Two Feet à l’Impérial Bell | Les héritiers modernes de Pink Floyd
Figure singulière de la scène alternative actuelle, Two Feet s’arrêtait ce mardi 7 avril à l’Impérial Bell de Québec, dans le cadre de sa tournée The Next Steps Tour, pour une soirée qui s’annonçait aussi sensorielle qu’hypnotique. Connu pour son alliage de guitares bluesy à la David Gilmour de Pink Floyd, de rythmiques électroniques lourdes et d’une voix feutrée et mélancolique, l’artiste new-yorkais nous invite ce soir à découvrir son univers sombre et enveloppant. Le spectacle met également en vedette The Darcys et Brothel en première partie.
L’HISTOIRE
De son vrai nom Zachary William Dess, Two Feet, âgé de 32 ans, s’est d’abord fait connaître en 2016, lorsqu’il a été propulsé sur la scène indépendante new-yorkaise grâce au succès Go Fk Yourself publié sur SoundCloud. Une percée qui lui a rapidement valu l’attention de l’industrie. Musicien, chanteur et producteur, il a ensuite établi une signature sonore et confirme son ascension avec I Feel Like I’m Drowning, qui a atteint la première place du palmarès Alternative Songs de Billboard en 2018. Depuis ce temps, Two Feet a publié une série d’EP et d’albums qui ont consolidé sa réputation d’artiste au style unique dans le paysage musical actuel.
LE SHOW
Zachary et Two Feet entrent en piste à 21h30 sous des applaudissements bien sentis. Peu volubile, il laisse sa musique parler pour lui. Les musiciens sont au service des chansons et le spectacle tient plus d’une performance artistique que d’un show. Les musiciens à contre-jour ne sont presque pas visibles de la salle. Il n’y a aucun projecteur de poursuite pour les musiciens. Les éclairages stroboscopiques blancs se mélangent aux lumières variables en tons de rouge vif et éclatant. Two Feet expérimente avec des types d’éclairages qu’il ne m’ait jamais été donné de voir sur scène. Le résultat est magnifique et très beau à voir. La musique n’est pas en reste, Two Feet puisant dans le répertoire des pièces les plus connues de son répertoire.
En début de prestation, la puissance sonore nuit à la performance très floydienne de Zachary, mais après quelques chansons, la balance de son se replace. Les pièces sont courtes et s’enchaînent rapidement, sans pause. Les fans, bien que très réceptifs à ce mur de son, demeurent contemplatifs devant tant de puissance. Je me serais attendu à voir les spectateurs danser, mais ce n’est pas le cas. Le public bouge la tête et se balance doucement au rythme des chansons. Chaque envolée de guitare de Zachary enchante les spectateurs. Plusieurs d’entre eux n’ont probablement jamais vu David Gilmour ou Pink Floyd. Les sonorités sont similaires, le style aussi, mais nous sommes encore très loin de la fibre et charge émotionnelle du célèbre guitariste britannique.
Two Feet a offert une performance empreinte d’atmosphères et d’ambiances raffinées jumelées à une qualité sonore de haut niveau. L’ambiance n’était pas celle à quoi je m’attendais, mais il n’en reste pas moins que les fans en ont eu pour leur argent. Bien que les versions studio des chansons de Two Feet soient très bonnes, il n’en demeure pas moins que c’est en spectacle qu’elles prennent tous leurs sens.
Le retour sur scène pour le rappel est complètement démentiel. Two Feet a été très généreux avec les gens de Québec. Offrant généralement des performances oscillant autour de 60 à 70 minutes, nous avons eu droit à une performance de plus de 90 minutes qui culmine avec l’interprétation de I Feel Like I’m Drowning.
Brothel
Brothel, de son vrai nom Marcus Gamboa, est un artiste canadien qui se distingue par une signature sonore envoûtante, sombre et profondément immersive. Dès les premières notes, les murs se fissurent, le toit explose, et le plancher vibre dans un tremblement de terre assourdissant. Une des balances de son les plus fortes qu’il m’ait été donné d’entendre à l’Impérial Bell. Brothel, c’est apocalyptique ! Et imaginez, la soirée ne vient que de commencer.
Le parterre est déjà rempli à pleine capacité et les spectateurs de Québec hochent la tête aux moindres rythmes imposés par Brothel, qui est appuyé par une signature visuelle moderne, syncopée et stroboscopique.
Un trente minutes d’une intensité démentielle et indescriptible. La barre est haute pour le reste des prestations à venir.
The Darcys
The Darcys est un duo alternatif canadien qui fusionne rock, pop et textures électroniques dans une approche moderne et mélodique. Formé du guitariste-chanteur Jason Couse et du batteur Wes Marskell, le duo est porté par des albums comme Warring, Centerfold et Rendering Feelings. Le groupe a récolté plus de 40 millions d’écoutes via son label indépendant.
The Darcys, c’est le côté rock alternatif de cette soirée. Encore une fois, le son est déjà au maximum et la foule se dandine allègrement au son de la guitare électrique et de la batterie du duo. Les séquences électroniques font le reste du travail. À l’occasion, je crois entendre des influences du groupe britannique Muse et des Italiens de Måneskin.
Bien qu’ayant préféré la prestation de Brothel en début de soirée, The Darcys se tire très bien d’affaire, réussissant même à faire chanter la foule à mi-parcours. Une autre performance de 30 minutes qui a su plaire aux spectateurs.
Au prix très abordable de 45 dollars, les amateurs ont eu droit à une soirée électro-rock de très bon calibre ce soir sur la rue St-Joseph Est. Attiré d’abord et avant tout par le style de Two Feet, du haut de mon perchoir, bien installé au deuxième étage, j’ai eu le malin plaisir de pouvoir assister à trois performances toutes différentes les unes des autres, mais provenant de l’univers commun de l’électro.
Photos en vrac
Two Feets
Brothel
The Darcys
- Artiste(s)
- Brothel, The Darcys, Two Feet
- Ville(s)
- Québec
- Salle(s)
- Impérial Bell
- Catégorie(s)
- Electro, Electropop,














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