KROY
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Entrevue avec KROY | Un premier album aux dualités assumées

Camille Poliquin n’en serait pas à son premier succès. Depuis le tabac causé par Milk & Bone, son duo avec Laurence Lafond-Beaulne, la jeune artiste ne cesse de progresser et d’amener son art vers de nouveaux sommets. Avec son premier album solo SCAVENGER sous le nom de KROY à paraître le 23 septembre prochain, Poliquin réussit à se démarquer tout en gardant des éléments propres à elle, soit sa voix cristalline et des rythmes électro-pop accrocheurs. Incursion dans son univers.


Après quatre ans d’existence, le moment était venu pour KROY de déballer du nouveau matériel. Son premier EP birthday paru en 2014 lui permit de mettre la table à ce premier album qui démontre une maturité et une plus grande profondeur dans l’instrumentation. On peut d’ailleurs rapidement le constater en écoutant les deux versions de Monstrosity et River, deux pièces du EP qui se retrouvent en version améliorée sur l’album.

D’ailleurs, le temps passé entre la création de KROY et le premier album a pu paraître long pour les fans, mais ce temps fut nécessaire à l’artiste pour bien placer son style et d’aller chercher la motivation et les ressources requises. « De faire un cheminement seul, il y a beaucoup plus de temps morts, parce qu’un moment donné on a besoin de se reposer et je suis la seule leader là-dedans. Il n’y a personne qui va venir me chercher pour me dire au travail! »

L’équipe gagnante

Par contre, une fois la bonne équipe trouvée, la jeune auteure-compositrice-interprète a pu finaliser l’écriture de SCAVENGER. C’est avec l’aide de Marc Bell et Pascal Shefteshy que l’album a pris forme tout en lui permettant d’aller plus loin dans son exploration musicale.

L’écriture collaborative n’était donc pas un souci pour KROY. « J’aime qu’on puisse se lancer la balle et d’avoir un processus créatif ensemble, d’avoir des gens de confiance aussi qui me proposent des idées et jamais, de prime abord, je les prend pas. Dès qu’ils me disent quelque chose, c’est clair que je vais le considérer parce que je les ai choisis et c’est des gens en qui j’ai confiance. »

Je pense que c’est important si on s’entoure, de s’entourer de gens avec qui on veut travailler pour vrai.

Ces collaborations n’ont tout de même pas affecté le style de l’artiste et l’ont plutôt bonifié tout en restant dans ces sonorités électro-pop qu’on lui connaît bien. Il est tout de même intéressant de constater le contraste entre les rythmes plus dansants et entraînants et les paroles plus mélancoliques et sombres de ses chansons.

« J’aime le fait que les gens puissent écouter la musique sans porter attention aux paroles et penser que ce soit un album justement un peu plus pop ou d’écouter juste les paroles sans écouter la musique et penser que je suis au bord du précipice », nous explique KROY. « En écoutant les deux, j’espère que ça fait un alliage intéressant. J’adore dire des affaires qui sont super dark, mais sur une mélodie un peu comptine, j’aime ça ces clash-là! »

Faire des chansons, je pense que si je le faisais pas et si je le faisais pas de cette manière-là, je pourrais pas être de bonne humeur dans la vie.

Image trompeuse

À première vue, KROY nous apparaît comme une entité mystérieuse et sombre avec l’imagerie en noir et blanc et son look au penchant gothique moderne. Ce souci dans l’image du projet était essentiel pour Poliquin, étant elle-même très inspiré par tout ce qui est beau, mais un brin imparfait. « La perfection se trouve dans plein d’autres affaires que quelque chose qui est léché et qui est safe. J’aime aussi aller chercher quelque chose d’un peu moins safe avec ma musique, avec mon visuel aussi, juste pour aller nudge les gens, pour les réveiller. »

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L’international en vue

Avec cette image un peu tordue mais élégante, KROY est déjà en route vers la conquête des marchés internationaux. Avec le présent album qui sortira en version courte aux États-Unis sous l’étiquette Honeymoon, le rêve d’une carrière mondiale est à ses portes.

Avec des spectacles déjà donnés en premières parties en Europe et aux États-Unis, la réponse a souvent été positive, malgré les difficultés que ce type de performance engendre. D’ailleurs, la jeune artiste a déjà hâte d’aller se frotter à nouveau à ce public. « J’ai hâte d’amener le spectacle complet pour voir ce qu’ils en pensent et avec le nouvel album aussi, ce serait nice! »

Justement en concert, comment sera KROY? « On finalise ça cette semaine, j’ai pas encore fait le spectacle avec les visuels et tout. J’ai plus envie de jouer avec la lumière pour le visuel. Ce sera plein d’éléments lumineux qu’on va essayer de contrôler à partir de nos drumpad. […] À voir! »

Découvrez SCAVENGER vendredi 23 septembre lors de son lancement à Artgang dans le cadre de POP Montréal.

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