Motorhead

POP Montréal 2015 – Jour 3 | Motörhead (avec Anthrax) à l’Olympia de Montréal : Increvable Lemmy

Malgré leur leader clairement diminué, les Britanniques de Motörhead ont livré la marchandise à fort volume vendredi soir dans un Olympia complet, appuyés par une bonne prestation d’Anthrax.


 

Sans faire de clichés, c’est une faune inhabituelle au quartier qui se presse devant l’Olympia de Montréal : mélange de métalleux, punks, rockers et autres fans de musiques saturées de tous âges, arborant en masse le logo du combo anglais. Le spectacle affiche complet et des billets se vendent entre 200 et 300 dollars au marché noir.

Les légendaires Motörhead sont en ville, alors que le concert menaçait d’être annulé quelques semaines plus tôt. En effet, le mythe de l’immortalité de l’illustre guerrier du rock’n’roll, Lemmy Kilmister, s’est effrité au cours des dernières années, avec ses problème de santé. Plusieurs spectacles de la dernière tournée ont ainsi été annulés,  dont certains en pleine performance où Lemmy s’arrêtait et déclarait qu’il n’était pas capable de continuer. Inquiétant mais aussi normal, à presque 70 ans, ce monstre vivant du heavy metal, icône de plusieurs générations de headbangers, commence visiblement à faiblir.

Peut-être une des tristes raisons du succès de la vente des billets, car tout le monde y voit une des dernières opportunités de voir Motörhead en concert…

Acte 1 : Anthrax

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Mais commençons par l’invité de taille sur cette tournée : Anthrax. Un des groupes du Big 4 du thrash metal américain. Les New-Yorkais sont en terrain conquis, et livrent une très bonne prestation couronnée d’un bon son.

Que ce soit dans le répertoire plus récent avec l’excellent Fight Them Til You Can’t ou les classiques comme Caught In A Mosh, la bande à Scott Ian assure sa dose de metal.

Joey Belladona est une fois de plus remarquable. Heureux d’être là, d’une énergie et d’une bonne humeur communicative, le chanteur amérindien va chercher chaque fan du regard, et insistera même pour faire lever les gens assis au balcon. Et à 54 ans, sa performance vocale est excellente. On retiendra l’hommage a des grands musiciens du genre disparus, avec des bannières à l’effigie de Ronnie James Dio et Dimebag Darell.

La fameuse reprise du groupe français Trust, Antisocial, est toujours aussi efficace. Le classique Indians agrandit le mosh-pit et vient conclure un concert intense, presque trop court.

 

Acte 2 : Motörhead

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Le mur de Marshall est en place, les lampes chauffent, alors qu’une bagarre éclate dans la foule compacte et énervée. Le trio le plus fort du monde monte sur scène sous une immense ovation, balançant les classiques Bomber, Stay Clean et Metropolis.

Simple, direct et crade à souhait, la puissance de Motörhead balaye l’Olympia à coup de décibels très élevés. Un son assez fort, fidèle à la réputation des Britanniques. Et c’est diablement efficace, même si on remarque la baisse de vitesse dans le tempo des chansons en général.

Certes, après les annulations et problèmes de santé des dernières semaines, c’est une bonne surprise de voir le charismatique chanteur dans une forme relative et assurer le concert. Mais ce serait se voiler la face, même pour les fans les plus purs, que de ne pas constater à quel point le chanteur est diminué. L’énergie générale du groupe en est légèrement affectée, malgré un Mikkey Dee monstrueux derrière ses futs, et un Phil Campbell qui envoie du gros son à la six cordes.

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Après seulement 4 chansons, un solo de guitare, puis un solo de batterie quelques chansons plus tard : tout semble être organisé pour permettre à Lemmy de récupérer. Le concert reste d’une puissance certaine, et très agréable à voir dans cette belle salle montréalaise.

C’est aussi une opportunité plutôt rare, et véritablement une chance de voir un groupe de cette envergure dans une salle de taille moyenne. Le très attendu Ace Of Spades fait remonter l’excitation dans le public avec son riff culte qui fait la marque de fabrique du groupe.

Fait intéressant : on n’a jamais vraiment entendu le public scander « Motörhead », mais plusieurs fois « Lemmy ». C’est dire la popularité du personnage, effaçant presque le groupe lui-même, et beaucoup sont ici pour voir au moins une fois de leurs yeux le rocker légendaire adresser son classique et obligatoire : « We are Motorhead, and we play rock’n’roll ».

Mais le concert ne s’éternise pas. Après No Class, et un court rappel, le trio vient conclure un concert d’une heure pile avec l’inévitable Overkill et sa double pédale infernale. Lemmy salue et remercie le public québécois, avant de quitter la scène sous les acclamations de la foule, qui en aurait bien repris plus.

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Les débats fusent : est-ce que Motörhead doit continuer ou arrêter ? Pour certains, Lemmy serait inarrêtable, et un potentiel prétendant au statut de Molière du hard rock en jouant jusqu’à sa mort sur scène. Pour d’autres, ses prestations deviennent presque douloureuses à regarder.

Quoi qu’il advienne, le public montréalais aura été chanceux ce soir, de pouvoir s’en prendre plein les oreilles et saluer un des groupes les plus respectés de la planète heavy metal.

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