Run The Jewels
Critique Publié le

Run the Jewels au Club Soda : Soirée de consolation

En novembre dernier, les adorés Run the Jewels devaient annuler leur spectacle montréalais pour cause de caravane de marchandise qui pogne en feu. Huit mois plus tard, ils sont enfin au Club Soda, en pleine forme, même si ça paraît un peu que le spectacle a été arrangé à la va-vite.

Premier indice qu’on assiste à une soirée de consolation, la table de marchandise du groupe comprend un grand choix de 3 items : une copie CD de Run the Jewels 2, un t-shirt noir et le même t-shirt en rouge.

Mais les véritables répercussions sont les suivantes :


PREMIÈRES PARTIES PEU COMPATIBLES

Dans la tournée normale, c’est le très pertinent groupe new-yorkais Ratking qui assurait la première partie. L’énergie et la palette musicale de Ratking étant très près de celle de RTJ, c’était pas mal la recette d’une soirée parfaite.

Malheureusement, ce sont plutôt l’un peu quétaine groupe australien Bliss N Eso (qui avait une bonne présence par contre) et le rappeur irano-montréalais The Narcicyst, très axé sur le old school, qui ont été appelés à la rescousse.

Les deux formations ont visiblement une bonne carrière, Bliss N Eso ayant présenté une collaboration avec Nas (!) puis The Narcicyst ayant à ses côtés, le temps d’un verse, nul autre que Mos Def (!!). Mais reste que leur hip-hop classique n’était pas le bon accompagnement pour RTJ.

 

OSHEAGA 

Run the Jewels sont aussi de la programmation d’Osheaga, littéralement 24 heures après leur show du Club Soda. Ce qui fait que la salle était un peu moins pleine que supposée, entre autres.

Ce qui explique aussi peut-être le setlist de la soirée, qui pigeait beaucoup dans le premier album du groupe (36’’ Chain, Banana Clipper, DDFF, Sea Legs, A Christmas Fucking Miracle, etc.) au détriment de son plus récent. Peut-être que Killer Mike et El-P ont joué leurs cartes ainsi afin de ne pas offrir le même spectacle aux ceusses qui les verraient deux fois de suite.

Mais Osheaga ou pas, reste que le duo donne dans le haut divertissement. On pouvait le déduire dès leur entrée sur scène, qui s’est faite sur We Are the Champions.

Et ça a duré tout au long de leur prestation. On ne voyait que très peu leur visage (on voyait pas grand-chose, pour être franc. Une des lacunes du Club Soda), mais on pouvait clairement deviner que les gars souriaient.

Surtout que El-P répétait sans cesse à quel point il avait la meilleure job du monde.

Mais le plus plaisant était probablement de voir Killer Mike, du haut de toute sa corpulence, danser et jouer de manière surprennament fluide. L’homme a un sacré charisme et, faut l’avouer, beaucoup de charme.

I move with the elegance of an African elephant
– Mike dans les premières barres de Banana Clip.

On confirme l’élégance.

* Déception personnelle : Aucune chanson de Meow the Jewels n’a été jouée, et aucun félin n’a foulé les planches.

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