Half Moon Run

Critique Album: Half Moon Run – Dark Eyes

Half Moon Run - Dark Eyes Half Moon Run Dark Eyes

Le trio anglo-montréalais d’adoption Half Moon Run lance enfin son premier album complet, après avoir épaté la galerie à M pour Montréal et lors de la Bourse RIDEAU (sans compter SXSW, selon ce que rapportent plusieurs journalistes).  À défaut d’atteindre le niveau d’intensité des courtes prestations/vitrines du groupe, Dark Eyes présente tout de même adéquatement les compositions aventureuses et souvent splendides de Half Moon Run.

Non, Montréal n’a pas fini d’épater la planète indie anglo. Quand Arcade Fire se terre et que Wolf Parade se sépare, de petits bijoux comme Braids, Timber Timbre et Grimes surgissent.

Au tour de Half Moon Run d’apporter son grain de sel au genre. En concert, le trio proposait un indie rock à fleur de peau, à la fois vulnérable et puissant, souvent très comparable à ce que proposait Radiohead avant d’entreprendre le virage plus électro de The King of Limbs. Structures de chansons en crescendos, lignes mélodiques superposées avec ingéniosité, rythmes raffinés et texturés, voix ambitieuse de Devon Portielje qui ose s’aventurer dans un registre haut et soucis du détail dans les arrangements, Half Moon Run a de quoi plaire aux amateurs du quintette britannique, sans pour autant calquer bêtement ce qui en a fait un monument.

En écoutant Give Up (qui ressemble à un remix de Reckoner) ou 21 Gun Salute, impossible de ne pas penser au groupe culte d’Abingdon. Mais inutile également d’insister sur ce comparatif puisque Half Moon Run ne manque pas d’originalité.

Car sur disque, un constat nous frappe: l’approche plus organique, les compositions plus folk et l’usage même de la voix de Portielje évoquent davantage Jeff Buckley, alors que les harmonies de voix, qui s’unissent au point de sembler provenir d’une seule et même source, ajoutent un charme rétro, un brin hippie à l’ensemble.

Qui plus est, des moments de groove et de soul ajoutent de jolies couleurs à la palette déjà bien garnies du trio.

Ceux qui ont vu Half Moon Run sur scène s’attendent évidemment à un album d’une intensité enivrante. Ces mélomanes, charmés par les émotions fortes ressenties lors de leur première impression, constateront une certaine retenue dans l’interprétation sur disque, là où les compositions quittent le sol pour planer dans la stratosphère en concert.

N’empêche, on est loin des maladresses habituelles des jeunes groupes dont le premier album est aussi ambitieux. Half Moon Run visait haut et a atteint la cible.

Une belle carte de visite pour un groupe qui collecte les adeptes à un rythme étourdissant.

* Le concert-lancement de Half Moon se tiendra le lundi 2 avril prochain, à la Sala Rossa.

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