Elton John

Critique CD: Elton John & Leon Russell – The Union


Elton John & Leon Russell

The Union

The Union est le fruit de la collaboration entre deux monstres sacrés du rock, Elton John et Leon Russell. Un disque de 14 chansons qui réunit deux grands pianistes, jumelant leurs styles pour donner un tout homogène, organique et sensible, bien que trop long et répétitif.


Hommage à une idole

C’est Elton John qui est à l’origine du projet. Après avoir écouté un album de Russell, qu’il n’avait pas entendu depuis longtemps, il a eu envie de rendre hommage à son idole, le pianiste qui fut sa plus grande influence.

Russell, célèbre auteur compositeur interprète qui a joué avec à peu près tout le monde (et dont la carrière était quasiment au point mort dans les dernières années) accepta l’invitation d’enregistrer avec Elton John.

Sur des chansons principalement écrites par Elton John et Bernie Taupin (et quelques-unes par Russell), les deux hommes promènent allégrement leurs doigts sur leurs pianos, et ont un plaisir évident à jouer et chanter ensemble.

If It Wasn’t For Bad ouvre le bal et annonce la couleur de l’album, un country rock tirant sur le gospel, nappé de Hammond B3, de chœurs, et bien sûr, des pianos de John et Russell. Le jeu de Russell, marqué par une infirmité à la main droite qu’il a depuis la naissance, se marie parfaitement bien à celui de John, qui s’était beaucoup inspiré de Russell au début de sa carrière pour développer son style.


D’autres légendes se greffent

Quelques invités de marque font leur apparition ici et là sur l’album, dont Bono et Booker T. Brian Wilson a créé un subtil arrangement vocal pour les chœurs de la chanson When Love Is Dying et Neil Young vient chanter avec les deux vétérans sur Gone To Shiloh, l’une des meilleures pièces de l’album: une envoûtante ballade sur laquelle les trois timbres de voix donnent chacun une couleur différente à la pièce.


Étirer la sauce

Bien que l’album soit d’une grande beauté et d’une sobriété qui sert le projet – le producteur T-Bone Burnett a enregistré chaque chanson en une ou deux prises seulement, les musiciens jouant tous « live », sans ajouts de couches sonores ou autres manipulations du genre – le disque est manifestement trop long.

Les chansons ont tendance à s’étirer, et celles-ci sont, dans l’ensemble, presque toutes des ballades mélancoliques. On se rend difficilement jusqu’à la fin du disque, et quand on y arrive, on a perdu tout intérêt (ou presque) pour l’entreprise.

Dommage, car la dernière chanson, The Hands of Angels, un cadeau que Leon Russell a offert à Elton John pour le remercier de l’avoir sorti de l’oubli, est particulièrement touchante, et serait plus efficace comme finale sur un album plus concis.

The Union est né de l’admiration que se portent deux grands musiciens, qui ne cherchent plus à se trouver sur les palmarès et qui font de la musique purement par passion, et ça se sent en l’écoutant. Malgré cela, le disque aurait eu avantage à être resserré. Ce qui aurait pu être un grand disque s’avère être, au final, trop long et monotone.

Moments forts :
If It Wasn’t For Bad, Gone to Shiloh, A Dream Come True, , The Hands of Angels

Moments faibles :
Eight Hundred Dollar Shoes, There’s No Tomorrow, The Best Part of the Day, Never Too Old (To Hold Somebody)

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