Mélanie Venditti

Taverne Tour 2020 | Mélanie Venditti et Constance : Deux projets qui s’entrecroisent sur la scène du Quai des Brumes

Le Taverne Tour est à nos portes et ce ne sont pas les spectacles prometteurs qui manquent! Au travers des lancements d’albums et des quelques groupes internationaux, le plateau double de Mélanie Venditti et de Constance, le projet de Guillaume Guilbault, tentera de tirer son épingle du jeu. En marge du concert de ce soir (jeudi 30 janvier) au Quai des Brumes, Sors-tu est allé rencontrer les deux artistes dans leur local de répétition d’Hochelaga.

Entourés des musiciens Étienne Dupré et Mandela Coupal-Dalgleish, les deux artistes ont pris une pause du petit local pas trop ventilé pour prendre l’air un instant sur la terrasse, à l’arrière du bâtiment. L’enregistreuse est au milieu et la conversation est ouverte. Les quatre amis seront sur scène du début à la fin du spectacle, tant pour interpréter les chansons de l’un que pour celles de l’autre.

Collègues de longue date

C’est qu’en plus de partager des musiciens, Guillaume et Mélanie partagent une complicité qui remonte à loin. « L’histoire, c’est qu’il y a vraiment longtemps, Guillaume et moi, on a fait un show ensemble dans un café avec nos guitares acoustiques, raconte Mélanie Venditti. Et après ce show-là, Guillaume est venu me voir pour me dire qu’il avait envie de travailler avec moi, qu’il avait envie de me réaliser. »

Elle pointe les deux autres musiciens assis avec nous. « On a fait un EP [Ep sans titre, paru en 2017] avec ces deux beaux garçons-là dans la maison de campagne des parents d’Étienne à Sainte-Pie. Après ça, j’ai été prise aux Francouvertes : ça m’a donné une échéance. Et on joue tout le temps en groupe depuis ce temps-là. » Ce même quatuor est également derrière son excellent album Épitaphes, paru de façon complètement indépendante l’année dernière.

Malgré tout, ce lundi de répétition est crucial pour arriver bien réchauffé au concert du jeudi. « À la fin, on va se sentir prêts, je pense », avance Guillaume. « Tout le monde était en vacances, renchérit Mélanie. Mandela vient d’avoir un enfant, Étienne est allé au Cambodge pendant un mois et nous, on est allés au Mexique, donc on n’a pas pratiqué. Pis Constance, on n’a jamais fait ses tounes. »

« On essaie des affaires, d’ajouter Étienne Dupré. De toute façon, c’est le fun de faire des shows sur un edge. Parfois, quand tu fais un spectacle vraiment rodé, tu ne te poses pas trop de questions, et ce n’est pas nécessairement une bonne chose. »

Mélanie poursuit la pensée : « Et moins tu as pratiqué, plus tu écoutes les autres en spectacle : ça fait de la bonne musique, parfois, du edge de même. »

 

 « C’est la maison! »

L’excitation sera donc dans l’air au Quai des Brumes, une salle mythique prisée de la scène alternative montréalaise. Comme ses collègues, Guillaume Guilbault adore l’endroit. « Je pense qu’on se sent comme chez nous parce qu’on connait souvent les mêmes gens qui reviennent. Il y a beaucoup de spectacles là-bas, donc on se retrouve tous là après nos shows. On arrive là, et le gars du son, Guillaume, on le connait déjà. Ça change la vibe pour nous. »

« Une journée que t’as un show au Quai, tu te réveilles le matin et tu te dis que ça va être cool, ajoute Étienne. Tu ne te dis pas : fuck j’ai un show au Quai, pis là tu fais de la fièvre et tu capotes… »

En plus d’être témoins d’une bonne dose d’adrénaline, les spectateurs peuvent aussi s’attendre à voir du theremin, un instrument aussi impressionnant que mystérieux. « C’est des champs magnétiques, explique Guillaume, c’est invisible. C’est le mystère. En général, on comprend tous comment une guitare fonctionne, mais pas le theremin. »

Par expérience, Mélanie admet que cet instrument a tendance à voler la vedette. « À chaque show que je fais, les gens viennent toujours me parler de ça. Une fois, après un spectacle, il y a une femme qui est venue me voir, qui m’a dit qu’elle était venue pour entendre du theremin! Bien ‘scuse, j’en ai pas mis dans mon show. Et elle était venue juste pour ça! »

« J’aimerais ça qu’un jour, on vienne me parler de mes textes. C’est jamais sur ça que les gens s’attardent et c’est sur ça que je travaille le plus! »

Spectateurs aux meilleures intentions, vous êtes avertis.

 

L’inspiration et les subventions

Autant du côté de Constance que de Mélanie Venditti, des chansons s’accumulent en vue d’un prochain chapitre. Pour Constance, ce serait un premier projet depuis One, mini-album paru en 2015. Étienne Dupré et Mandela Coupal-Dalgleish y avaient d’ailleurs collaboré. Pour le spectacle de jeudi, Guillaume nous promet trois nouvelles chansons. « J’ai du nouveau matériel, mais je suis vraiment pas rendu au stade de dire que c’est terminé, ou de savoir à quoi l’EP ou l’album va ressembler. C’est encore en mouvance tout ça. Et pour moi, juste de jouer les chansons devant du monde, ça me botte le cul, ça me force à accepter qu’elles existent. »

Mélanie Venditti a aussi quelques nouvelles chansons dans son sac. Elle a d’ailleurs fait paraître la pièce L’île de chasse ce mois-ci, chanson qu’elle a pu enregistrer avec des bouts de ficelle et des échanges de services. Mandela, qui a enregistré la batterie sur la pièce, attend toujours d’être rémunéré. « Tu pourrais me faire ton plat d’aubergines chaque mois pendant un an. » Une proposition que Mélanie ne trouve pas si farfelue, contrairement à ce que Guillaume pense.

« J’ai quand même quelques tounes qui sont en dormance, ajoute-elle sur un ton plus sérieux. Mais si j’ai pas d’argent, je peux pas en faire. Donc je vais essayer de faire une demande de subventions. Je ne veux plus avancer de l’argent pour faire un album. C’est trop stressant, ça m’a fait vraiment du tort. »

On peut encore se procurer des billets pour le spectacle de Mélanie Venditti et Constance sur le site du Taverne Tour, soit « le plus nice festival d’hiver du Québec » selon Étienne Dupré.

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