Ludovic Alarie

Entrevue avec Ludovic Alarie | Capter l’instant

Trois à quatre jours de studio et trois à quatre mois d’écriture plus tard, Ludovic Alarie fait paraître son nouvel album créé entièrement de manière instinctive, démontrant parfaitement la magie du spontané. Il nous ouvre grand la porte de son Appartement.

L’auteur-compositeur-interprète en est à son deuxième album en solo et la pression se fait beaucoup moins forte. « Il y a moins de stress que pour le premier. C’est les mêmes musiciens avec qui je joue depuis relativement longtemps. Il y a une complicité qui s’est développée. »

Son premier album homonyme nous avait offert un avant-goût de tout le potentiel de Ludovic Alarie, explorant les thèmes de l’amour et des relations humaines. « Les thèmes sont assez similaires pour cet album-ci. J’écris pas non plus en terme de thèmes, en fait. Les paroles sont vraiment venues avec la musique. Plus avec la sonorité des mots. Je vois un peu ça comme un puzzle ou un sudoku. Tel mot à tel endroit, un peu à essai-erreur. Je veux voir comment un mot peut avoir une autre signification à un autre endroit, selon la musique. Je ne veux pas que ça accroche à l’oreille, je veux que ce soit le plus naturel possible. […] C’est un peu de la musique à écouter avant de s’endormir. Pour moi, c’est le moment où j’écoute le plus de musique. Ç’a peut-être eu un impact sur l’esprit de l’album. »

Il a choisi plutôt de développer un son autour d’une atmosphère. « C’est assez nostalgique. L’Appartement pour moi, je le vois comme un appartement dans lequel t’as vécu, les souvenirs qui y sont attachés, qui t’étais, comment t’étais dans ce temps-là, et comment t’as évolué dans cet endroit. Ça se rapproche à l’écoute d’un CD que t’as beaucoup aimé durant une période de ta vie, qui te rappelle des souvenirs. C’est plutôt ça l’image derrière le titre. »

La première fois

Ni les thèmes ni les procédés stylistiques de son écriture n’ont été réfléchis avant d’être entré en studio. En fait, tout s’est plus ou moins fait spontanément avec ses musiciens Adèle Trottier-Rivard au chant, Mishka Stein à la basse, Matthew Woodley au drum et Warren C. Spicer à la guitare et à la réalisation de l’album. « On n’a pas fait de répet’ avant avec les musiciens. Je voulais vraiment arriver en studio et capter les premières idées des musiciens, donc c’est pas mal toutes des premières take des pièces. Je trouve que c’est plus intéressant la première fois que tu joues une partie, parce qu’après tu vas juste essayer de répéter ce que t’as fait au début, donc je voulais vraiment capter les petites subtilités de la première fois que tu joues la pièce. »

Ce n’est pas la première fois qu’il tente cette expérience en studio. Il avait fait le test avec Rester muet ce qui l’avait inspiré à procéder de cette façon sur la production de l’album. « C’est plus facile pour moi. Quand j’écris tout, tout seul, ça peut aller dans tellement de directions différentes et je suis un peu perdu. Si je laisse aller et que c’est vraiment avec les musiciens, ça vient naturellement, ça va prendre une direction sans trop avoir à y penser. »

On le sait bien, la première fois n’est pas toujours absolument parfaite. Ce n’est qu’une petite minorité des morceaux qui ont nécessité l’ajout d’un petit quelque chose. « C’est pour ça qu’il y a des synths. Ç’a été rajouté après, en majorité. Mais c’est tout. Peut-être un peu d’overdub de guitare, mais la base a vraiment été faite avec les musiciens en studio. »

Différentes formules

Comme Ludovic l’expliquait, les mélodies de l’album ont toutes une sonorité nostalgique, ce qui est parfait sur album, mais en show, le chanteur souhaite pouvoir amener le son plus loin. « Sur l’album, il y a plein de parties instrumentales, des jams, donc ça va être le fun en show d’encore plus pousser cet aspect-là. L’album est assez calme donc c’est sûr qu’on va lui donner plus d’énergie. Mais en même temps, en général, je préfère les albums qui restent sur un même niveau. J’aime moins les albums où il y a beaucoup de montées. »

En spectacle, Ludovic Alarie s’amusera à retransformer ses morceaux, non pas en changeant le rythme ou le genre, mais plutôt en changeant l’instrumentation. « Je commence à travailler sur des nouvelles formules. Je monte un spectacle duo où toutes les pièces sont réarrangées. C’est vraiment axé sur le jeu de guitare avec les arpèges. C’est le fun de retoucher aux pièces et les réarranger. Avec mon premier album, j’ai beaucoup fait ça, j’avais comme dix formules différentes, dix formations différentes. Ça m’a permis de jouer avec les arrangements. »

Le lancement de L’Appartement de Ludovic Alarie aura lieu le 31 janvier prochain au bar Le Ritz P.D.B. « J’ai hâte. Ça va être la première fois qu’on joue l’album. C’est le fun de vraiment faire un show complet, pas juste une formule 5 à 7. » L’événement débute dès 21h et est gratuit. Vous n’avez donc aucune raison de manquer ça.

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