Sept jours en mai | Création collective printanière

Au mois de mai dernier, Michel Rivard, Éric Goulet, Luc De Larochellière, Mara Tremblay, Gilles Bélanger ainsi que les Mountain Daisies (Carl Prévost et Ariane Ouellet) sont partis pour Valcourt question d’aller voir les cerisiers en fleurs et composer un album. Ils disposaient de sept jours et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils n’ont pas chômé.

L’idée planait dans l’air depuis un moment déjà. Quand les dates exactes ont été déterminées, tout est tombé en place assez naturellement alors que les sept artistes ont non seulement accepté de participer au projet, mais ont décidé de s‘y dédier entièrement.

« Les projets de création sont souvent mis en place en prévision d’un spectacle, mais cette fois-ci c’était en prévision d’un album. Le défi était de taille parce qu’il s’agissait non seulement d’écrire un certain nombre de chansons dans un temps restreint, mais en plus de les endisquer et d’en faire un album», explique Éric Goulet l’instigateur du projet.

Il se sont donc tous rendus dans la maison d’été des Bombardier, une maison construite à la fin des années 60 et dont l’esthétique rappelle celui de Mad Men ou d’un film de Stanley Kubrick.  Aujourd’hui, la maison a été transformée en studio de musique qui propose un environnement particulièrement propice à la création.

« Les cerisiers en fleurs, le village, le ruisseau, le pont, la campagne au printemps ont certainement eu une influence sur l’esprit de l’affaire. Ensemble, on a regardé la pluie des fleurs de cerisiers et les millions d’étoiles dans le ciel la nuit », raconte Michel Rivard.

Selon Luc de Larochellière, le projet n’aurait pas pu avoir lieu à Montréal. Il fallait qu’ils soient isolés pour que personne n’ait l’option de rentrez chez lui et retourner à sa vie.

« Je pense que si on était sorti de cette bulle-là, on aurait perdu notre focus. Une fois qu’on a été dedans, on ne voulait pas perdre la concentration et l’énergie qu’on avait ensemble », rajoute Carl Prévost.

 

Un horaire chargé

La semaine a été divisée en deux blocs de trois jours et demi. Le premier bloc était consacré à la création. En arrivant sur place, ils ont écrit sur des morceaux de papiers des moitiés de phrases, des titres, des bouts de chansons, bref toutes les notes qu’ils avaient dans leurs téléphones et leurs calepins. Le matin, après avoir déjeuner, ils pigeaient le nom de leur partenaire respectif et un titre. Ils disposaient alors de trois heures de création après lesquelles tous les duos se chantaient ce qu’ils avaient fait à tour de rôle. Après le dîner, ils recommençaient le même manège.

« Le repas du soir était plutôt arrosé. On prenait le temps de rire et d’avoir du fun, mais souvent, même après souper on retournait en studio refaire une track ou deux de guitare. Alors finalement, on travaillait jusqu’à 11h, minuit le soir. On était pas mal vaillants!», se remémore Michel Rivard.

Le quatrième jour, ils ont choisi les quatorze meilleures chansons, soit celles qui se retrouveraient sur l’album. Le batteur, Vincent Carré, est ensuite arrivé et ils ont pu s’adonner à l’enregistrement de l’album pendant les trois jours restants.

Avant d’arriver à Valcourt, ils n’avaient aucune idée de la direction qu’ils allaient prendre. Ils voulaient voir où ça pourrait les mener que de se retrouver tous ensemble au studio B-12 pendant une semaine de printemps. La seule restriction qu’ils avaient c’était qu’ils devaient tout jouer eux-mêmes à l’exception de la batterie. Ils se sont donc succédés à la guitare, à la basse, au piano et au Mellotron pour aboutir quelque part entre le country et le folk avec des mélodies qui sont en symbiose avec les voix.

« Des fois, on peut se questionner pendant des semaines à savoir ça va être quoi le son d’un album, mais là on n’avait pas le temps. On a travaillé avec les gens qui étaient là et les instruments qui étaient à notre disposition. Finalement, ça a donné une belle unité sonore», explique Éric Goulet.

« Dans le fond l’idée était d’arriver à quelque chose de beau et qui se tient avec le temps et le potentiel humain qu’on avait », rajoute Michel Rivard.

Et ils ont réussi. Sept jours en mai est un album organique et spontané d’où émane la lumière d’un soleil printanier. Chaque chanson semble vouloir transmettre l’énergie qui se trouvait dans la maison d’été pendant ces sept jours-là.

Je pense que chaque toune est le reflet de notre âme, de notre amitié, du trip qu’on a vécu là et qui témoigne de l’ouverture d’esprit dans laquelle on se trouvait.

Michel Rivard.

L’album sort aujourd’hui (18 mars), et arrive donc un peu avant l’arrivée du printemps. Belle façon de nous faire patienter encore quelque temps alors qu’on y entend presque les arbres fleurir et le ruisseau couler après le dégel.

Michel Rivard, Éric Goulet, Luc De Larochellière, Mara Tremblay, Gilles Bélanger, Carl Prévost et Ariane Ouellet ont beaucoup de spectacles à l’horaire, notamment à St-Eustache le 21 mai, à Magog 22 mai, au Grand Théâtre de Québec le 26 mai, au Théâtre Le Patriote de Sainte-Agathe-des-Monts le 27 mai et au Gésù de Montréal le 16 juin, durant les Francofolies de Montréal.

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