Weezer

Bluesfest d’Ottawa 2013 – Jour 6 | Weezer, Animal Collective, Solange et Atlas Genius

Gros soleil, grosse chaleur, gros rock sale : n’est-ce pas la formule parfaite pour un festival estival réussi ? C’est précisément ce qui se dessinait pour le jour 6 du Bluesfest d’Ottawa, avec Weezer en tête d’affiche, après une Solange Knowles dépourvue, un « party d’animaux » surréaliste avec Animal Collective et une entrée en matière fort respectable d’Atlas Genius.

Quand Weezer s’assume comme une machine à hits nostalgiques, on peut difficilement demander mieux comme concert/party.

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Rivers Cuomo, de Weezer. Photo par GjM Photography.

À Ottawa comme à Québec la veille, Rivers Cuomo et sa bande n’avaient qu’une intention en tête : en mettre plein la gueule à la foule venue faire la fête au son des 1001 succès du groupe, principalement ceux des trois premiers albums (le bleu, le vert et Pinkerton).

Pas de projections, pas de mise en scène, juste un gros W lumineux et quatre nerds avec leurs instruments et quelques pédales à effets. Et du volume. S’il en manquait aux Black Keys jeudi dernier, ce n’était pas le cas pour Weezer, qui a bénéficié d’une sono parfaitement adaptée à ce genre de besoins.

Dès les premières notes de My Name is Jonas, c’était clair que les tronches allaient avoir leur revanche sur les jocks, un scénario mis en scène à chaque concert de Weezer. Avec un feu roulant de bombes comme Hash Pipe, El ScorchoPhotograph, Dope Nose, Surf Wax America, Island in the Sun, Beverly Hills, Say It Ain’t So, Pork and Beans et évidemment, Buddy Holly juste avant le rappel, ça ne pouvait être autrement qu’un party réussi, une glorieuse montée vers le succès et l’acclamation.

On jalouse toutefois les festivaliers estivaux de Québec qui ont eu droit à Kids au rappel, avec la participation des gars de MGMT, rien de moins. Du côté d’Ottawa, c’était là la seule différence à la grille de chansons : on remplace Kids par… The Greatest Man That Ever Lived, chanson fleuve tirée de l’album rouge, et dont tout le monde semblait se foutre éperdument.

Mais avec Undone (The Sweater Song) comme finale en crescendo, tout était vite pardonné.

Classique, sans détour, mais diablement efficace, Weezer est une valeur sûre en concert lorsqu’il s’assume comme jukebox à gros tubes rock fédérateurs.

 

Animal Collective et le dance party animal

Autre raison de jalouser Québec : en plus de Weezer, les Plaines d’Abraham accueillait aussi MGMT…  Mais du côté des Plaines Lebreton, le rock psychédélique avait tout de même ses dignes représentants : Animal Collective.

Animal Collective = Photo par GjM Photography

Animal Collective = Photo par GjM Photography

C’était un peu étrange d’apprécier l’électro-indie-rock-tribal-sur-les-champignons-magiques du quatuor en plein soleil, sans les éclairages, les projections, l’ambiance visuelle que l’on retrouve généralement lors des concerts du groupe. Même l’immense arrière-plan de la scène était absent – apparemment les organisateurs du Bluesfest avaient crainte que le vent n’endommage la scène… on se rappellera que c’est déjà arrivé par le passé – laissant encore plus de luminosité sur scène, avec le ciel en décor arrière.

Mais Animal Collective est tout de même parvenu à créer un moment inoubliable avec ses cinquante minutes de prestation ingénieusement planifiées. D’abord, une dizaine de minutes de bruit (aka de l’art sonore), progressivement de plus en plus angoissant, puis quelques titres étranges : Comfy In Nautica, I Think I Can et Wide Eyed.

Et peu à peu, la musique de Animal Collective se dirigeait vers des sonorités plus rythmées, des jams tribaux, culminant avec l’entraînante My Girls et Brother Sport.

