devenu laborieux de subsister du rock, 10 ans après le succès de Gisèle. Dans un domaine où rien n’est à prendre pour acquis, où « on ne peut plus compter sur les ventes d’albums pour faire un peu d’argent et que les cachets ont aussi baissé », être capable de créer de la musique est un exploit en soi.

Après un passage sur la côte Ouest des États-Unis et l’écriture d’une éventuelle comédie musicale « on Broadway », Xavier se dit aujourd’hui plus sédentaire, aux abords « d’un cycle qui se règle ».

Revenu au bout de ses fonds, l’artiste, ayant lui-même subvenu à ses besoins grâce aux recettes de New Love, se prétend satisfait des démarches entreprises. Telle une porte encore ouverte, son aventure à l’étranger n’est pas terminée. « Après mon voyage en Californie, j’ai essayé des trucs qui ont fonctionné et pas en même temps. C’est un peu un mélange des deux », ajoute-t-il.

À l’heure actuelle, alors que la réflexion de retourner sur les bancs de classe lui traverse encore l’esprit, l’artiste en pleine période d’écriture considère, une fois de plus, chacune de ses oeuvres telle que la dernière .« Il faut [que ton album] soit aussi épeurant que le premier et aussi intense que ton dernier. » Pas encore de date de sortie prévue : Xavier prend le temps « d’avoir quelque chose à dire » avant de livrer un nouvel héritage.

En spectacle bientôt

D’ici là, Caféïne ouvrira le bal de la Ligue Rock à Montréal le 16 février prochain, au Divan Orange. Les Hôtesses d’Hilaire et Lesbo Vrouven, considérés comme des groupes ayant la même attitude de rébellion et d’authenticité musicale selon l’artiste invité, seront aussi à la programmation en soirée. Il faudra attendre au 18 février pour le voir se produire sur scène au Cercle de Québec, avec Royal Caniche et, pour une seconde fois, les Hôtesses d’Hilaire.

Vos commentaires