Beck

Critique album | Beck – Morning Phase

Beck - Morning Phase Beck Morning Phase

Beck poursuit sa tradition d’excellence avec Morning Phase, un album gracieux et somptueux des grandes occasions.

Depuis plusieurs semaines déjà, on nous présente ce douzième album studio – et premier en 6 ans – comme une sorte de « grand frère de Sea Change », son quasi-chef d’oeuvre de 2002. Ce huitième album révélait un Beck sérieux, sincère, appliqué, tout à fait capable de mettre de côté son petit côté « slacker » de Mellow Gold et sa foisonnante folie d’Odelay! et Midnight Vulture. Une oeuvre foncièrement folk, un peu country, très émotive et entièrement organique. Qui regorgeait de jolis détails, parfaitement mesurés pour orner les superbes compositions, qui ont d’ailleurs très bien vieilli.

Morning Phase pousse un peu plus loin cette facette de Beck. Tant dans les compositions que les arrangements, Beck y brille par sa plume affinée et par la justesse de son interprétation. La mélancolie coule à flot et donne lieu à une sélection de chansons émouvantes.

La plupart des complices de Sea Change y sont de retour, d’ailleurs : Justin Meldal-Johnsen, Joey Waronker, Smokey Hormel, Roger Joseph Manning Jr. et Jason Falkner.  Guitares acoustiques, banjo, mandoline, pedal steel, arrangements de cordes et batteries balayées s’y côtoient  joyeusement, alors qu’un soin particulier a été accordé au traitement de la voix de Beck Hansen, parfois enrichie de réverbération, parfois présentée à l’état pur. Les harmonies vocales y sont aussi splendides, notamment sur Turn Away et Wave.

Posée, placide et un brin tristounette, Morning Phase n’est pas une oeuvre qui s’apprécie rapidement ou dans n’importe quel contexte. Mais l’effort en vaut totalement la chandelle.

Et les fans de Beck, les vrais, y retrouveront avec plaisir le grand génie de la chanson pop, en plein contrôle de son univers.

Tout simplement brillant.

À écouter : Blue Moon, Unforgiven, Turn Away.

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