Le trip d’acide du début faisait maintenant place à un véritable dance party. Même les fans déguisés en animaux – ils étaient une bonne vingtaine à se donner le mot – avaient formé un cercle de danse surréaliste. Oui, oui. Preuve vidéo à l’appui:

Solange et Atlas Genius

Après cette délicieuse dose de folie, la demi-prestation de Solange (Knowles), sur la scène de la rivière, paraissait particulièrement fade.

Photo par GjM Photography

Solange – Photo par GjM Photography

D’abord, le set a débuté avec une bonne dizaine de minutes de retard.  Puis on appelle la « belle et gracieuse » jeune soeur de Beyoncé à monter sur scène sous une ovation considérable. Elle était belle avec ses longues tresses jusqu’aux fesses, sa courte robe rouge et son chapeau estival. Mais manifestement, quelque chose clochait au niveau de l’interprétation.

La première chanson, ironiquement nommée Some Things Never Seem to Fucking Work était un test de son, mais personne ne semblait être au courant, alors l’interruption à mi-chemin semblait inappropriée. Puis Don’t Let Me Down – aussi ironiquement intitulée – sonnait peu convaincante. Il manquait des éléments, si bien qu’à part la batterie et un tout petit peu de guitare, l’instrumentation reposait sommairement sur une « slap bass » un peu fromagée, genre Paula Abdul dans ses années de gloire.

Solange, elle, n’était pas très en voix. Elle ne projetait pas, semblait constamment agacée par les pépins techniques et ses déhanchements arides n’évoquaient aucune sensualité. On avait plutôt l’impression qu’elle trouvait dans ses mouvements académiques ses derniers repères, sa zone de confort dans un contexte déstabilisant.

Il faut dire que la pop de Solange et l’étrange buzz qui l’entoure ont de quoi mystifier le mélomane sceptique. Qu’y-a-t-il donc de si spécial dans ces chansons soul-pop très eighties aux textes faiblards et aux arrangements datés ?

Une chose est sure, ce n’est pas au Bluesfest d’Ottawa qu’on le saura, puisque la belle dame a elle-même admis à son public (un peu tard) que « nous devons nous passer de la moitié des instruments en raison d’un problème technique, alors voici des versions unplugged de ce que vous pouvez entendre sur l’album ».

Au final, la prestation qui était prévue pour une durée de 60 minutes n’en aura duré que 40. Et on en demandait pas plus.

C’était là le seul bémol de la soirée qui avait autrement débuté sur une note très positive avec le concert de la formation sud-australienne Atlas Genius. Les frères Keith (voix, guitare) et Michael Jeffery (batterie) ont prouvé avec brio que le succès de leur premier album When It Was Now n’a rien d’un coup de chance.

Les frérots et leurs musiciens se défendent très bien sur scène et démontrent l’étoffe d’un band fait pour durer. Avec des bombes comme On A Day, Trojans et Back Seat, Atlas Genius a déjà du matériel pour réchauffer les foules les plus froides, et ce n’est qu’un début puisqu’ils n’ont encore qu’un seul album à leur actif.

Mention spéciale à Keith Jeffery qui a eu le culot de « remercier » les deux premières rangées pour leur « enthousiasme » ; il s’agissait de fillettes assises parterre, dos à la scène, qui réservaient les meilleures places en vue du concert de Mariannas Trench plus tard en soirée et boudaient carrément Atlas Genius.

Ça fait partie des joies de la variété musicale d’un festival.

Photos en vrac
par GjM Photography

Weezer

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Animal Collective

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Solange

Solange - Photo par GjM Photography Solange - Photo par GjM Photography Solange - Photo par GjM Photography Solange - Photo par GjM Photography
Solange-Ottawa-Bluesfest-2013-03

Atlas Genius

Atlas Genius. Photo par GjM Photography

Grille de chansons (Weezer)

My Name Is Jonas
Hash Pipe
El Scorcho
We Are All on Drugs
Troublemaker
Photograph
Perfect Situation
Dope Nose
Surf Wax America
Island in the Sun
Beverly Hills
Keep Fishin’
Say It Ain’t So
(If You’re Wondering If I Want You To) I Want You To
Pork and Beans
Buddy Holly

Rappel
The Greatest Man That Ever Lived
Undone – The Sweater Song

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