crédit photo: Marc-André Mongrain
Pépé

Renouer avec le MTELUS et faire le party assis et masqués avec Pépé et sa guitare

Pour marquer le coup de la réouverture des salles de spectacles en zone rouge après plus de six mois d’absence, le MTELUS accueillait en toute sûreté sanitaire 200-quelques personnes afin de voir un concert de Pépé et sa guitare. Comme un bourgeon d’espoir, c’était une invitation à faire la fête à la manière COVID, c’est-à-dire comme un mélange de bal masqué (avec un masque de procédure au lieu d’un loup) et de chaise musicale où il faut rester assis même quand la musique joue. On n’allait évidemment pas rater les retrouvailles pour autant…

Ça fait drôle de retrouver l’une des salles principales du réseau de Montréal, mais en version « pas encore totalement déconfinée ».

C’est un peu comme retrouver un ami… un an après un accident qui a laissé des séquelles graves, qui nous a fait craindre pour sa survie.

On reconnaît les traits principaux : le marquise qui donne sur Ste-Cath, le hall d’entrée tapissé, la scène si grande et si haute, le balcon qui donne une vue en plongée…

 

Mais il reste encore quelques blessures de guerre qui nous rappellent que la guérison n’est pas complète, et que la guerre elle-même n’est même pas terminée :

 

Ça partira avec le temps. Ça va guérir. Dans quelques années, on ne s’en souviendra plus.

Mais d’ici là, quelques-uns de nos repères sont différents. Il n’y a jamais eu de plante au parterre, avant, il me semble…

 

Ni d’indications au plancher pour savoir par où aller, comme dans une maison des mirroirs.

 

Quoi qu’il en soit, on est tous conscients du contexte, et le staff du MTELUS s’assure que tout se déroule dans l’ordre, sans pour autant nuire à la bonne humeur ambiante.  Ça circule, c’est fluide, tout le monde fait attention, le protocole est ordonné et méticuleux sans être casse-couille.

 

Pour l’amour de la musique live

On peut voir un show ce soir, en vrai, en présentiel personne et ça fait plaisir à tout le monde.

Pépé le premier.

« Oh boy, hein… » se contente-t-il de dire en arrivant sur scène, les bras en l’air.

On se comprend tous.  Ce « Oh boy, hein » résume à la fois le long chemin de croix parcouru avant d’en venir ici, et celui qu’il reste encore à faire avant que ça ressemble à avant.

Mais surtout, ce « Oh boy, hein » engendre une ovation, parce qu’il incarne aussi la joie de se retrouver avec un Marchand de bonheur et ses deux musiciens pour une heure et demie de musique live festive.

Pépé et sa gang ont eu de l’audace et ont été vites sur la gachette lorsque le Premier ministre Legault a annoncé que les salles pourraient rouvrir en zone rouge. « On call la shot une semaine d’avance : on loue le Métropolis et on trippe! »

Ça commence à 19h bien pile, parce que ça doit se terminer à 20h30 bien pile. Autre repère qui diverge de ce qu’on connaissait. Dans le monde d’avant, les shows commençaient à l’heure où celui-ci se terminera.

Sur scène, Pépé est bien sûr accompagné de sa guitare, mais aussi de deux comparses : le bassiste Raphael D’Amour et le batteur Philippe Coulombe. Qui boivent tous du jus de pomme apparemment.

Le trio y va de quelques chansons entraînantes, on aura même droit à un segment au ukulélé.

Des invités se joignent à la fête : sa conjointe Caroline [erratum: on nous informe que c’est Karine!], mais aussi les musiciens Bruno Rodéo et Steve Hill, pour des moments respectivement plus country/rockabilly et blues.

Le temps passe terriblement vite, si bien que Caroline vient avertir discrètement Pépé qu’il faudrait conclure ça pour que les gens puissent rentrer à temps pour leur couvre-feu.

Pépé, ses musiciens, ses invités et sa conjointe entonnent donc tous ensemble une dernière chansons: Et même si, des Vulgaires Machins, choix étonnant mais tout à fait à propos pour témoigner de (voire célébrer) toutes les embûches et péripéties qu’ont emmagasinées les musiciens d’expérience.

On a joué dans des squats dans une loge pleine de rats devant des chiens
Y’avait moins d’humains que de chiens
Et on pognait des chocs

On a roulé 40 heures pour 40 minutes de spectacle
On s’est battu à mains nues
Et insulté les masses

Après les douze derniers mois qu’on vient de vivre, Pépé pourrait ajouter quelques couplets à cette ode à la résilience.

Mais comme en conclut la chanson écrite par le groupe punk granbyen  : Et même si y’a plus de malchance que de fun, 
on n’échangerait jamais de place avec personne.

Welcome back, les shows!

Il y en a quelques autres en ville, dont Thierry Larose au National samedi soir (J-F Hébert y sera et partagera sa critique sur le site peu après), et Ben Shemie (de Suuns) avec le Quatuor Molinari samedi à 14h à La Chapelle Scènes Contemporaines.

Et merci Pépé!

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