Anatole
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Anatole au Verre Bouteille | Une ouverture mémorable pour le Taverne Tour

Pendant que Galaxie remplissait le Ministère et que Lydia Képinski en faisait de même à l’Escogriffe, le Taverne Tour battait son plein dans différentes salles et bars du Plateau pour son commencement hier soir. Tout à l’est de l’Avenue du Mont-Royal, le dernier bastion se prénomme le Verre Bouteille, et c’est dans ce cadre tamisé, où bières et alcools forts se partagent la tête d’affiche du menu, que vint la lueur Alexandre Martel. Anatole, pour nom de scène.

À l’inverse des boissons, le Québécois n’est pas tête d’affiche pour cette 4e édition du festival hivernal, mais sa présence scénique pourrait en faire une. Présentant devant un conséquent public des pièces synth-pop de ses albums L.A./Tu es des nôtres (2016) et l’excellent Testament (2018), le loufoque chanteur en aura mis plein les yeux et les oreilles ce jeudi soir. À cette occasion, il était accompagné de quatre musiciens de qualité qui s’occupaient de gérer la basse, la guitare, les claviers et la batterie (quel panache d’ailleurs!) pendant que l’extravagant personnage se trémoussait devant un parterre médusé. Car oui, le public aura été surpris, dès l’entame sur La nausée, de découvrir un personnage haut en couleur, habillé d’un veston beige et d’une chemise aux couleurs chaudes ouverte jusqu’au niveau du torse. La frénésie est totale.

Photo par Camille Gladu-Drouin

Dans une dimension parallèle 

Dans la veine d’un Hubert Lenoir (avec qui il partage la scène dans d’autres accoutrements d’ailleurs), il se balade dans les travées de la foule avec grâce parfois. S’immisçant dans la sphère des gens assis aux tables en devant de scène, il en surprend certains, puis en charme d’autres. Il chuchote des paroles aux oreilles. Il se délecte du silence qui marque la composition intrigante de sa chanson d’ouverture. Maquillé d’un trait turquoise à l’extrémité de ses yeux parfois rougeâtres, Anatole marque sa présence, telle une bête sauvage parfaitement dans son élément naturel. La scène est désormais pour lui. Elle est faite pour lui, à sa juste mesure.

En une chanson seulement, Anatole aura montré aux yeux de ce public attentif comment un artiste, par sa capacité à se rendre dans une dimension parallèle, peut être capable de sublimer sa performance. Chaque pièce musicale pourrait être décortiquée en détails, comme il est coutume de le faire car celles-ci sont recherchées, parfois entraînantes et souvent sensibles. Mais ce serait oublier qu’en ce jeudi soir, l’album n’est finalement que support de la folie scénique entourant le chanteur de Québec.

Photo par Camille Gladu-Drouin

Intenable et surprenant

Intenable, il joua une chanson acoustique sur le comptoir du bar, il grimpa sur une petite table instable face à lui, il dansa avec ce public de tous horizons. Avec Anatole, on est toujours surpris et jamais loin aussi de voir un câble de micro se prendre dans une chandelle comme sur Pluton ou de s’extasier devant des mouvements corporels d’un être possédé sur Donna la folie ou le titre Boulevard des crépuscules.  

Non loin de la conclure son heure de spectacle, le chanteur aura récupéré sa guitare Fender sur Discollins, avec à la clé un solo à la distorsion aussi puissante que sa positive folie. Ce sera l’un des moments les plus épiques de ce concert, qui ouvre de façon mémorable les festivités du Taverne Tour !

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